’64 Pontiac Tempest Le Mans GTO – Ze Feurst Muscle Car !
par Tim | 2 février 2026 | Street |
La première c’est elle ! Oui les gars, après vous en avoir parlé plusieurs fois, on vous présente enfin la Pontiac Tempest Le Mans GTO de 1964. La première Muscle Car ! Alors on va un peu faire tomber les croyances, pour se focaliser sur un sacré pan de l’histoire de la caisse, restez-là !

Back to the 60’s
Et on reprend notre DLEDMV DeLo (vous allez comprendre pourquoi d’ailleurs…) pour remonter au début des années 60. A l’époque, les constructeurs cherchent une caisse qui peut toucher les jeunes qui viennent d’avoir leur permis. Ouais, ceux qui, aux US, arrivent à la majorité à cette époque, sont ni plus ni moins que les enfants du baby boom. Euuuuh ouais, les viocs d’aujourd’hui aussi. Mais à ce moment là, ils étaient jeunes. Le gallon de super coutait moins cher (m’enfin, était moins taxé…) qu’un chewing-gum, et les jeunes boomers voulaient se faire plaisir au volant. Mais le souci, c’est que ça coûtait une couille ! On refera pas le monde, une caisse neuve et performante, ça a toujours nécessité de vendre un rein.
Et John De Lorean invente le Muscle Car
Et y’a bientôt 60 piges en arrière, si vous aviez 20 ans, aux US, et que vous vouliez vous faire plaiz’, deux solutions ; 1 – N’avoir rien fait de mieux dans votre vie que d’être le fils de vos (riches) parents pour pouvoir vous acheter une Chrysler 300 et son moulin 331 Hemi, ou une Corvette. 2 – Trouver une base un peu ancienne, genre Ford d’avant guerre (32 pour ne pas la citer) et en faire un fuckin’ Hot Rod et tenter de flinguer tout ce qui roule. Mais entre les deux, nib. Que dalle. Rien. Pas moyen d’avoir une caisse un peu moderne, abordable, et qui vous permettait de tracer les fils à papa au grand prix des feux rouges. Et ça, un homme l’avait bien compris. Un gars dont on connait tous très bien la seule caisse produite avec sa propre marque. Allez… Cherchez un peu… John… DeLorean ! Eh ouais, non seulement il a créé l’icône de la pop-culture des eighties, mais en plus, c’est sous sa direction qu’est né le concept de Muscle Car ! Il était pas là pour exercice le Johnny.
Un big block dans une caisse populaire
Avec Pete Estes le DG de Pontiac, ils ont une idée ; Combler ce manque dans le marché auto grâce à une recette simple; une caisse de taille moyenne, le plus gros moulin (un big-block) de la gamme disponible, une boîte au plancher, le tout sous la barre des 3 000 $. C’est ainsi qu’est née l’option GTO. Ah parce qu’on vous a pas dit ! Y’avait une troisième solution pour vous faire plaiz’ en bagnole, à 20 ans, aux US, dans les sixities ! Avoir des parents (très) riches qui pouvaient vous filer une caisse de sport que seuls les vrais savaient construire… Une caisse européenne. Anglaise, italienne, française (oui c’était possible !)… M’enfin, surtout italienne. Parce que le GTO, l’ont pas sorti de leur chapeau. C’est bien un bon vieux pied de nez des familles à l’officine du vieux Enzo.
Le Mans et GTO… y’a d’la provoc’
Vous alliez donc chez Pontiac, vous optiez pour une Tempest, finition sport « Le Mans » et enfin vous cochiez la case GTO. Et là… Vous aviez le droit à un bon V8 389 ci (6.4 L) avec son carbu 4 corps pour 325 ch, une boîte 4 manuelle et levier Hurst au plancher, de quoi arrêter le tout, des suspensions sport (au moins au niveau de celles qui tètent la pension des boomers aujourd’hui), et un beau volant 4 branches. De quoi flinguer salement la majorité de ce qui roule sur la route. Concrètement, la Pontiac GTO, c’était un peu la Golf GTI d’aujourd’hui. En claquant un crédit, on pouvait avoir un truc quand même relativement fun. Et faut dire que John DeLorean et Pete Estes ont plutôt vu juste parce que l’affaire a plutôt bien marché !
V8 6.4 l de 348 ch
Avec l’option Tri-Power (3 carbus double corps) le 6.4L envoie 348 ch a des pneus arrière qui n’en demandaient pas tant ! Et elle claquait le 0 à 100 en 6,6s, une révolution. Le tout à moins de 3500$ (de l’époque). Les jeunes boomers se pressent dans les concessions, si bien que plus de 32 000 Pontiac Tempest Le Mans se retrouvent vendues avec l’option GTO sur le millésime 1964. Alors oui, la vitesse de pointe plafonne à 185 km/h, mais pour faire le con aux feux rouges, ça suffit largement. On allait vite très… Vite ! Mais au moins on prennait cette claquouille dans la nuque que seule les V8 US savent faire. Et puis pour aller chercher Betty (la rev’la !) à la sortie de la High School, ça passait crème. L’exemplaire qui illustre notre article en est d’ailleurs un parfait exemple.
Effet de mode…
Alors la suite de l’histoire vous la connaissez. Ford répliqua (même si la Mustang était dans les bacs depuis quelques années déjà) très peu de temps après la sortie de la GTO, et avec elle s’ouvra l’ère des Pony Cars. L’idée était un peu la même, avec une caisse encore plus petite. Et puis les Muscle Cars allaient devenir un phénomène de mode pendant 10 ans. Tous s’y sont mis, avec des noms un peu moins connus d’ailleurs, comme Ford Torino, Plymouth GTX, Chevrolet Impala et Chevelle SS, AMC Javelin, Dodge Coronet… Bref, j’en ai déjà parlé, c’était comme les Pokémon.
Merci John et Pete !
Aujourd’hui, l’héritage reste curieusement intact. Avec les Dodge Charger et Challenger Hellcat, mais aussi les Camaro ZL1, ou encore les Ford Mustang. Plus de Pony Car au 21ème siècle, plus que des Muscle Cars, mais plus puissantes et violentes que jamais. Une raison de plus de dire merci à John et Pete, car sans eux, y’aurait pas eu ni de Dom Toretto, ni les cousins Duke, ni Franck Bulitt…
merci pour le cours d’histoire!!!
Merci superbe !
En la désignant »Le Mans », les équipes Pontiac y ont vu certainement un pied de nez au banissement des constructeurs automobiles américains de toute compétition automobile le 6 juin 1957 sous la férule de l’American Medical Association, décision motivée par l’augmentation des accidents de la route parmi les plus jeunes et l’onde de choc mondial qu’avait provoqué l’accident au 24 heures du Mans 1955, la Mercedes 300 SLR de Pierre Levegh s’envolant et s’embrasant dans les tribunes causant 82 morts et 120 blessés.
Ce banissement a été à l’automobile américaine ce que la prohibtion a été aux distelleries : une incompressible envie de contourner cette interdiction castratrice.
De fait, après quelques années et non sans avoir pris des engagements concrets et des mesures pour améliorer la sécurité de leurs véhicules et réflechir aux meilleurs moyens de rendre les compétitions automobiles (avec notamnent les premières équipes médicales sur circuit), les Big Three se sont progressivement affranchis de cette interdiction qu’ils s’étaient imposés, sans toutefois publiquement la dénoncer.
Mais sous la pression de la jeunesse dorée du baby-boom et de leur »fureur de vivre » (dont James Dean symbolisait la parfaite idole), les constructeurs américains plus soucieux encore de plaire au sacrosaint marché ont bien du sortir de leur ambiguité.
Et ce fut GM via Pontiac qui firent le premier pas.
Pour ce qui est de GTO, De Lorean, en passionné de la chose automobile, ne s’est jamais caché de son admiration pour le »petit » constructeur de Maranello. Et il est loin d’être le seul.
Les 250 éponymes ne couraient que depuis un an lorsque la Tempest GTO est sortie mais elles avaient déjà acquises une réputation planétaire en gagnant sur quasiment tous les continents.
Alors pourquoi Ferrari qui venait de claquer la porte à Ford ne s’est-il pas opposé à GM ?
Pour la simple et bonne raison que Ferrari n’a jamais déposé l’appelation GTO, la 250 »GTO » n’étant officiellement qu’une 250 GT.
Ce n’est que lorsque la voiture est apparue pour sa première course que le commissaire en charge des vérifications a écrit le mot »Omologato » (homologué en italien) à la suite de 250 GT afin de bien distinguer cette nouvelle mouture et signifier qu’elle avait été bien homologué par la CSI, ancêtre de la FIA, tant cette nouvelle 250 GT êtait diffèrente et pouvait poser question.
Pour revenir à la Pontiac Tempest GTO qui est devenue l’année suivante Pontiac GTO tout simplement, elle est en effet totalement emblématique des Muscle cars puisqu’elle en a été non seulement l’instigatrice mais encore l’une des derniéres représentantes et illustre à merveille cette parenthèse enchantée et éphémère des Muscle cars (s’écoulant sur huit courtes années entre 1964 et 1972).