Sélectionner une page

Depuis les années 30, le département Motorsport se chargeait d’engager les BMW en compétition. Mais à partir des 50’s, les routières commencent à passer entre les mains de certains ingénieurs pour se transformer en sportives mais tout cela était officieux jusqu’à l’arrivée de la M535i E12 qui allait être la première à officiellement afficher les couleurs !

Dans l’histoire de BMW, il y aura un avant et un après M535i. Depuis quelques années, la marque se forge une sérieuse image sportive qu’il faut entretenir. Pour cela, la compet’ c’est bien, mais à quoi ça sert si les clients ne peuvent pas s’y croire au volant de leurs voitures ? Autant acheter une française dans ce cas là. Sauf qu’outre Rhin, on se fait une priorité de capitaliser sur les victoires du dimanche pour vendre des voitures la semaine. Alors on les habille en jogging et on y colle des cylindres et des watts sous le capot.

En 73, BMW lance un premier missile sur la route avec la 2002 Turbo. Un pseudo coup d’essai qui se transforme en coup de maitre. Motorsport y affiche discrètement ses couleurs, sans pour autant oser y greffer le M. Malgré sa courte carrière (deux ans) et des ventes toutes relatives (seulement 1672 exemplaires produits), elle va être à l’origine d’un scandale. Les journalistes la jugent trop violente et l’état Allemand, trop provocatrice. BMW va revoir la copie, mais le mal est fait… et bien fait ! La 2002 Turbo n’était que l’entrée… le plat principal allait arriver quelques années plus tard.

En 72 BMW présente la Série 5 E12 et rompt avec la famille des Neue Klasse lancée au début des 60’s. Première BMW « moderne », le département Motorsport va s’occuper de son cas en développant une version pimentée… La berline reçoit le 6 en ligne M90, un 3.5 l simple arbre, gavé par une injection Bosch L-Jetronic et qui envoie 218 ch aux roues arrière via une boite 5 manuelle accompagnée d’un autobloqu’ calibré à 25%. Le temps de finir sa mise au point et la M535i entre en jeu au salon de salon de Francfort 79.

Pour l’anecdote, c’est en 72 que la marque décide d’ouvrir un vrai département spécialisé dans les routières sportives. Si BMW Motorsport reste le département compétition, BMW M va devenir celui des supersportives. Et pour l’inaugurer, les ingénieurs se lancent dans le développement de celle qui lancera officiellement BMW M en 78, la M1 et son fabuleux 6 cylindres M88 qui n’est autre qu’un M90 revu et corrigé et équipé de culasses 24 soupapes.

Du coup, le projet de la M535i ayant été à l’origine confié à BMW Motorsport et l’équipe de BMW M étant bien trop occupée avec le développement de la M1, la E12 musclée devient la première et la dernière BMW Motorsport, mais pas M… ouais, c’est compliqué !

En attendant la BMW M535i affiche les couleurs. Jantes alu BBS, mais surtout, le fameux kit M Technic qui fait son apparition. Lèvre avant largement aérée, becquet de type ducktail, barrettes latérales déchromées et stickers aux couleurs Motorsport. Dans l’habitacle, la E12 recevait des sièges baquets Recaro, le volant de la M1, et le client pouvait se lâcher sur une longue liste d’options, comprenant comme dans celle qui vous taquine la rétine, la sellerie cuir ou le système audio Blaupunkt avec commande déportée.

Quoiqu’il en soit, la BMW M535i, malgré ses 1500 kg, était capable de filer à 224 km/h, après avoir abattu le 0 à 100 en 7,6 secondes, le 400m en 15,3 et la barre kilométrique en 28. Ajoutez y un comportement sérieux, mais viril (notions de pilotage obligatoires) et vous obtiendrez un gros jouet aussi effrayant qu’envoutant.

Comme sa frangine 2002 Turbo, elle devra se contenter de deux années de carrière pour 1410 voitures assemblées. Mais ne vous méprenez pas, l’objectif de BMW n’était pas de battre des records de ventes mais réellement de se forger une image afin de préparer le terrain aux futures BMW M et à une certaine M5 qui allait finalement attendre l’arrivée de la E28 mais aussi adopter le M88. Mais ceci est une autre histoire… que je vous ai déjà racontée.

© Bullesmily via Collecting Cars