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La Maserati 300S fait partie de ces engins qui ont fait l’histoire du sport auto mais aussi celle de Maserati et des pilotes qui sont passés derrière son volant, comme Moss, Shelby, Berha ou encore Fangio. Si j’vous ai déjà parlé de cette divine italienne et de son pilote anglais, aujourd’hui c’est au tour de celle de Juan Manuel de venir poser ses roues sur DLEDMV…

La Maserati 300S, c’est une extrapolation de la F1 250F histoire d’aller tenter sa chance dans le championnat du monde des voitures de sport en 1955. Après un début de saison plutôt compliqué, il faudra attendre la fin de la saison pour voir Juan Manuel Fangio arracher la première place du Grand Prix du Venezuela au volant de sa 300S. Une victoire qui signait le début d’une longue lignée.

Seulement 26 Maserati 300S ont été assemblées au fil de ses trois années de carrière et celle qui défile devant vos yeux est l’une des plus capées de toutes. Le châssis 3069 a été assemblée à la fin de l’année 56 pour le pilote italien Armando Zampiero… mais la livraison va tomber à l’eau, Zampiero préfère finalement troquer sa 300 SL pour une Ferrari 750 Monza. Finalement, pour la saison 57, la 300S va rester chez Maserati afin de rejoindre la Scuderia Madunina qui décide de l’engager au Grand Prix du Portugal et confiée à Fangio. Première course et première victoire pour l’italienne qui va alors s’envoler pour l’Amérique du sud où le pilote argentin va remporter le premier Grand Prix de Cuba puis, en fin d’année, rajouter trois nouvelles victoires à son palmarès. Deux au Grand Prix d’Interlagos et une autre à celui de Rio de Janeiro.

Ces victoires ont une saveur particulière pour Fangio. La saison 56 a été pour lui un véritable cauchemar. Parti de Mercedes pour rejoindre Ferrari, il tape un trottoir à Monaco. A Spa, alors qu’il est en tête, il est trahi par la boite de sa F1. A Reims, une fuite d’huile l’oblige à se contenter de la quatrième place… Sa relation avec Enzo devient exécrable. Fangio l’accuse de saboter sa voiture afin de favoriser le jeune Peter Collins. Le Commendatore réplique en mettant en doute les capacités de pilotage de l’argentin… qui va clore le débat en remportant le GP de Grande Bretagne avant de récidiver au Nürburgring pour finir la saison avec un quatrième titre mondial avant de rejoindre Maserati.

La saison compte 8 courses, incluant les 500 miles d’Indianapolis (mais les pilotes et les écuries européennes font la plupart du temps l’impasse sur l’épreuve). Au volant de la 250F, il commence fort en s’imposant en Argentine, à Monaco et à Rouen. Contraint à l’abandon en Angleterre, il débarque au Nürburgring pour y courir celle qui deviendra sa plus belle course. A mi course d’un GP qui compte 22 tours, un souci technique lui a fait prendre 45 secondes de retard sur les deux Ferrari de Mike Hawthorn et Peter Collins qui caracolent en tête. Fangio va alors se lancer dans une remontée d’anthologie. Le couteau entre les dents, il prend tous les risques, battant son propre record du tour à huit fois. Dans l’avant dernier tour, il rattrape les deux bolides de Maranello, les double et file remporter une nouvelle victoire, signe de son cinquième titre mondial. Dans les deux dernières courses à Pescara et à Monza, il se contente de la deuxième place, laissant les deux victoires à Stirling Moss.

Fangio a 47 ans quand il va signer ses trois victoires en Amérique du sud au volant de la Maserati 300S; Au début de la saison 58, il n’a plus rien à prouver… il décide de ne courir que deux courses au championnat du monde. Il remporte le GP d’Argentine hors championnat et à Reims, victime de problèmes d’embrayage, se contente de la quatrième place. C’est ce jour là que Luigi Musso va perdre la vie et que Mike Hawthorn, alors en tête du Grand Prix décidera de terminer les derniers tours en restant dans le sillage de la 250F de Fangio. Une fois la course terminée, tous s’empressèrent de lui demander pourquoi il n’a pas doublé le quintuple champion du monde, il répondra « on ne prend pas un tour à Fangio ! ». Pendant ce temps là, Juan Manuel avait pris sa décision, et annonce qu’il raccroche la combi’ pour se consacrer à sa famille et ses affaires, en tant que directeur de Mercedes Argentine.

Quand les 250S manquaient de perfs et que les 350S et 450S nécessitaient de plus d’agilité, la 300S offrait un équilibre idéal. En tout cas, il convenait largement au style de Fangio puisque la Maserati 300S allait devenir celle avec laquelle il allait remporter ses dernières victoires.

© Fiskens