Vous connaissiez Ottorino Bianco ? Eh bien ça tombe bien, car moi non plus ! Je n’avais jamais entendu parler ni de Toni Bianco (C’est comme ça qu’il se faisait appeler), ni de ses voitures. En même temps, il s’est fait un nom de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil. Et de ce nom, il en a fait une voiture, le coupé Bianco S… Du coup, exceptionnellement, il nous a fallu chercher le cousin brésilien de Père Motor… Motor Pai, c’est presque le même, sauf qu’il danse la samba et qu’il vit au bois de Boulogne !

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Commençons par le commencement… Toni Bianco. Né dans la province de Venise en Italie, il émigre au Brésil au début des années 50. Installé à Sao Paulo, il commence par bosser dans une banque, puis devient ouvrier et construit des maisons en bois avant de rejoindre un atelier où il va apprendre la mécanique auto. Puis rapidement, il part bosser pour les frères Losacco, un garage impliqué dans la course auto brésilienne. Il découvre la conception des châssis, le développement d’une voiture et devient ami avec le pilote Chico Landi qui coure alors pour Alfa Romeo, Ferrari et Maserati.


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En 1955, il participe au développement de la voiture du pilote Celso Lara Barberis et l’année suivante, dirige la construction de la monoplace de Ciro Cayres. Quatre ans plus tard, il devient directeur technique pour l’Escuderia Tubularte et conçoit la monoplace F3, qui sera utilisée pour la première Formule Junior brésilienne, équipée d’un moteur Porsche et de trains roulants VW. En 62, avec son ami Chico Landi, ils développent le 1er moteur brésilien qui sera monté dans les monoplaces. Quelques années plus tard, il rachète une concession Ford et commence à vendre des Corcel (Des Ford fabriquées sous licence au Brésil, et qui reprenaient des châssis et moteurs de Renault 12) qu’il modifie et prépare.

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En 70, il passe aux choses sérieuses et créée sa propre structure, la Fúria Auto Esporte Ltda, appelée plus communément Camionauto, avec laquelle il va concevoir, assembler et commercialiser sa propre voiture, la Furia GT, exclusivement réservée à la course. Les Furia se font rapidement remarquées en remportant plusieurs courses nationales. A tel point qu’à la fin de l’année 1971, Bianco est approché par la FNM, la Fábrica Nacional de Motores, qui appartient à Alfa Romeo.

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La marque italienne propose à Toni Bianco de motoriser sa sportive Furia qui reçoit alors le Biscione sur la calandre, mais aussi de développer un coupé 2+2 qui serait badgé Alfa et produit en série pour le marché sud américain. En 1972, au salon de l’automobile du Brésil, tous les visiteurs découvrent la FNM Alfa Romeo Furia GT. Le public est conquis, mais Camionauto n’assemblera que quelques prototypes avant que Bianco n’abandonne subitement le projet afin de se consacrer exclusivement à la compétition.

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En 1976, au salon de Sao Paulo, Toni présente un version route de sa Furia, la Bianco S. La carrosserie est en plastique renforcé avec de la fibre de verre. Le châssis, les trains roulants et l’ensemble moteur / boite viennent de la VW Fusca (Cox au brésil). Le gazier est un Flat 4 aircooled 1.6 l alimenté par deux carbus et accompagné d’une boite 4 manuelle. Il envoie 65 ch sur les roues arrière. Pas de quoi s’exciter, puisque la voiture plafonne à 146 km/h après avoir tombé le 0 à 100 en 17,7 secondes ! Sauf qu’à l’intérieur, on retrouve des vitres élec, des baquets avec sellerie cuir, moquette épaisse, pommeau et volant bois, autoradio… Ca rattrape un peu le manque de perf’ !

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La Bianco S fut un véritable succès… L’usine assemblait 20 voitures par mois. En 78 elle devient Bianco SS et espère séduire d’autres marché puisqu’elle est présentée au salon de New York. Emporté dans son élan, Bianco présente même une nouvelle voiture, la Tarpan, un autre coupé 2 places motorisé par le 4 cylindres de la Passat (96 ch) et qui reprend un peu les lignes de la Puma GT. Il est destiné à l’exportation.

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Mis à part qu’un désaccord entre les associés va, une fois encore, tout arrêter. En 1979, Toni Bianco stoppe tout pendant que le projet Tarpan est racheté par Tarpan Indústria e Comércio de Fiberglass qui va alors se charger de l’assembler et de la commercialiser jusqu’en 1983…

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En 78, Toni reviendra avec une réplique de la Fiat X1/9, la Dart F1.3 commercialisée par Corona. En 83, il conçoit la première mini fourgonnette brésilienne, la Grancar Futura. Depuis deux ans, alors qu’il vient de fêter ses 84 ans, il propose la Bruna, une sportive, réplique de la Bugatti Veyron. Cette propulsion est basée sur un châssis tubulaire avec suspensions compet’, et emprunte un 2.0l Hyundai, passé en position centrale arrière. A croire que rien n’arrête Toni Bianco !

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