En 75 ans d’existence, Ferrari a produit nombre d’autos emblématiques.  De fantastiques GT notamment, mais n’oublions pas qu’elles n’ont longtemps été pour la marque au Cheval Cabré qu’un moyen de financer sa raison d’être : la compétition. Parmi la longue lignée des prototypes de Maranello, la 333 SP occupe une place particulière : car elle symbolise à la fois une renaissance et un chant du cygne.

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Effectivement, le Commendatore, SAS Enzo Ferrari, s’en battait les calots du marketing et des caisses de parvenus… Lui, son kiff c’était de voir son nom briller au palmarès des courses les plus prestigieuses ! Et pour ce faire sa Scuderia aligna longtemps ses bolides dans les deux disciplines majeures : La Formule 1 et l’Endurance.

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Oui mais voilà, la passion c’est noble, mais ce n’est pas ce qui fait rentrer du cash. Entre une situation financière bancale et une course à l’armement qui nécessite des moyens de plus en plus importants pour jouer la gagne, se battre sur deux fronts n’est pas chose facile. Ferrari se retire donc du Championnat des Voitures de Sport au milieu des années 70 pour se focaliser sur la F1.


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20 ans plus tard, les hautes instances de l’Endurance, l’ACO et l’IMSA créent une nouvelle catégorie pour relancer un championnat en perte de vitesse : les WSC (World Sports Cars). Et ça tombe plutôt bien, car cette réglementation peut permettre à Ferrari de revenir en Endurance avec succès ! Piero Ferrari, fils d’Enzo, et Giampiero Moretti, boss du célèbre équipementier Momo, vont porter le projet du coté de Maranello.

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Luca di Montzemolo, le boss, flaire le bon coup : un engagement en IMSA permettrait de faire la promo de la marque aux USA d’où la F1 est absente à l’époque. Oui, la mentalité à un peu changé chez Ferrari depuis la disparition d’Enzo, maintenant on fait du business ! Le cahier des charges est donc fixé, il faut gagner et que ça ne coute pas cher !

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Un châssis monocoque carbone est conçu, la fabrication en sera confiée d’abord à Dallara, puis à Michelotto. Le résultat est magnifique, le proto au cheval cabré est trapu, mais ses lignes sont d’une finesse incroyable, on a l’impression qu’une simple feuille de carbone drape le châssis et les roues. Paradoxalement l’immense prise d’air du spoiler avant, les doubles optiques sous plexi et l’immense aileron arrière offrent une bonne dose d’agressivité à la bête.

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Au plaisir des yeux s’ajoute celui des oreilles, car une fois démarrée, plus aucun doute possible, vous êtes bien face à une Ferrari ! La barquette au Cheval Cabré embarque la cathédrale maison : le mythique V12 atmosphérique ! Un monstre de 4 litres qui prend 10000 tours/minute et développe la bagatelle de 600 chevaux, directement dérivé de celui qui équipait les F1 de l’époque. Relié à une boite séquentielle 5 rapports, ce bijou de mécanique aux envolées lyriques se révèle, cerise sur la panacotta, fiable en plus d’être performant.

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Comme le laissent supposer l’ambiance spartiate à bord et ses lignes épurées à l’extrême, la 333 SP est une ballerine. Grâce à sa structure qui mêle coque carbone pour la cellule et bâtis nid d’abeille en alu pour supporter la mécanique et les trains roulants, la belle pèse moins de 900kg… Le rapport poids/puissance est démoniaque, alors, une championne la 333 ?

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Ce fut le cas ! Elle s’impose dès sa première sortie, doublé à Road Atlanta en 94. Le début d’une belle carrière puisque l’auto sera exploitée presque 10 ans, accrochant à son palmarès le titre IMSA, les 12h de Sebring et 24h de Daytona ainsi qu’une 6ème place au Mans en 1997 ! Un come-back couronné de succès donc, mais qui n’eût pas de suite. Enfin pour l’instant… la nouvelle règlementation Hypercar donnera peut être envie à Ferrari de revenir encore une fois !

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