Audi Quattro Sport – Châssis court, turbo et muscu !



Le Gr B, c’était que du bon… des monstres surpuissants à l’affut des spéciales, du spectacle de haut niveau mais aussi, des engins routiers qu’il a fallu commercialiser pour pouvoir obtenir le ticket d’entrée dans le championnat. Parmi eux, la bestiale Audi Quattro Sport…

Attention, il y en a eu 2. La Quattro… tout court, ou plutôt plus longue… qui débarque en 81 avec son 5 cylindres turbo, ses 200 ch et ses 4 roues motrices, une 1ère sur une sportive depuis la Jensen FF. Par contre, le coup de maitre de Ferdinand Piëch, alors responsable du service compétition de la marque aux anneaux, c’est de l’avoir adaptée au rallye. Après quelques prototypes présentés à la fin des années 70, et une victoire au Dakar d’une VW Iltis motorisée par un 5 cylindres de 286 ch finit par convaincre l’état major d’Audi qui donne son feu vert. Piëch a les mains libres et le budget adéquat. L’histoire est en route.


L’Audi Quattro, appelée Ur Quattro (Ur signifie Original en allemand), n’est pas un simple coupé modifié. Il possède sa propre ligne de montage et est entièrement assemblé à la main (Le futur RS2 aura aussi ce privilège !). Puis Audi prévoit des ventes de 400 – 500 modèles… loin de s’imaginer le succès que va rencontrer son modèle.

Bon tout ça c’est bien, mais celle qui nous intéresse aujourd’hui, c’est la Sport Quattro. En 1982 l’Audi Quattro Gr 4 remporte le championnat du monde des rallyes. Champagne, bretzels et la compil’ de Wagner à donf chez Ferdinand ! L’année suivante, le Gr B débarque et Lancia Lancia vient perturber le plan d’Audi avec sa 037 sacrée en fin de saison. Audi est vexé, et doit faire évoluer sa Quattro, pour coller au mieux au nouveau règlement. Les 4 roues motrices c’est bien, mais ça ne suffit plus. Il faut gagner en agilité…

Audi demande alors l’avis des pilotes. Tous reprochent au coupé un comportement trop sous-vireur, son manque d’agilité dans les lacets et demandent un modèle spécifique. Mais à Ingolstadt , il est primordial que les clients puissent identifier la voiture à un modèle de série, et on refuse de modifier l’architecture du modèle de base, comme ont pu le faire les concurrents avec les 205 T16, Delta S4, RS200 ou Metro 6R4.

Le moteur restera en porte-à-faux avant, par contre pour gagner en agilité, il va falloir réduire le poids. Du coup la carrosserie voit certains de ses éléments passer en kevlar, plus léger et plus rigide. Au niveau du châssis, l’empattement perd 32 cm juste derrière les portes. Le physique devient spécial, musclé, avec ses 4 roues au milieu et ses gros porte-à-faux, mais c’est pour son bien et surtout son agilité. Ainsi armée, la Quattro Sport est transfigurée. Et Audi récupère le titre pour la saison 84. 

Pourtant les 1ères Audi Quattro Sport routières ne seront livrées que 2 ans plus tard. Les 200 exemplaires assemblés à la hâte pour décrocher l’homologation, manquaient de finition et de fiabilité. Impensable pour Audi… qui décida de reprendre chaque modèle. Le 1er modèle routier fut ainsi livré en avril 85 au chef d’orchestre autrichien, Herbert Von Karajan.

Le moteur est toujours le 5 cylindres ramené à 2133 cm3. En effet, la catégorie 3.0 l du Gr B permet de bénéficier d’un poids maxi de 960 kg (contre 1100 pour la Quattro en Gr 4), mais voit les moteurs turbo appliqués d’un coefficient de 1,4 par rapport aux atmos. Du coup, le bloc est nouveau, en alu, chemisé, il adopte une nouvelle culasse crossflow avec double arbres et 20 soupapes. Injection électronique Bosch, un KKK K27 qui s’arrache la turbine à 1,05 bars pour développer 306 ch.

Avec 1300 kg sur la balance, la Quattro Sport est une balle, elle pulvérise les 100 km/h en 4,9 secondes, franchit le 400m en 13,5 secondes et la borne en 24,5. Il y a 30 ans, il fallait débourser 750.000 F (120.000 €)… aujourd’hui, si vous voulez l’admirer dans votre garage, il faudra quasiment 400.000 €, plus le prix de l’entretien. Sans compter les pièces spécifique. Le capot en kevlar coute à lui seul 12.000 € !


Bref, c’est devenu le prix de l’exclusivité, de la rareté, d’un titre de champion du monde de rallye, d’une victoire à Pikes Peak… oui, c’est ce qu’on appelle une légende !

© RM Sotheby’s


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