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Si le coupé Corrado VR6 fait partie des engins que vous rêvez de pouvoir admirer dans votre garage, j’vous conseille quand même de ne pas trainer pour passer du rêve à la réalité. Le coupé teuton fait partie de ces young’ qui ont vu leur côte exploser, victime d’une hystérie spéculative collective. ‘fin bon, dans tous les cas, l’important c’est surtout de savoir si vous aimez le bleu !

Ah le coupé Corrado ! N’en déplaise aux aficionados de Wolfsburg, mais ça reste quand même un bel échec commercial pour VW… Ah si, 7 ans de carrière pour 97 500 exemplaires produits (toutes versions confondues) on appelle ça un échec. Comparé aux chiffres des ventes des Scirocco (795 000 pour les deux premières générations et plus d’1 million pour le coupé des années 2000), ça pique ! Même Porsche, quelques années avant, avait vendu plus de 914 ou de 924… on comprend pourquoi chez VW on essaye un peu d’oublier le Corrado.

Pourtant la recette était plutôt séduisante. Un coupé dans le plus style german, comprenenz par là sans trop de fioriture… du sérieux quoi ! Offrant qualité, fiabilité et sportivité, avec une offre moteur plutôt variée. Les fans de la marque ne pouvaient qu’être comblés. Donc logiquement, tous les voyants étaient au vert. Sauf que chez VW, on a dû abuser de la choucroute et de la Jäger’ et forcément, ça s’est mal terminé pour s’enflammer avec un prix juste délirant.

En France, à sa sortie en 88, le Corrado s’affiche uniquement avec le G60 et un équipement complet, proposant même un aileron arrière qui se déploie électriquement à partir de 120 km/h. Sauf que le prix d’entrée est de 200.000 Frs (30.000 €). Ca calme… et la mayonnaise ne prend pas. Rapidement, VW revoit sa copie en y greffant le 1.8 l 16s histoire de baisser le tarif. Mais le mal est fait… les ventes ne décollent pas vraiment.

En 92 VW revoit sa stratégie… le 1.8 l 16s est remplacé par un 2.0 l 16s plus moderne, de même puissance mais un chouill’ plus coupleux. Le G60 est abandonné, remplacé par le VR6 qui débarque sous le capot du coupé. Enfin l’année suivante, c’est le 2.0 l 8s de 115 ch qui fait office d’entrée de gamme. Mais il faut croire que même chez VW, on y croit plus des masses. A tel point qu’en 95, elle quitte la scène sans que personne s’en rende compte !

Faut dire qu’à l’époque, ce ne sont pas les coupés qui manquaient sur le marché. De l’Alfa GTV à la BMW série 3, en passant par Mercedes, Audi, Ford (Probe) ou Opel (Calibra), même les constructeurs japonais, Toyota Celica, Honda Prelude, Nissan 100 NX et 200 SX ou encore Mazda MX3 V6 ou MX6… le choix était varié.

Ajoutez à cela l’âge d’or du tuning à la fin des 90’s, début 2000, et vous comprendrez que le Corrado est devenu rare à trouver. Pourtant, avec le temps, le coupé VW a fini par gagner ses lettres de noblesse pour voir une demande dépasser l’offre.

Et c’coup ci, aller le chercher de l’autre côté de l’Atlantique, ne vous aidera pas forcément. En effet, là bas, le Corrado VR6 devenait SLC (Sports Luxury Coupé) et troquait dans la traversée, son 2861 cm3 de 190 ch pour un 2792 cm3 de 174 ch, celui qui équipait la Golf VR6 européenne en fait…!

C’est l’une d’entre elle qui m’a tapé dans l’oeil… enfin surtout sa couleur ! Malgré les apparences, le coupé n’a pas de kit complet, juste un pare choc arrière qui remplace celui d’origine. Pour les dernières modifs esthétiques, il a juste été lissé, débarrassé de quelques organes comme les clignos ou les logos, avant de recevoir cette « discrète » robe light blue et des feux arrière fumés.

Pour le reste, comptez un jeu de ressorts courts Neuspeed, des indémodables Borbet Cup en 17″, peintes en gris. Tout est resté dans le look. Le bloc n’a reçu qu’une ligne libérée qui débouche sur une double sortie centrale. Quant à l’habitacle, la sellerie en le cuir noir faisait largement le job. La seule modif’ vient de l’apparition de deux manos au pied de la console centrale.

Finalement, vous vous dites que ce Corrado n’a pas grand chose à proposer… en dehors de sa gueule et de ses jantes. Du classique en somme, c’est propre, rabaissé et chaussé. Comme quoi, plus c’est sobre, plus ça marche et comme on le répète souvent, pas besoin d’en faire des tonnes. Enfin… toujours à partir du moment où vous aimez le bleu !

© Automotiv via BaT