2009 Bentley Brooklands – La vérité, elle a la classe !
par Thierry Houzé | 4 janvier 2026 | Street |
Faut que je fasse gaffe avec mon « La vérité »… toute allusion est risquée de nos jours. En même temps, dire que la Bentley Brooklands a une classe de malade, bah y’a pas de carabistouilles ! C’est la pure vérité vraie. Une ligne qui en impose, un V8 capable de tordre l’arbre de transmission, un habitacle rempli de vaches, de moutons et de noyers… y’a pas à tortiller, pour se la péter et calmer presque tout le monde, dans le luxe et l’opulence, elle fait partie de c’qui se fait de mieux.

Brooklands
D’ailleurs quoi de mieux qu’une Bentley Brooklands pour se rendre au circuit de Brooklands. Il s’agit d’un tracé situé à quelques tours de roues de Weybridge dans le comté du Surrey. Inauguré en 1907, il est devenu le tout premier circuit définitif et fait spécialement pour recevoir les courses d’engins motorisés. Haut lieu de courses prestigieuses, il a la particularité de voir son tracé réalisé en béton brut. Ca fait le job, mais ça se dégrade avec le temps… à tel point qu’en 1939, victime d’une surface tellement détériorée et bosselée, il est contraint de fermer.
Une première berline… sans ambition !
Cela n’a pas empêché Bentley d’y réaliser quelques uns de ses plus beaux exploits dans les années 20 et 30. La marque y a remporter de nombreuses courses d’endurance et accroché plusieurs records de vitesse. Berceau du sport automobile britannique et temple des exploits de Bentley, la marque va lui rendre hommage en donnant son nom à l’une de ses berlines… oui, en 1992, c’est la remplaçante de la Mulsanne qui va être baptisée Brooklands. Et entre nous, pas d’quoi faire péter le champagne puisqu’il s’agissait en fait d’une Turbo R sans turbo… le V8 de 6,75 l revendiquait 225 ch. Autant dire qu’ils étaient à la peine pour remuer ce paquebot de 2400 kg. En 97 un turbo basse pression vient lui donner un p’tit coup de pschit et faire grimper la puissance à 305 ch. En 98, après un peu plus de 1500 voitures produites (1200 en atmo et 300 en turbo) elle quitte le catalogue, remplacée par l’Arnage.
Come back
Il faudra attendre 10 ans pour voir ressurgir le nom de Brooklands. Nous sommes donc en 2008… et le gros changement, c’est que depuis 1998, Bentley appartient au groupe VAG. 5 ans plus tard, le coupé Continental GT motorisée par un W12 – première Bentley développée à 100% par VW – s’apprête à battre des records de ventes (du moins pour sa catégorie et son standing). 2 ans plus tard, elle donnera naissance à la Flying Spur, sa version berline. Cela n’empêchera pas pour autant Bentley d’arrêter la production de ses modèles plus traditionnels, qui conservent le célèbre V8 6,75 l. A partir de 2004, l’Arnage impose sa stature et l’année suivante, l’Azure lui enlève le toit. Ne manque qu’un coupé au sein de la famille… vous avez compris, ce sera le rôle de Bentley Brooklands dès 2008.
Futur et passé
Quand on toise la gueule de la Brooklands, on se dit que parfois, les traditions ont du bon. Attention, ça ne condamne par pour autant la Continental GT, mais chacune trouve sa place. La modernité et la technologie du côté du coupé VW et la tradition avec un luxe poussé à son paroxysme avec la Brooklands. Il parait que certains clients, afin d’éviter des longs moments d’hésitation entre l’un et l’autre, finissait par prendre les deux ! La Continental pour la semaine et la Brooklands pour le week end.
Fausse sportive mais vrai pullman
Et chez Bentley, traditionnel ne rime pas avec périmé. Même si le gabarit de ce coupé est digne d’un porte avion (plus de 5m40 de long sur 2m10 de large), ses lignes savent le rendre fluide, en tout cas en apparence, subtil mélange de séduction et de prestance. Sous le loooooong capot, le V8 de 6,75 l est dopé au duo d’escargots pour envoyer 537 ch et 1050 Nm aux roues arrière via une boitoto 6 vitesses. Avec 2655 kg hors taxes sur la balance, on est loin d’une ballerine. Oubliez le time attack même si la Brooklands, une fois lancée, est loin d’être ridicule. Le 0 à 100 est mangé en 5,3 secondes, le 400 m en moins de 14 et le kilomètre en 24,6 avant de filer à 296 km/h ! Chrono en main, y’a de quoi montrer son cul à une Honda NSX, une Porsche 928 GTS ou une Z3 M…
Tapis roulant
Mais la comparaison s’arrête là. Car derrière le volant, c’est plutôt la ligne droite ou mieux, la file de gauche de l’autoroute pour signer un Paris – Deauville ou une Paris – Nice vautré dans des baquets chauffants et massants, tendus de cuir Coswold, les pieds posés sur une moquette Wilton en laine d’agneau, entouré de bois, de chrome, et doucement bercé par une sono digne du dernier concert de Will Smith au théatre antique d’Orange (ouais, là, juste j’me la pète parce que j’y suis allé !). Histoire de ne pas gâcher l’ambiance, vous cruisez sur le couple, en mode tapis roulant puisque malgré les roulettes en 20″ et les gommards de 255/40, elle peut compter sur une suspension sport adaptative à commande électronique et radars de stationnement.
Irrésistible !
J’aurai pu vous en trouver une noire ou grise pour illustrer cet article. Mais cette Brooklands toute de blanc vêtue m’a tapé dans l’oeil. Sa calandre grillagée, ses vitres teintées et son habitacle blanc et café… difficile de résister non ?!
© BaT via Motorenn
Un summum, en particulier cet exemplaire, sans faute, j’adore!!!