Parfois, la simplicité ne fait pas de mal. Chez Renault dans les années ’70, c’était une usine à souvenirs pour nombre d’entre nous. On connait tous quelqu’un avec une histoire « rocambolesque » sur une R8 ou une Dauphine. Pour ma part, j’ai pas assez de doigts pour compter le nombre de fois où mon grand-père m’a raconté que son frère et lui sont arrivés à rentrer après avoir fait 3 tonneaux au volant d’une R8.

Renault R8 : Attachiante ! 1

Au sein de DLEDMV, on écrit souvent sur des grosses bagnoles velues et viriles avec des puissances qui toucheraient du doigt le soleil. Et des fois, on aime passer un été dans le Sud au volant d’une 4L de 34ch. Lancée en 1962, la R8 au dessin particulier et au cx proche d’un parpaing, sera une vraie réussite. De plus, ce fut la première Renault à être équipée de 4 freins à disques et même d’une boite manuelle 5 vitesses sur la Gordini en 1965.


En Espagne, elle est surnommée la « faiseuse de veuves ». On comprend vite pourquoi. Le moteur posé en porte-à-faux arrière, il fallait lester l’avant avec un peu ce qu’on trouvait. Renault ne proposant pas de « kit de lestage » (mort de rire), comme pour la Dauphine, les mecs lestaient l’avant avec des sacs de sables pour pouvoir tenir le cap en routes sinueuses. Choses qu’aurait dû faire mon grand-père à l’époque pour éviter les tonneaux et rentrer en crabe sans pare-brise la mèche au vent.

Renault R8 : Attachiante ! 8

770kg pour 60ch et presque 100nm de couple. On est loin des habitudes de DLEDMV mais le rapport poids/puissance est similaire à une Audi a4 1.9 tdi 90ch. On se déplace peut-être pas aussi vite, mais en tous cas avec beaucoup plus de classe. Je ne perdrais pas de temps à parler des options, à part un compte tour, et une trappe à l’avant derrière la plaque d’immatriculation pour loger la roue de secours il n’y en a pas. Le strict minimum pour s’amuser sur les petites routes de campagne et avoir quelques frayeurs pour découvrir les joies de la tachycardie.

On notera sur cet exemplaire que les projos jaunes, la teinte crème, les baquets « Brands Hatch » OMP et le volant tulipé 3 branches, lui vont à ravir. Chaussées sur des jantes Targa en 13 pouces, elle fera largement sourire une fois le petit 4 cylindres de 1289cm3 provenant d’une R12 TS arrivé en zone rouge. « Il en faut peu pour être heureux ».

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Commercialisée jusqu’en 1976, elle fut équipée des moteurs « Sierra » , plus connu sous le nom « Cléon-fonte ». Moteur qui fera de la résistance jusque dans les ’90 dans les Clio, les Express et les Twingo. Elle bénéficiera même en option d’une « Boite automatique électrique Jaeger avec coupleur à poudre magnétique ». On ne sait pas ce que ça veut dire et après tout, on s’en tape. On ne peut pas parler de la R8 sans parler de sa version la plus connue et la plus énervée, la Gordini. Bleue à bandes blanches, elle fut à l’époque la première « Gti ». 88ch, 800kg, 175km/h de vitesse de pointe, il fallait une sacrée paire de couilles pour l’emmener dans ses limites. Vous vous en doutez, on en a déjà parlé chez DLEDMV, Si vous voulez relire l’article sur la fameuse « Gorde » conduite ce jour-là par le maître, lui même : Jean Ragnotti, un petit clic ici vous fera rêver de nouveau.

Renault R8 : Attachiante ! 20

Cet exemplaire, importé aux états-unis s’est vendu en 2018 : 15 500 $. Le nouveau propriétaire californien, a quand même pris soin de garder les plaques françaises. Par curiosité, et amour d’investigation j’ai tapé la plaque française sur un site de vente de pièces autos et oui, on tombe bien sur une R8 1.1 50ch. C’est inutile, mais n’oublions pas que : « tout ce qui est inutile, est indispensable. »  Comme cette R8, de nos jours, ça sert à rien, fatiguant à l’utilisation et dangereux quand on a pas de cerveau. Mais qui ne rêverait pas de cruiser le long des côtes Californienne au volant d’une Renault R8 juste pour rire ?

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