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En 74, chez Alfa Romeo, on fait du sport au volant de l’Alfetta GT qui, en 75, deviendra GTV. Histoire de bien montrer que son joli coupé n’est pas là que pour le style, la marque va décider de l’engager en sport auto par le biais de sa division sportive Autodelta qui va se charger de l’homologuer en Gr.4 grâce à la TurboDelta…

Avec son coupé Alfetta GT, Alfa Romeo a montré qu’elle savait toujours aussi bien jouer les deux partitions du style et du sport. Mais en dehors des alfistes, ça n’allait pas suffire pour séduire les purs et durs attirés par la concurrence. En effet, à l’époque pour gagner ses galons de sportive, il fallait absolument passer par la case sport auto…

Alors chez Alfa on va confier le coupé à l’équipe d’Autodelta qui va se contenter, pour la saison de 75, de l’homologuer en Gr.2 en greffant une culasse 16 soupapes sur le 1.8 l ou en collant le 2.0 l de la GTAm. Pour la saison 76, Autodelta se tourne vers le circuit avec le Championnat d’Europe des voitures de tourisme, toujours en Gr.2 dans la classe des moins de 2,5 l. Après une remarquable 2ème place aux 24h de Spa et une victoire aux 400 km de Vallelunga, la marque juge les résultats décevants et préfère stopper le programme Gr.2 pour se réserver à la F1 (motoriste de Brabham) et au Championnat du Monde des voitures de sport avec la 33 TT12.

Pendant c’temps là, chez Autodelta, on développe une GTV à laquelle on colle un V8 3,0 l – dérivé de celui de la Montreal – équipé d’une injection mécanique Spica. Alors qu’il est prévu d’en produire 400 pour décocher l’homologation en Gr.4, le programme est une nouvelle fois interrompu. Cependant, en 77, une vingtaine de GTV V8 affichant 200 ch, vont être assemblées sur commande de l’importateur allemand. Mais ceci est une autre histoire…

Si en 78, aucune GTV ne pointe sa calandre en sport auto, les choses ont changer en 79 avec l’arrivée de la GTV TurboDelta mise au pojnt par Delta Technik qui, malgré tous ces Delta dans le nom, n’a rien à voir avec Autodelta ! Ce préparateur allemand va s’occuper de l’italienne en misant sur une technologie bien plus économique que la greffe d’un V8, en équipant le coupé GTV 2,0 l d’un turbo KKK qui va le faire passer de 130 à 150 ch. Esthétiquement la TurboDelta se contente d’un capot spécifique avec prises d’air et peint en noir mat, et d’un liseret coloré au niveau des bas de portières.

Informé du projet, Autodelta va se contenter d’observer de près le taff du préparateur et y adjoindre sa certification tout en leur apportant une aide commerciale puisque les TurboDelta seront vendues par le réseau Alfa avec un livret certifié « Alfa Romeo Autodelta ». L’objectif est de les aider à en produire 400 afin de décrocher l’homologation en Gr.4. Une fois chose faite, Autodelta va en récupérer quelques unes pour les passer en mode rallye avec des voies élargies, des freins upgradés, une carrosserie allégée et équipée de fender flares rivetées, d’un capot largement bosselé et aéré afin d’alimenter le moteur en air frais. Enfin, la bête est posée sur des Campagnolo en 11 x 15″. Bien sûr l’habitacle est sacrifié afin d’être vidé, arceauté et allégé.

Mais malgré une victoire au Rallye du Danube, une fois encore, Carlos Chitti, l’ingénieur en chef d’Autodelta, laisse tomber le projet, poussé par la direction d’Alfa Romeo qui va privilégier l’arrivée de la future GTV6 qui finalement, portera l’étendard de la marque en rallye.

Aujourd’hui, la GTV TurboDelta Stradale de Delta Technik est rare. Certaines ont été importées en France et homologuées à titre individuel (on parle d’une dizaine). Quant à sa version Gr.4, les versions Autodelta se comptent sur les doigts d’une main… et chacune est précieusement conservée. A part celle qui vous a titillé la rétine, actuellement à vendre pour 145.000 € et homologuée en historique… une base originale et finalement au prix plutôt correct comparé à son originalité et sa rareté.

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