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A la fin des 60’s, la course à l’armement sous le capot des Pony Cars, avec notamment l’arrivée des Big Blocks, a rapidement fait glisser la catégorie dans celle des Muscle Cars. Et si le marché est toujours dominé par les Ford Mustang et Chevrolet Camaro, Dodge va tenter de prendre le rôle du challenger avec sa… Dodge Challenger…!

Vous n’savez pas c’que c’est quand vous passez deux heures à essayer de trouver un titre et l’intro… donc forcément, à un moment, tu poses la première chose qui vient. Quitte à manquer d’inspiration. Donc si cette intro ne restera sûrement pas dans les anales, la Dodge Challenger qui débarque le fera à sa place (de rentrer dans les anales… oui, faut suivre un peu !).

La Challenger, c’est la réponse tardive. Celle du groupe Chrysler (à travers sa marque Dodge) à l’encontre de Ford et General Motors ou du moins respectivement, à la Mustang et à la Camaro. Si les 60’s les ont vu naitre en Pony Cars, les 70’s les verra évoluer en Muscle Cars. La différence ? Le gabarit et la taille du V8 qui se cache sous le capot.

La Challenger, elle a fait un passage éclair en 1959… enfin à l’époque il s’agissait surtout de la version la plus radicale de la Dodge Coronet, une série limitée appelée Dodge Coronet Silver Challenger. M’enfin elle n’avait rien à voir avec celle qui allait être présentée en 1969 sur la plateforme de la Plymouth Barracuda. L’objectif chez Chrysler est de jouer sur tous les tableaux en misant sur ces deux coupés. Légèrement plus compacte, la Barracuda va chasser les Pony Cars pendant que la Challenger se charge des Muscle Cars. Et si la première se veut accessible, la seconde va devenir une sorte de fleuron du savoir faire de Chrysler.

Dodge va avoir quasiment carte blanche pour se lâcher sur son coupé et donner naissance à plusieurs versions avec une liste d’options délirante. Quasiment tous les V8 de la famille Chrysler pourront se retrouver sous le capot de la Challenger, dont le dessin affuté est signé de la main de Carl Cameron à qui ont doit également celui de la Dodge Charger. Au firmament de la famille, on trouve la méchante R/T… et même là, le client a le choix entre le V8 Magnum 440 (7.2 l) de 380 ch, le Six Pack 440 de 395 ch et le Hemi 426 (7.0 l) de 437 ch (10 de plus que la ‘Cuda) devenant, en 1970, le modèle de plus puissant depuis la naissance de la marque mais aussi de la planète Chrysler. D’autant plus qu’à l’époque, les propriétaires de Muscle Cars se faisaient shooter par les primes d’assurances qui avaient explosé… les rumeurs affirment qu’histoire de limiter la casse, les puissances du Hemi 426 avait même été largement sous estimée par rapport à ce qu’il sortait réellement…

Comme d’habitude avec les américaines, les millésimes vont s’enchainer, chacun avec son lot de modifs, d’évolutions, d’options… En 74, après un peu plus de 165000 voitures assemblées (toutes versions confondes) la Challenger quitte le catalogue de Dodge (tout comme la Plymouth Barracuda d’ailleurs). C’est peu comparé aux ambitions de Chrysler. Mais ça en a fait des valeurs sûres puisqu’aujourd’hui, les Challenger et Barracuda font partie des Muscle Cars les plus prisées par les collectionneurs.

La Challenger fera un come back en 78… enfin, c’était surtout un gros coup de marketing aussi foireux que pathétique, voulant faire passer des coupés Mitsubishi Galant pour des sportives américaines. En 84, elle disparait définitivement du catalogue avant de réapparaitre en 2008, une nouvelle fois pour revenir faire la nique à la Mustang… et à la Camaro (qui débarquera elle en 2010). Décidément, ces trois là sont réellement inséparables !

On papote, on papote et on en oublie le monstre jaune qui vous pique les yeux depuis le début de cet article. Une R/T Hemi de 71… passée en mode Pro Street, comprenez par là qu’elle peut s’aligner en NHRA au départ d’un 400 m comme une pro, sauf qu’elle est est toujours homologuée street… enfin aux States ! Chez nous, avec ce genre d’engin sur la route, tu prends perpet’ !

Pour devenir Pro Street, tout est shooté et renforcé. A l’avant, le châssis passe en tubulaire afin de recevoir de nouveaux trains roulants triangulés et les suspensions réglables. A l’arrière, le pont à quatre bras est renforcé et voit son rapport raccourci pour encaisser les watts et les passer au sol. Aux quatre coins, des roues Forgeline en 18″ devant et 20″ à l’arrière, chaussées en Michelin Pilot Sport. Le freinage a lui aussi pris du grade en venant de chez Baer.

Il faut bien ça pour encaisser les uppercuts du nouveau gazier… un V8 528 ci signé Keith Black, un spécialiste des V8 Hemi basé à Newport Beach en Californie. Son truc, en faire des machines de guerre en les strokant et en allant chercher ce qu’ils ont au fond d’eux. Ici, tout est revu, du vilo aux culasses en passant par l’ensemble mobile forgé et tous les périphériques, carbus 4 corps Holley, admission XXL, allumage électronique, refroidissement avec gros radia en alu… Au final le bestiaux développe 760 ch et un couple capable de tordre l’arbre de transmission. Accompagné d’une boite manuelle à 5 rapports Tremec, il se charge d’envoyer le monstre à 400 m en moins de 10.

Avec un tel ramage, fallait un plumage au level. En l’occurrence un capot bombé avec attaches rapides et une robe jaune avec bandes latérales noires mat. Et c’est la même dans l’habitacle… arceau et extincteur réglementaires, manos VDO, baquets Recaro avec harnais Sabelt, levier de vitesse Pistol Grip, pédalier alu et volant Momo. De quoi aller faire les courses au supermarché du coin et aller aux courses le dimanche sur le dragstrip !

© Mecum