Ralala, c’est quoi encore c’te connerie ?! Une Porsche 959 Speedster… c’est surement le l’IA (oui vous avez remarqué comme on est passé de la tendance « fake » à celle de l’IA ?!). Bon, on va laisser les experts de la connerie réelle pour aller se pencher sur l’histoire de cette Porsche 959 Speedster qui permet de se chopper un bon coup de soleil dans les bouchons.

 

'87 Porsche 959 Speedster - Porsche n'aurait pas fait mieux ! 1

 

Porsche 959

La Porsche 959, c’est la pépite des 80’s venue de Stuttgart. Avec un 1er proto dévoilé en 1983 qui inaugurait le projet, elle devait permettre à la 911 de faire son entrée en Gr.B. Avec un règlement qui permettait d’homologuer un voiture produite à seulement 200 exemplaires, Porsche y voyait l’opportunité d’aller se frotter aux références mondiales du rallye avec l’ambition d’aller y chercher un titre mondial. Oui, chez Porsche, on aime pas faire de la figuration…

 

Trop tard !

Le temps de finir son développement et de lancer la mise en prod’, le Gr.B se retrouvait sacrifié sur l’autel d’un règlement jugé trop permissif… trop dangereux. Merci d’être venu… éteignez la lumière en repartant. Du coup chez Porsche, on n’a plus qu’à se la mettre sur l’oreille ? Eh bien non. Vu c’que le développement de la bestiole a couté, autant vous dire que la kommandantur a intérêt à trouver des solutions pour limiter la casse. Finalement, le modèle d’homologation va se transformer en modèle tout court !

 

Maxi Best Of…

Faut dire que chez Porsche, on y est pas allé en pantoufle ! La 959 c’est le Maxi best Of de tout le savoir faire de la maison. Flat 6 2.8 l 24 soupapes et même si le bloc reste refroidi par air, c’est de l’eau qui se chargent de tempérer les culasses et les deux KKK. Oui, le gazier est dopé par deux escargots qui viennent lui souffler à 2 bars dans les conduits. Alors ça lui permet d’envoyer 450 ch et 500 Nm aux 4 roues via une boite 6 manuelle, mais surtout, avec un telle pression, ça signe un comportement ON-OFF.

 

Supercar

La transmission intégrale est gérée par un répartiteur électronique à 4 modes qui amplifie le grip et l’efficacité en répartissant la puissance entre 50 et 80% sur les roues arrière. La suspension est réglable. Aux 4 coins, les jantes de 17″ en magnesium se contentent de gommes en 235/45 et 255/40. Avec un peu moins de 1500 kg sur la balance, à l’époque, on la jugeait lourde ! Aujourd’hui, elle jouerait la ballerine. Quoiqu’il en soit, c’est une tétine à bitume, une chasseuse de trajo, aussi grippeuse que confortable… ne reste qu’à apprivoiser le caractère affirmé du gazier qui pousse sagement jusqu’à ce que les turbines se réveillent, et qui subitement, passe en mode déboitage de caisson ! Et quand tu sais que l’engin est capable de manger le 0 à 100 en 3,9 secondes, de poutrer le 400 m en 12,3 et le 1000 m en 22 avant de filer à plus de 310 km/h, autant dire qu’il y a de quoi tâcher le fond du baquet… en cuir… c’est plus facile à nettoyer !

 

Réservée à l’élite

Affichée à plus d’1,7 millions de Frs (équivalents à 529700 €), la Porsche 959 se réserve bien entendu à l’élite. Commercialisée de 86 à 88, ce sont 329 voitures qui vont sortir des lignes de prod. Attention, c’est précis ! 37 protos et modèles de présérie (dont la plupart finiront homologués route), 254 Komfort, 29 Sport (959 S avec 100 kg de moins et 65 ch de plus !) et 9 qui serviront de bases aux modèles de compet’ qui se retrouveront au Dakar et en endurance. Pour les pointilleux, en 92, Porsche relance une production de 8 voitures pour écouler le stock de pièces qu’il leur restait. Au final, ce sont 337 Porsche 959 qui auront vu le jour…

 

Karl-Heinz « Charlie » Feustel

Dont celle qui défile sous vos yeux. Sortie des lignes le 6 novembre 1987, cette 959 Komfort s’affichait alors en gris argent avec intérieur cuir biton beige et noir. Elle allait rejoindre le garage de Jürgen Lässig… pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de lui, ce pilote allemand a participé 16 fois aux 24h du Mans de 81 à 97, avec pour meilleur résultat, une 2ème place en 86 au volant d’une Porsche 962 C et une victoire aux 24h de Daytona 95 à bord d’une Kremer K8 Spyder. Bref, ce cher Jürgen se fait donc plaisir en s’offrant une 959… qu’il pulvérise en 88 dans un accident sur l’autobahn. Plutôt que de la remettre en état, il préfère s’en séparer et la revend à Karl-Heinz « Charlie » Feustel, propriétaire d’un atelier de restauration et de préparation de Porsche du côté de Cologne. Cherchant une sorte de « vitrine », il trouve ainsi la base idéale avec cette 959 en piteux état.

 

Speedster

Son idée, vous l’avez sous les yeux… tronquer le toit du coupé pour en faire un cabriolet, enfin, un Speedster. Si ce n’est qu’on est en Allemagne ici et pas du côté de San José ! Qui plus est, Karl-Heinz aime le travail bien fait… voire chirurgical. Il va donc y consacrer 4000 heures sur presque une année complète pour tout modifier, peaufiner et améliorer jusqu’au moindre détail avant de présenter le résultat au salon de Francfort et à celui d’Essen en 1989.

 

Porsche n’aurait pas fait mieux

Bien entendu le châssis et la structure ont été renforcés. Rien ne vient perturber les lignes originelles, si ce n’est sa nouvelle robe Grand Prix White. Par contre, à la place du toit, une capote électrique, doublée et dont l’architecture et la qualité de la pose laissent sur le cul. Porsche n’aurait pas fait mieux. Karl-Heinz a également porté une attention toute particulière à l’habitacle qui se retrouve maintenant tendu de cuir mulitcolore, bleu, gris et blanc. Dis comme ça, ça peut faire peur… mais devant les photos, on se dit qu’en plus d’être méticuleux, il avait du gout. Et pas qu’un peu puisqu’il est même allé jusqu’à récupérer le toit d’origine pour le transformer en hard top !

 

Cher le coup de soleil…

Une fois la Porsche 959 Speedster finie et le coup de comm’ passé, la voiture est revendue à un collectionneur allemand pour 1,2 millions de $… en 90 ! Ce qui équivaut à plus de 3 millions de nos jours. Il va la conserver 18 ans avant de la revendre. Elle a refait surface l’année dernière pour une vente RM Sotheby’s où elle a une nouvelle fois changé de main pour quasiment 1,3 millions de $. C’est quand même cher payé pour se chopper un coup de soleil !

 

 

© RM Sotheby’s