Une Ferrari 250 GT, c’est une voiture envoutante et spéciale. Mais celle qui arrive, elle est encore plus spéciale que les autres. Ici pas de palmarès, ni de swap de furieux. Encore moins de prépa bien camouflée. Non, elle a été fabriquée sur commande spéciale en 1957 pour la princesse de Belgique… Unique une fois !

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La chanceuse propriétaire était donc Mary Lilian Henriette Lucie Josephine Ghislaine Baels (Avec un tel nom, sa carte de visite, c’était une feuille A4 !), la 2ème épouse du roi Léopold III. Loin d’avoir des origines royales elle venait d’une roturière famille belge qui avait du fuir en Angleterre lors de la 1ère guerre mondiale. De retour en Belgique dans les années 30, elle rencontre le roi qui vient de perdre sa 1ère femme et ils se marient en secret en 1941, en pleine 2nde guerre mondiale.


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Le roi Léopold III était un grand amateur de voitures de sport en général et de Ferrari en particulier. En 53, il achète une Ferrari 342 America et deux ans plus tard, c’est une 375 Plus qui rejoint son garage. Forcément, il se lie d’amitié avec Enzo Ferrari qui dit de lui qu’il pourrait faire un excellent ingénieur et un tout aussi bon pilote ! Un sacré compliment dans la bouche du Commendatore.

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L’amitié va encore se renforcer en 1955 quand Ferrari, alors en pleine saison de course, se voit soudainement abandonné par Pirelli. Sans fournisseur de pneus, la jeune Scuderia se retrouve dans une situation délicate. Alors qu’Enzo croise la princesse Lilian, il lui fait part de sa mésaventure. Illico, elle prend contact avec le manufacturier belge Englebert qui remplace aussitôt Pirelli. La demande a été faite le matin et dès l’après midi, Enzo voit débarquer à Maranello une camion rempli de pneus pour ses voitures. La course peut continuer…

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En 1957, c’est au tour de la princesse de franchir le pas en se commandant une Ferrari 250 GT. A ce moment là Enzo intercepte la commande, sans avoir oublié le coup de main qu’il avait reçu deux ans plus tôt. Il va alors apporter une attention toute particulière à l’assemblage de la voiture.

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Plutôt que de faire réaliser une voiture « ordinaire » par la Carrozzeria Boano, le carrossier attitré, Enzo va demander directement à Pininfarina de s’en charger et de concevoir une carrosserie spécifique pour la princesse. L’équipe de Gian-Battista va alors dessiner une ligne somptueuse et raffinée.

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Les phares sont sous verre, les ailes équipées de prises d’air, tout comme le capot qui vient aérer le V12 Colombo. Derrière les portes, la lunette inclinée se termine sur un coffre en porte à faux. Ca ne dénature pas la ligne, même si la 250 GT perd son esprit de sportive pour devenir une GT habillée d’une élégante robe grise et chromée. Dans l’habitacle, le luxe est omniprésent. Moquette épaisse, cuir pleine fleur, bois, chrome et une batterie de manos qui s’étend sur le tableau de bord. Là aussi, c’est juste à tomber tellement c’est beau !

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La voiture de la princesse servira d’inspiration pour la Ferrari 250 GT Pininfarina qui débarquera peu de temps après sur le marché. Et même si les grandes lignes seront identiques, elle reste quand même unique par sa définition et ses détails.

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La princesse a gardé sa Ferrari pendant 10 ans avant de la donner à un médecin. Elle a ensuite changé de mains à plusieurs reprises (La voiture… pas la princesse !) jusqu’à ce qu’elle fasse le bonheur de son propriétaire actuel qui la conserve précieusement depuis plus de 20 ans.

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© RM Sotheby’s