On ne la présente plus. M’enfin, ça dépend quand. Non, en vérité, la DeLorean DMC 12 est devenue une réelle icône de la pop-culture. Et heureusement pour elle car sinon, elle aurait connu l’oubli. Parce que c’est pas grâce à son pauvre V6 PRV qu’elle allait vous atomiser… A moins que John y colle un turbo…

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 21

Ahhh la Delorean… Quelle caisse ! Star de ciné, histoire folle, créée par l’inventeur de la première Muscle Car himself. Ah ? Parce que vous pensiez que la Mustang était la première (même si littéralement c’est une Pony Car) ? Non les gars, ‘faut pas croire tout ce qu’on entend. John Delorean est l’ingénieur en chef qui drive le projet pour donner un peu plus de vitamines à la Pontiac Tempest Le Mans GTO.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 22


“Eh mais Tim ! T’es censé parler d’une Delorean, pas d’une Pontiac !” Désolé les gars, v’la que le rédac’chef me rappelle à l’ordre ! Et il a raison, parce qu’on pourrait y rester des heures à causer de Johnny ! Bon, vous aussi vous cherchez le rapport ?! Il est simple : Delorean aimait les bons gros moulins, les innovations, et la fuckin’ vitesse !

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 23

Lorsqu’il claque la porte de GM en 1973, c’est pour enfin créer SA caisse de rêve, sans avoir à rendre des comptes a un directoire de vieux bedonnants. Fasciné par la Mercedes 300SL, sa caisse aura des portes papillon. Ceux qui sont habitués au design des eighties auront noté le coup de crayon de Giorgetto Giugiaro, quand c’est le non moins connu Colin Chapman (le boss de chez Lotus) qui s’occupe du châssis… d’où le bloc en position centrale arrière.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 24

Avec cet ADN, il fallait un moulin à la hauteur. Et ce moulin, John Delorean à prévu d’aller le chercher chez… Citroën. “Hein ?! Mais t’as dit que c’était un PRV !” Je sais les gars. On y vient.  En fait quand je dis Citroën, je triche un peu. C’est plutôt chez Comotor, un boîte financée par Citroën et NSU dans le but de produire un moulin… Wankel ! Oui, un moteur rotatif, comme chez Mazda. Malheureusement, l’histoire s’arrêtera en 1977 après deux modèles équipés, la GS Birotor et la NSU Ro 80. Eh ouais, la Delorean aurait pu sonner comme une RX7, mais non. On est en 1977, et la DMC 12 doit tirer un trait sur ce bloc.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 25

La solution retenue, c’est de récupérer un moulin qui peut fitter dans la bagnole, et s’il est aux normes anti-pollution US, c’est toujours ça de pris. Le choix se porte sur le V6 2.8L Peugeot Renault Volvo (PRV) qui se trouve – entre autres – sous le capot des Alpine. Avec 130 ch pour 1,2 T, la Delorean à “D’la gueule”, mais… C’est tout. Et John le sait.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 26

C’est pourquoi il a en tête une solution. Faire comme les confrères en France, et donner à manger de l’escargot au PRV. Techniquement, la DMC 12 prenait la pêche qui lui permettait de tomber le 0 à 100 sous les 6 secondes. Largement mieux que les quasiment 10 d’origine. Pour 7 500 $ l’option, elle allait enfin pouvoir associer le plumage et le ramage, sauf que… L’histoire s’arrêtera avant. John Delorean se voit impliqué dans une affaire de stups, et même s’il sera innocenté par la suite, sa réputation en avait pris un sacré coup.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 27

En plus, la DeLorean n’est pas fiable. Pour l’anecdote, un animateur TV qui s’était vu offrir la caisse n’a jamais pu arriver chez lui avec, m’enfin si, sur une dépanneuse ! Le tout sur fond de difficultés financières, le boss au niouf, bref, la prod’ s’arrête au bout de 2 ans et un peu plus de 8 000 bagnoles assemblées. Grâce au film, elle connaît le succès malgré l’arrêt de sa production, et devient le rêve de beaucoup. Lui pardonnant son manque de pêche, les passionnés la fiabilisent. Certains la swappent avec du plus lourd, voire de l’électrique.

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 28

Mais une petite boîte du nom de BAE Turbo Systems a proposé une solution aftermarket. Du plug and play, un système de turbo à faible charge sans intercooler permettait de corriger le principal défaut de la Delorean. Grâce à ça, la miss passait preque la barre des 200 ch avec l’escargot soufflant à 0.4 bars. Sympa, surtout pour l’époque. On s’approchait des perfs voulues par John. Le châssis étant prévu pour, le couple Turbo et boîte manuelle 5 devenait redoutable !

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 29

C’est cool ça non les amis ? Bon par contre, on sait pas vous dire combien d’exemplaires se sont vus équipés du délire, mais au moins deux. D’ailleurs on peut voir que le seul changement notable sur la voiture c’est le mano de pression de turbo qui prend place sur la console centrale. Ni plus, ni moins. Nous on trouve que c’est plutôt pas mal pour rendre ses lettres de noblesse à cette caisse, qui tient une place particulière dans le cœur de beaucoup de passionnés. Et vous, vous en dites quoi ?

DeLorean DMC 12 en V6 Turbo - Back to the pschiiiit ! 30

© RM Sotheby’s