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Un restomod sur une Dodge Charger de 69… l’exercice est aussi délicat que de gravir l’Everest en slip et en chaussettes avec les yeux bandés. Améliorer oui… mais gâcher vous condamnera direct à la peine capital, à savoir rouler en Scenic DCi pour le restant de votre vie. Bref pour y arriver, il fallait une équipe d’experts comme BBT Fabrications…

Dans la famille Dodge Charger, l’icône, c’est la deuxième génération, celle qui a chauffé les lignes droites ricaines de 68 à 70, mais aussi les ovales de NASCAR une fois transformée en Charger Daytona. Oui, juste trois années et puis s’en va… ce qui ne l’empêchera pas de devenir un mythe pour tous les fans. Même chez Dodge on s’est fait avoir… on pensait en écouler pas plus de 35000. Finalement, elles seront 96100 à sortir des lignes avec, en guise de pompelup, la méchante R/T (Road/Track) et ses monstrueux V8, le 440 Magnum de 375 ch et surtout, le 426 Hemi de 425 ch.

Bon, la base est là… et posée dans le garage d’un certain Vic Buraglio, un fan de custom à la sauce restomod. En 2013, il décroche les Good-Guys Roadster Shop Builders Choice et Street Rodder Magazine Top 100, au volant d’une Ford Galaxie de 63, tapée dans tous les sens pas une bande de chtarbés basée dans l’Illinois, l’équipe de BBT Fabrications, des gars aussi discrets que talentueux, mais surtout abonnés aux Best of Show…

Une fois la Galaxie terminée et exposée un peu partout, vous savez comment sont les Petrolheads, ils se lassent vite… il est donc temps pour Vic de passer à un autre projet. C’est donc là que la Dodge Charger va entrer en jeu pour elle aussi passer par la case BBT Fabrications. L’équipe va tout revoir, sans laisser passer le moindre détail.

Le point de départ va être un châssis Roadster Shop équipé de liaisons et de suspensions digne d’une supersportive moderne. Double triangulation avant et arrière, combinés réglables et freins XXL Wilwood, le tout posé sur une jeu de jantes en 10 et 12 x 19″ usinées sur mesure par Greening Auto Company. Par rapport au châssis d’origine, l’empattement est plus long de 3″ à l’avant.

3″ c’est rien… mais pour les gars de BBT, ça suffit pour revoir toute la carrosserie sans pour autant modifier le célèbre profil de bouteille de Coca. Du coup, les éléments sont repris, à la main et en aluminium s’il vous plait. Au premier regard, les modifs ne sautent pas aux yeux. Mais en s’attardant, on finit par se dire qu’il y a des choses qui ont changé sans forcément trouver quoi… alors je vais vous aider. La caisse descend légèrement plus bas, notamment sur les faces avant et arrière. Paradoxalement, les pare-chocs sont un chouill’ plus fins. Pendant que l’avant se termine sur une lèvre inférieure, le cul est équipé d’un discret aileron de type Nascar. Sur les flancs, les arêtes sont adoucies, les prises d’air factices ont disparu et si le porte à faux avant vous semble changé, c’est là que l’équipe de BBT Fabrications a « gratté » les 3″ en plus sur l’empattement.

Entre les ailes avant, gentiment lové dans un shaved bay chirurgical, on retrouve un V8… forcément. Sauf qu’il a pris sa mère ! Un HEMI Gen3 en 426 ci (7.0 l) avec injection Hilborn, culasses Indy, admission par cornets (nécessitant la prise d’air sur le capot) et ligne inox full… la voiture n’a pas été passé au banc mais avec grosso modo les mêmes specs, chez Edelbrock, on annonce 808 ch…! Donnons nous les mains et considérons gentiment tous ensemble qu’il doit dans tous les cas y en avoir assez pour fumer du gommard !

Enfin dans l’habitacle, c’est d’une subtilité et d’une sobriété affolante… mais surtout tendu au cordeau pour un look tout droit sorti des 60’s mais avec une finition capable d’en remontrer à une berline premium actuelle. Vinyle vert, moquette épaisse grise, touches de chrome, même les manivelles ont été conservées. Seule l’instrumentation complète Dakota Digital peut laisser présager du potentiel mécanique de l’engin. Même si pour une fois, le proprio n’a pas voulu tomber dans le surplus moderne avec une sono de teufeur et des gadgets électronisés camouflés.

Au final, la découverte de BBT Fabrications ne pouvait pas mieux se faire… les gars ont pour habitude de sortir du lourd, du bestial, du violent. Et même si cette Dodge Charger de 69 essaye de cacher son jeu sous une robe immaculée, on comprend vite de derrière c’est le diable qui l’habite !

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