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Le coupé Isuzu Piazza, c’est le genre de caisse que personne ne connait. Elle est même dans Gran Turismo… mais tu ne l’achètes pas, et si tu la gagnes, c’est pour le revendre quasiment aussitôt. Ouais, le Piazza c’est un engin anonyme, mais pourtant original et pas dénué d’intérêt… à partir du moment où tu t’y intéresses un peu et que tu te rends compte que c’est une propu !

A la base Isuzu était un constructeur japonais de… navires, mais rapidement, la marque se spécialise dans les engins agricoles et les utilitaires mais aussi les tondeuses à gazon, les chariots élévateurs, les micro-ondes, les bateaux et… les moteurs diesel. C’est à partir de 53 qu’elle va ajouter les voitures à sa longue liste… d’abord en assemblant des Hillman Minx sous licence puis, à partir de 61 en rajoutant sa propre voiture au catalogue, la Bellel, une berline compacte aussi banale qu’amorphe ! Tout pour devenir une marque populaire…

D’autant plus qu’à partir de 63, Isuzu remplace la Minx avec une deuxième voiture qui vient compléter la gamme, la Bellett. Ca commence à devenir intéressant puis c’est avec elle que la marque va se tenter au sport. En avril 64, le coupé Bellett GT fait son apparition avec 90 ch sous le capot. Ok, rien d’extraordinaire, mais ce n’est que le début. La GT va progressivement gagner du muscle, grimper jusqu’à 110 ch avant de devenir GTR en 69. Sous le capot on retrouve le 4 cylindres 1.6 l DOHC de 120 ch qui fait également le bonheur du coupé 117 depuis l’année précédente.

Et là vous vous dites le gars il nous fait v’nir pour une Piazza et il nous vend ses frangines ! Un passage obligé puisqu’à un moment il a bien fallu remplacer le coupé 117. Dès 78 Isuzu commence déjà à réfléchir à sa succession. La marque veut taper un gros coup, aussi bien techniquement qu’esthétiquement. Pour cela ils vont aller en Italie et demander à Italdesign (Dirigé par Giorgetto Giugiaro) de se charger de tracer les lignes du futur coupé (il était déjà à l’origine de celles du 117).

L’étude va être dévoilée en 79 au salon de Tokyo sous forme de concept car et appelé Asso di Fiori (As de trèfle). Il va rencontrer un tel succès que la marque va alors développer celle qui deviendra la Piazza en prenant soin de n’apporter un minimum de modifications au dessin originel avec son avant affuté équipé de pop-up et son cul bombu !

En septembre 1980, la première Piazza tombe des lignes de production. Sous le capot, on y retrouve le 4 cylindres 2.0 l de 120 ch repris du 117 et un autre à culasse 16 soupapes de 135 ch. A partir de 83 le coupé sort enfin de l’archipel pour tenter d’envahir le sol américain sous le nom d’Isuzu Impulse. A partir de là les versions et évolutions vont s’enchainer avec, tout en haut de la gamme, une version Turbo de 180 ch, réservée au marché japonais. Pour les autres pays, la Piazza doit se contenter d’un 2.0 l atmo de 90 ch (qui sera remplacé par un 2.3 l de 110 ch à partir de 88) ou de 150 ch (140 aux USA) une fois turbalisé.

En 87, Isuzu trouve un importateur sur le sol anglais. Le temps que le stock soit embarqué sur un bateau en direction de l’Angleterre, une Piazza y est envoyée par avion afin qu’une journée soit organisée pour les journalistes. Mais voilà, le châssis ne suit pas et le coupé japonais va se faire flinguer par la presse spécialisée. Pourtant, au Japon, il était possible de cocher l’option « Châssis Irmscher » mais l’importateur a préféré s’en passer… Quoiqu’il en soit, s’il ne veut pas l’histoire devienne un sombre naufrage financier, il lui faut rectifier le tir. Du coup, une fois les Piazza débarquées, elles vont toutes prendre la direction des usines Lotus où les ingénieurs anglais vont apporter quelques modifications esthétiques (exit les pop-up) et revoir les suspensions. A partir de 88, les Piazza et Impulse vont afficher fièrement un badge Handling par Lotus. Pour la petite histoire, le partenariat entre Isuzu et Lotus se poursuivra sur sa remplaçante (même si elle abandonnera la propu pour la traction ou la transmission intégrale) et même sur l’Elan M100.

En 90, après seulement 13000 voitures produites, la Piazza laisse la place à une nouvelle génération. Malgré sa robe italienne, ses dessous anglais et son bloc turbalisé, on ne peut pas dire que le succès ait été au rendez vous.  Il n’empêche que ça valait quand même la peine de vous la présenter… d’autant plus en trouvant le shooting de cette rare Nero XE de 88 équipée du 2.0 l turbo de 140 ch, qui représente le summum de la gamme. Ca n’enlève rien le côté full de la XE, avec sa robe Nero, son aileron, ses BBS en 15″, ses sièges baquets, son tableau de bord tellement 80’s, sa sono Technics Dolby avec équalizer intégré, ses 202 km/h maxi et son 0 à 100 en 8,6. Et promis, si je vous trouve une des rares 180 ch japonaises, elle viendra poser ses roues sur DLEDMV…

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