Si aujourd’hui certains se prosternent devant les supersportives des 80’s et 90’s, il fut un temps où d’autres en faisaient des abris pour les poules et les canards ! C’était le cas de cette Audi Ur Quattro qui jouissait d’une bien sombre retraite en rapport à son ADN. Heureusement, elle va s’achever grâce à la folie d’un petrolhead qui décide de lui redonner vie en la modernisant et en la faisant passer en mode RS. Ca va encore énerver les puristes…

 

'83 Audi Ur Quattro RS... Ca sent le swap ! 1

 

Marché parallèle

L’Audi Quattro n’a jamais été vendue neuve aux USA. Pourtant, l’arrivée de la transmission intégrale allait permettre de prendre son temps pour comparer le prix des pneus 4 saisons afin d’exploiter au mieux la semaine cette avantage technique qui permettait de gagner les rallyes les week-ends. Mais voilà, à l’époque, du côté d’Ingolstadt, on estimait que le rallye n’intéressait pas les américains alors on avait préféré miser sur les berlines 4000 et 5000 (Audi 80 / 90 et Audi 100 / 200), les circuits en Trans Am puis IMSA et même dans les records de vitesse. Mais par la magie de l’importation isolée, quelques unes d’entre elles se sont retrouvées chez l’oncle Sam. Mais avant que la Youngtimerite ne frappe le milieu de la collection auto, il faut bien avouer que la carrière de ces caisses a touché le fond… surtout quand elles étaient victimes d’un choc ou d’une casse mécanique. Chères à réparer, avec un budget qui dépassait parfois la valeur de la caisse, plus personne n’en voulait à part peut être les ferrailleurs prêts à vous en débarrasser au prix de la tôle. Forcément, certaines se sont ainsi retrouvées abandonnées, livrées aux affres du temps, oubliées au fond d’un hangar ou d’un terrain vague.

 

Come back

Une fois redevenue tendance, il a fallu les rafraichir, parfois même leur redonner vie. Caisse rouillée, tableau de bord fendu, sellerie déchirée moteur cassé et bloqué… Et c’est donc là qu’il faut un peu réfléchir avant de condamner, la réalité est souvent plus compliquée que de commenter le cul posé sur son canapé. Ce genre de bagnoles n’ont pas forcément étaient produites à de nombreux exemplaires. Souvent les pièces sont spécifiques avec un tarif prohibitif et encore, quand elles sont encore disponibles. Ajoute à cela la distance… c’est parfois plus simple de trouver un 5 cylindres turbo d’occase en Europe qu’aux USA. Bref, la démerde qui passe par le swap ou la greffe de pièces outlaw devient souvent la meilleure solution… parfois même la seule solution qui s’avère être la plus logique, simple et accessible.

 

Un peu de tout !

D’où cette Audi Ur Quattro de 83 qui aurait de quoi rendre jaloux le monstre de Frankenstein. Son 5 cylindres avait rendu l’âme, son habitacle donnait de la peine à voir et sa carrosserie servait de menu best of à la rouille. Elle aussi, pour reprendre vie, il a fallu lui greffer des organes empruntés sur d’autres caisses, même si l’origine de la confrérie des 4 anneaux a été respectée.

 

Le physique est respecté

La tôle, ça se refait… ça a été le cas de la carrosserie qui s’affiche maintenant en noir brillant. En dehors du capot carbone bosselé et aéré, le reste a retrouvé une nouvelle jeunesse. L’arrière a accueilli un aileron rallongé, des feux arrière fumés alors qu’à l’avant, on note deux antibrouillards. Dans les ailes, le set de TSW en 17″ n’est pas forcément le meilleur choix qui colle au style du coupé teuton. Mais bon, si elles plaisent au proprio, c’est l’essentiel. Le freinage avant voit des étriers Brembo d’origine Porsche mordre des disques percés empruntés à une Audi A8. A l’arrière, si les étriers sont ceux d’origine, les disques sont rainurés. Tous sont alimentés par des durites avia. Histoire de maintenir un peu mieux les mouvements de caisses, des amortos Koni sont couplés à des ressorts courts. Tous les silent blocks sont passés au polyuréthane.

 

V6 2.7 l 30v Biturbo

Sous le capot, il a fallu trouver une alternative au 5 en ligne. C’est un V6 2.7 l 30v biturbo piqué à une Audi A6 de 2001 qui va faire l’affaire. Si ce n’est qu’en y étant, il est passé en mode RS4. Revu chez Wolf Auto Repair, il a vu débarquer les deux turbos, l’admission et l’injection d’une RS4. Les échangeurs en alu ont été réalisés sur mesure tout comme la gestion et la ligne full inox. 420 ch animent la transmission intégrale à travers la boite 6 manuelle de l’A6 accompagnée du différentiel central Torsen. L’embrayage et le DGL arrière viennent eux d’une RS4.

 

T’as l’heure ?!

Pour dompter la bête, le pilote s’installe dans un habitacle qui a retrouvé sa forme. On y retrouve deux baquets Corbeau LG1 avec harnais Schroth 4 points. Un nouveau pommeau, un volant Momo, un dashbord digital Intellitronix et sur la console centrale, 3 manos ont poussé. Deux permettent de veiller au ratio air/essence et à la pression de suralimentation. Le 3ème, c’est une horloge !

 

Vivante, elle est vivante !

Alors même si la recette est 100% underground, l’essentiel est là… et bien là. La Ur Quattro est de retour et devenue plus méchante. Ca a beau être différent, ça vient quand même du catalogue Audi. Ca donne une certaine légitimité… Puis avec plus de 400 bourrins, une fois en mouvement, elle doit calmer les sceptiques !

 

 

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