En sport auto, Peugeot, c’est 3 p’tits tours et puis s’en vont ! Souvent, ils viennent, ils gagnent, et brusquement, ils stoppent tout pour aller voir ailleurs… Même si la marque a surtout marqué l’histoire du rallye, elle a aussi fait des coups d’éclat en endurance… Surtout au début des 90’s !

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Et bien sûr, vous voyez de qui je veux parler ! Bon, en s’appelant 905, on aurait pu croire qu’il s’agisse de la routière haut de gamme, fier porte étendard national du luxe à la française. Tu parles d’une routière…! Fin 80’s Peugeot Sport est en pleine campagne Rallye Raid. La 205 T16 vient de remporter les éditions 87 et 88 du Paris Dakar, et la 405 T16 s’apprête à prendre fièrement la suite pour les 2 années à venir. PSA sait déjà que l’édition 90 sera la dernière du Lion qui laissera sa place à Citroën et sa nouvelle ZX. Il faut donc envisager l’avenir.


En 88, Jean Todt, le boss de Peugeot Sport, met une poignée d’ingénieurs sur ce qu’on appellera le “projet 905”. La décision est prise, après le sable du Sahara, ce sera la vitesse des Hunaudières… La marque décide d’aller tenter sa chance en Endurance, au Championnat du Monde de Sport-Protos.

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Le châssis full carbone est réalisé en collaboration avec Dassault avec un objectif final de moins de 800 kg, pendant que le futur V10 en alliage léger, reprend les spécificité des moteurs de F1. Il cube 3.5 l et tourne à 12500 trs pour sortir la bagatelle de 650 ch.

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La caisse est présentée sur le circuit de Magny-Cours le 4 juillet 1990 et fait sa 1ère sortie dans la meute pour l’avant dernière course de la saison en Septembre sur le circuit Gilles Villeneuve à Montréal. Des débuts catastrophiques ! Elle se prend 3 secondes dans l’aileron par rapport aux meilleurs et la fiabilité a été oubliée dans les bagages ! Mais bon, il ne s’agit que d’un rodage !

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En 91, la voiture passe déjà en Evo 1. Elle gagne en perf, mais la fiabilité est encore faiblarde. Cela ne l’empêchera pas d’accrocher autant de victoires que la Jaguar Silk Cut de Ross Brawn, malgré un double abandon au Mans. En fait la 905 est performante sur les courses sprint, mais sa fiabilité ne tient pas sur les épreuves d’endurance. A l’issu des 24h du Mans, Jean Todt s’amuse à dire qu’il a remporté les 6h du Mans !

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92, sonne le glas du Championnat du Monde des voitures de sport, puisque la seule course de 93 sera les 24h du Mans, puis en 94, l’IMSA prendra le relai… Mais ceci est une autre histoire ! Pour en revenir à notre 905, la saison 92 compte 6 épreuves, Monza, Silverstone, Le Mans, Donington, Suzuka et Magny-Cours. La Peugeot démarre fort dès la 1ère course… Pôle, meilleur tour en course, elle écrase la concurrence… jusqu’à 2 tours de l’arrivée ! Les freins de la 905 de Dalmas se bloquent, la voiture part en tonneau et laisse la victoire à la Toyota TS010. Le reste de la saison sera juste une écrasante domination de la 905… Dont une victoire au Mans du trio Dalmas – Warwick – Blundell.

 

93, avec une seule et unique date, le Mans, et un triplé pour la 905 Evo 1B, avec la victoire de Bouchut – Hélary – Brabham.

© Tony Caraddict

Pour les anecdotes, il a existé une Evo 2… Mais elle ne fera aucune sortie, puisque la saison 93 n’a eu qu’une épreuve. Prévue pour les épreuves sprint, elle finira par servir de mulet de développement pour le V10 qui allait connaitre une 2nde vie en F1. Et justement, en parlant de F1, l’ultime manche de la saison d’endurance 1992 s’est courue à Magny-Cours (Oui, faut suivre aussi, je vous l’ai déjà écrit au dessus !). La 905 Evo 1B menée par Philippe Alliot y réalise la pôle en 1’16”415. Sachant que les F1 couraient sur le même tracé, cela aurait positionné le proto sur la 6ème place du GP de France de F1 1993… juste entre Senna et Alési ! Voilà qui confirme méchamment le niveau de l’engin…

© MrSuperPhilippe

Une fois l’objectif atteint, basta… Comme à son habitude, Peugeot lorgne déjà vers d’autres horizons. Todt part chez Ferrari… André de Cortanze, directeur du département technique de Peugeot Sport, rejoint Toyota pour tenter l’aventure GT One. Peugeot de son côté, en pleine crise de paluchage après ces successions de succès en Rallye (Avec la 205 T16), Rallye Raid puis Protos, franchi la dernière marche, celle de la F1, qui s’avèrera être une débâcle tonitruante… mais ça aussi c’est une autre histoire.

© CSTV Motorsport

© arsenium666 – Photos via signatures éventuelles

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