Si aujourd'hui les BMW M3 et M4 se pavanent en couleurs flashy et crackle map pour séduire les kékés des villes, il y a 40 ans, la toute 1ère du nom, j'ai nommé la M3 E30, a vu le jour pour la compétition. Pour entrer dans le Gr.A et aller se chauffer avec les Mercos 190 2.3 16 et Sierra Cosworth, il faut une caisse produite à 5000 exemplaires par an plus une règlementation qui autorise des versions Evo produites elles à seulement 500 exemplaires. C'est l'une d'elles, une M3 Evo 2, que j'ai eu la chance de croiser...

Crakle map !
Aujourd'hui, les M3 et M4 modernes, tu ne les croises plus sur un circuit. Nan ! Elles sont sur Youtube ou TikTok en train de faire brwap brwap dans le convoi d'un mariage, en mode drift approximatif autour d'un rond point ou dans un gymkhana décérébré sur l'autoroute. Hé oui Kevin, les supersportives ne servent plus forcément à aller limer l'asphalte et viser la trajo sur un circuit mais surtout à se faire remarquer dans des situations aussi stupides que dangereuses dans la quête absolue du buzz et de la monétisation à outrance !
Née pour le Gr.A
Il y a 40 ans, la M3, c'était d'abord fait pour la compet'. En 82, la FIA lance le Gr.A. 2 ans plus tard, il devient la norme pour courir dans le tout nouveau DPM (Deutschen Produktionswagen Meisterschaft) venu dépoussiérer le DRM (Deutsche Rennsport Meisterschaft) qui commençait à se perdre entre les catégories et les budgets pour tenter d'y faire un podium. Pour la saison 84 BMW déploie une armada de Série 6, Série 5 et 323i E30. En 85, il ne reste que la 635 CSi. Le DPM n'est que provisoire. Pour la saison 86, il devient DTM (Deutsche Tourenwagen Meisterschaft). On y croise entre autres des Volvo 240 Turbo, Ford Sierra XR4 Ti, Rover Vitesse, Nissan Silvia, BMW 325i et 635 CSi et surtout, la toute nouvelle Mercedes 190 2.3 16s. En 87, c'est au tour de la BMW M3 - une E30 en jogging et sous testo - d'entrer en jeu. BMW certifie et signe son image sportive et s'offre les titres constructeur de 84 jusqu'en 1990... 7 titres consécutifs. De quoi faire entrer la M3 au Panthéon du sport auto.
5000 voitures dont 500 évolutions
Pour y arriver, il a fallu la faire évoluer. Et justement, s'il fallait 5000 voitures (puis 2500 à partir de 92) par an pour gagner son ticket d'entrée en compet', le règlement permettait aux constructeurs d'homologuer des évolutions, une nouvelle boite, des jantes plus larges ou des voies élargies, un kit plus aéro... à partir du moment où elles découlaient d'une série limitée de 500 voitures commercialisées. C'est donc pour cela qu'on trouve des Sierra Cosworth et Sierra RS500, des Delta Evo 1 et Evo 2, des Mercedes 190 Evo 1 et Evo 2 et, pour celle qui nous intéresse, des M3 Evo, Evo 2 et Sport Evolution.
M3 Evo 2
Cette M3 Evo 2 de 88, habillée en Misano Rot, Steven l'a achetée en Irlande en 2009 pour... 19000 €. Et là, on se prend tous par la main et on pleure tous ensemble ! Pour rappel, l'Evo 2 n'était proposée qu'en 3 coloris... Bleu, rouge et gris. Elle embarque un bouclier avant retouché avec une lame plus proéminente et des prises d'air à la place des antibrouillards afin de refroidir les freins. A l'arrière, l'aileron reçoit le renfort d'une sorte de ducktail plutôt discret. Sous le capot, le 4 cylindres S14, un 2.3 l 16s conçu pour encaisser plus de 10000 trs en mode compet', accueille une admission retravaillée, de nouveaux pistons, des arbres à cames plus pointus et un volant moteur allégé. Son couvre culasse et le capot de sa pipe d'admission se parents de blanc avec les 3 bandes de BMW Motorsport. Il envoie 220 ch et 244 Nm aux roues arrière via la fameuse boite 5 manu Getrag 265 - avec la 1ère en bas à gauche - aidée d'un diff autobloqu'.
262 / 500
Venue d'une époque où on savait encore faire des sportives légères (1260 kg) l'Evo 2 pourfend le 0 à 100 en 6,6 secondes, passe le 400 m en 15 et le kilomètre en 27,5 avant de s'échapper à 244 km/h sur la file de gauche de l'autobahn. Conformément au règlement du Gr.A, BMW se contentera d'en produire que 501 exemplaires. C'est le N°262 qui défile devant vos yeux.
Toute neuve !
Bon, à son retour d'Irlande, elle n'était pas aussi flambante qu'aujourd'hui. Bien fatiguée, il lui a fallu une bonne restauration complète pour retrouver sa forme et son éclat. Elle a été bien entendu laissée d'origine... si ce n'est qu'en y étant, 2 - 3 bricoles sont venues l'améliorer. Le 6 en ligne expire maintenant à travers une ligne inox Supersprint. Les silent blocks sont signés Powerflex et les amortos sont des Bilstein B6. Comme à l'origine, elle est chaussée en 16", si ce n'est que ce sont maintenant des BBS RS en 16' chaussées de Yokohama R888 qui se chargent de remplir les ailes.
Uberkaro
Dedans, c'est 100% d'origine avec les baquets Recaro, la sellerie Uberkaro grise, le volant et le pommeau M et l'essentiel... vitres et rétros élec et un ordinateur de bord. A noter, les boitiers de rangement pour les K7... je laisse les vieux expliquer aux jeunes. Par contre, il n'y a pas de clim ! Une pépite pour les purs et durs à partir du moment où ils n'ont pas à subir une canicule estivale.
Ca pique !
Cette BMW M3 E30 Evo 2 c'est devenue une véritable pépite qui excite logiquement aussi bien les Béhèmistes que les collectionneurs. Comptez un ticket d'entrée autour des 120000 €. Là, Steven n'a pas manqué de la faire expertiser pour une valeur estimée à 140000 €. L'année dernière, il y en a une qui s'est vendue en Allemagne pour 183000 €... elle avait moins de 50000 km. Ah ça pique, mais s'il y en a qui les mettent, ben c'est que ça les vaut !





























































