Audi 80 V6 DTM… V6 ? DTM ? C’est quoi c’bordel ?!



Je ne vais pas vous la jouer suspense, mais l’Audi 80 n’a jamais couru en DTM… Pourtant, quand il a fallu remplacer les bestiales et imposantes Audi V8, la marque aux anneaux s’est dit que la berline 80 pouvait largement faire l’affaire. Du coup ils ont développé 2 protos pour réaliser des essais de mise au point. L’un d’entre eux est sur DLEDMV !

Ah ouais, présenté comme ça, ça claque quand même. M’enfin avant de vous parler du proto Audi 80, il faut commencer par rapidement poser les jalons du DTM (Pour la 5ème fois…). La série a vu le jour en 1984. Et aussitôt, elle attire les foules, les constructeurs, les pilotes, les sponsors, les médias… elle surpasse même la F1 en terme de popularité ! L’euphorie en mode choucroute garnie… 

Dès la 1ère saison le plateau est garni. Alfa GTV, Ritmo Abarth 130 TC, Ford Capri et Mustang, Mitsu Starion, MG Metro Turbo, une ribambelle d’Opel Kadett, Monza, Manta et Ascona, Mazda RX7, Audi 80 GTE, BMW 635, 323, 525 et 528, Golf et Scirocco GTi, Volvo 240 Turbo, Chevrolet Camaro, Mercos 380 et Rover Vitesse… Rien que ça ! L’année suivante, le règlement se peaufine, le plateau aussi et les teams pros et semi-pros débarquent doucement faisant monter  le level. En 86 c’est l’arrivée de la Mercedes 190 2.3 16s spécifiquement développée pour le championnat, suivie en 87 par la méchante M3 E30, puis 88 qui voit débarquer la Ford Sierra RS500 Cosworth. Le DTM est devenu la référence des championnats de tourisme européens et les constructeurs allemands n’hésitent plus à investir. 

Au niveau du classement, il faut quand même noter que BMW rafle le titre constructeur chaque saison depuis le début. Chez Audi, on surveille tout ça de près… et les seules caisses engagées pour le moment, se font au travers de teams privés. 

Il faudra donc attendre le début de la saison 1990 pour voir arriver officiellement les 4 anneaux en DTM… et la marque n’est pas venue pour faire de la figuration puisque le porte étendard n’est autre que l’imposante Audi V8 menée par Hans-Joachim Stuck. Le V8 écrase la concurrence et Stuck remporte les titres 90 et 91 pendant que BMW et Mercedes se chargent des titres constructeurs… Mais bon, en compet’ c’est bien connu, on ne retient que le titre des pilotes.

Pour la saison 92, Mercedes et BMW poussent leurs 190 et M3 dans leurs derniers retranchements avec les Evo 2 et Sport Evolution. Les Audi V8 commencent la saison en subissant les contraintes des lests avant de se retrouver toutes disqualifiées lors de la 6ème manche de la saison (Chaque manche compte 2 courses). Face à ce désordre,  les organisateurs se voient obligés de remettre de l’ordre dans le règlement pour la saison 93. Désormais, les moteurs devront être atmo… leur cylindrée est limitée à 2.5l maxi avec au maximum 6 cylindres avec culasse 4 soupapes par cylindre. La caisse doit toujours venir d’un modèle de production, mais les éléments aéro n’ont plus besoin d’en faire partie… cela permet au ingénieurs de se lâcher sur l’aéro sans chercher de solutions d’homologation. Enfin le poids est imposé à 1040 kg. On retire d’un côté pour lâcher de l’autre, au final, tout le monde est content et le spectacle peut continuer… sauf pour Audi. 

Pour la saison 93 les voitures deviennent plus méchantes, plus impressionnantes. On voit débarquer Alfa avec sa 155 V6 Ti et Opel engage de son côté la Calibra V6 4×4. Les cartes sont redistribuées. 

Chez Audi on se dit que la V8 peut prendre sa retraite et on demande à une armée d’ingénieurs de lui trouver une remplaçante. Le DTM est bon pour l’image et une victoire le dimanche fait vendre des voitures la semaine. Le soucis, c’est que le V8 est inutile et le 5 cylindres commence à accuser son âge tout en étant lourd et long. Il n’est pas adapté au DTM. Logiquement, on se rabat sur le tout nouveau V6 qui équipe l’Audi 80 B4 arrivée sur le marché en 91. 

La voiture est passée en mode warrior, avec extensions, lames, prises d’air, fond plat, extracteur et aileron XXL. Du côté du V6, sa cylindrée est rabaissée à 2.5l et tout est revu pour atteindre 10.500 trs et sortir 388 ch. Audi assemble 2 voitures et débute la phase de développement. Mais voilà, histoire de lisser les performances et d’éviter qu’un pilote écrase la saison, l’ONS (Oberste Nationale Sportbehörde, la FFSA allemande) met en place les lests qui viennent pénaliser les vainqueurs (Quelle connerie ces lests !). Audi n’approuve pas la démarche et interrompt le programme de la 80, tout comme BMW d’ailleurs qui décide de quitter le DTM au terme de la saison 93. L’Audi 80 ira donc courir dans les championnats moins “restrictifs” en France et en Angleterre notamment. Mais ceci est une autre histoire… que j’ai déjà dû vous raconter (2 fois même !).

Enjoy…

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