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Opel lance la Manta B en 1975 pour tailler des croupières à la Ford Capri. Évoluant tout au long de sa longue carrière, elle est choisie par la marque au Blitz pour remplacer la performante mais vieillissante Ascona en Championnat du Monde des Rallyes. Profitant de la très libérale réglementation Groupe B, Opel présente cette méchante version 400 durant la saison 1983…

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Bestiale… C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on se trouve face à cette Opel. Le coupé de Rüsselheim, plutôt élégant d’origine, a été shooté aux hormones ! D’énormes extensions d’ailes taillées à la serpe abritent quatre Gotti démontables au débord XXL. Déjà ça calme, mais quand on mate le capot ajouré de partout et surtout l’énorme becquet qui occupe toute la malle bah… ça sent un peu la violence mécanique tout ça !

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Et ce n’est pas qu’une impression ! Dans le berceau moteur sommeille un gros 4 pattes de 2.4 litres de cylindrée. Gavé par deux énormes double-corps Weber, il balance par moins de 300 bourrins aux roues arrières via une boite 5 manuelle. On comprends mieux la présence du becquet Jacky et des voies larges… Toute aide est bonne à prendre pour emmener un bordel pareil à la limite, des fois que Dieu soit en RTT autant soigner l’aéro !

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Malgré sa brutalité et des légendes comme Ari Vatanen ou Henri Toivonen à son volant, la Manta n’a jamais vraiment brillé en Mondial. Opel avait clairement sous-estimé le niveau d’engagement de la concurrence : avec son moteur atmo et ses deux roues motrices, son arme semblait bien dérisoire face aux 4×4 suralimentés dégainés par Peugeot, Audi ou encore Lancia.  Après tout elle reposait sur la plateforme de l’Ascona, c’était plus une Groupe 4 sous stéroïdes qu’une Groupe B.

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Une bouse alors cette Manta ? Que nenni ! Aux échelons inférieurs, Européen ou National, où le coup de volant et la taille des kiwis compensent le manque de moyens, le coupé Opel s’illustre ! Aux mains de cinglés comme Guy Fréquelin, Jimmy McRae (oui… Le père de ! ), Erwin Weber ou encore Guy Colsoul, la Manta a régalé le public de ses larges dérives et de ses hurlements rageurs tout au long des 80’s ! Elle a au passage été titrée en France, Allemagne et Grande-Bretagne… Pas franchement des championnats de pinks !

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L’exemplaire que vous avez sous les yeux s’est illustré entre les mains d’un type pas franchement manchot : Hughes Delage ! Et ouais, n’en déplaise aux talibans munichois, avant d’affuter les M3 E30 les plus saignantes de l’Hexagone et de mettre au monde des monstres comme la 318 ti F2000 ou sa légendaire 316 Groupe F, l’homme aux 192 victoires roulait pour le Blitz !

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Après une fin de carrière en Guadeloupe, l’auto est rapatriée en métropole. Le Team C.M.R est chargé de lui redonner vie pour affronter un nouveau challenge : les rallyes historiques ! Et oui, ironie de l’histoire, les Groupe B deux roues motrices sont éligibles, contrairement à leurs consœurs à traction intégrale. En y réfléchissant bien, elles étaient déjà dangereuses aux mains de pilotes de légende, alors aux mains de gentlemen drivers imaginez le carnage !

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Les fossés outremarins n’ayant pas ménagé l’Opel, le maître d’œuvre part d’une autre coque. Celle-ci est ressoudée et renforcée pour coller au specs Groupe B et accueille le bouilleur entièrement remis à neuf. La mécanique est associée à une boite Getrag à crabots et un pont d’Opel Monza pour envoyer sa haine aux roues arrières. L’habitacle reçoit arceau, faisceau électrique et baquets aux normes FIA actuelles.

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Le résultat final est juste magnifique ! Parée de sa livrée tricolore Opel Euro Team rappelant celle de Guy Fréquelin, l’auto est prête à en découdre… À condition d’avoir le courage et la science pour la dompter bien sûr !

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©Artcurial.com