Avant d’écrire cet article, Impulse pour moi c’était une marque de déodorant. Je ne connaissais pas du tout cette voiture. Elle fait partie de ces caisses dont nous méconnaissons l’existence en Europe, et surtout en France. Et pourtant, l’Isuzu Impulse RS gagne à être connue ! Plateforme Américaine, moteur Japonais, châssis Anglais… Et elle sent même pas de dessous les bras !

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Resituons. On est à la fin des années 80 aux Etats-Unis, les petits coupés Japonais ont le vent en poupe. Dans les rues ce sont des Acura Integra, Toyota Celica, Mitsubishi Eclipse qui se tirent des bourres et tiennent la dragée haute aux V8, avec souvent bien plus de maniabilité, un tarif aux petits oignons, et une consommation de carburant moindre.


Et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Sauf que General Motors décida de jeter son grain de sable dans la soupe qui n’amassait pas mousse avant de perdre sa place parce qu’elle était partie à la chasse aux fières chandelles. Et c’est à travers sa filiale Japonaise Isuzu, dont le géant Américain détenait la moitié du capital à l’époque, qu’ils s’attaquèrent à ce marché. GM possédait aussi une partie de Lotus, ce qui a une importance pour la suite de l’article. 

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General Motors donc, qui ne pouvait pas se résoudre à voir ses petits copains mangeurs de sushis se tirer des croupières dans les rues sans participer à la fête, piocha dans la banque d’organe et les ressources de la maison pour donner vie à ce nouveau coupé. La plateforme est commune avec les cousines Chevrolet Sprint et Geo Storm. Quant au moteur, GM donna carte blanche aux ingénieurs d’Isuzu pour en concevoir un tout nouveau tout beau pour équiper cette petite bombinette. Sachant que l’activité principale d’Isuzu à la base est quand même la conception de moteurs, les risques étaient donc limités.

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Et c’est la que Lotus entre en scène. Qui mieux que la marque Anglaise pour mettre au point un moteur et des trains roulants d’un petit coupé sportif ?! Alors ? Qui mieux ? Et bien personne ! C’est donc un petit 4 cylindres 1.6 Turballe de 160cv qui prit place sous le capot de la petite Jap’ d’environ 1200kg, c’est dans la moyenne de ce qui se faisait à cette époque. Avec en plus 4 roues motrices, y’a de quoi s’amuser. Elle aurait même pu venir jouer en Europe face à nos GTI ! D’ailleurs c’est ce moteur, couplé à sa boite 5 qui équipera la Lotus Elan M100. Et la boucle est bouclée.

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Le design est confié au Japonais Shiro Nakamura, qui comme son nom ne l’indique pas, est designer chez GM à l’époque. Il imagina quelque chose d’un peu plus agressif que les Isuzu 117 et Isuzu Piazza (qui avait été quand même été dessinée par Giugiaro !) dont elle est la descendante directe. 

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Au final, l’Isuzu Impulse… Ou Piazza, ou Gemini, ou PA-Nero, ou Asüna Sunfire, enfin appelez la comme vous voulez selon le pays ou vous habitez, est une petite caisse sympatoche, maniable, amusante, et qui serait directement tombée dans la case youngtimers si elle avait été commercialisée en Europe. Certainement pas la meilleure de toutes, mais elle a certains atouts qui en font une caisse attachante, et finalement on ne lui en demande pas plus…Isuzu Impulse RS - Coupé Anglo-Japo-Américain ! 36

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