À l’aube des années 90, Peugeot est en quête d’un nouveau challenge sportif. Sous la houlette de Jean Todt et André de Cortanze, les troupes du Lion sortent d’une décennie de succès avec les mythiques 205 et 405 T16. WRC, Pike’s Peak, Paris-Dakar… Les monstres Sochaliens ont vaincu partout où ils étaient engagés. Décision est prise d’attaquer un Everest Automobile : les 24h du Mans !

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Everest… Non, le terme n’est pas exagéré !  La classique Sarthoise est déjà considérée en temps normal comme l’une des plus dures du monde, mais à cette époque elle l’est encore plus. En effet, le plateau est digne de l’UFC tellement il est violent ! Mercedes, Porsche, Jaguar, Toyota ou encore Mazda et son quadri-rotor hurlant s’affrontent à un niveau de perfs incroyable !

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Pari risqué pour Peugeot… Auréolé de ses succès des 80’s, le constructeur Français peut transformer l’essai ou se vautrer lamentablement. D’autant que la marque a beau être l’une des plus anciennes au monde, curieusement on ne l’a jamais trop vue du coté du 7-2… Enfin si, son V6 PRV a fait les beaux jours de nombreux artisans Français, WM notamment, mais jamais impliquée officiellement comme constructeur.

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Mais à Vélizy on est pas franchement connus pour la jouer petits bras… D’autant plus que le défi revêt une dimension patriotique, puisqu’aucune voiture Française ne s’est imposée au Mans depuis Rondeau en 1980 ! Ça commence à être lassant de se faire poutrer sur nos terres, et l’équipe Peugeot Sport va tout faire pour y remédier.

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Ainsi naît la 905, sa mission est claire : vaincre ou mourir ! Mais elle part à la guerre solidement enfouraillée. Premièrement, son châssis est absolument révolutionnaire pour l’époque… Développé avec Dassault Aviation, il est entièrement en fibre de carbone. En découle une aérodynamique extrêmement poussée, qui tranche radicalement avec les protos de la concurrence.

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Deuxièmement, un si bel écrin se devait de renfermer un bijou… Et Peugeot n’a pas mégoté, vous n’aviez quand même pas cru qu’ils allaient nous resservir une Xème config du PRV ? Non, c’est bel et bien une mécanique inédite qui prend place au cœur de la bête. Un magnifique V10 de 3.5 litres qui développe pas moins de 650 chevaux à 11500 tr/min, limite un moulin de F1 le bouilleur !

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Et il n’y a pas que le moteur qui fleure bon la F1, puisque sa suspension et surtout son freinage carbone s’en inspirent beaucoup aussi ! Peugeot a réuni la crème du High-Tech hexagonal dans une bête de 780 kg et à peine un mètre de haut… Un vrai monstre au rapport poids/puissance démoniaque !

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Avec des specs pareilles, la Lionne va tout atomiser. Et bien… Non ! Pour tout dire, la saison 90 est un pétard mouillé tant la fiabilité est aléatoire. Pire encore, elle est lente : elle se prend environ 3 secondes au tour par les Sauber et les Jaguar, c’est énorme ! Pas de panique, c’est une saison de rodage et le duo Todt / De Cortanze maitrise la situation…

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Refondue à l’intersaison, la 905 Evo1 attaque la saison 91 d’humeur revancharde. Et ça commence à payer avec une première victoire au 10 Heures de Suzuka. Malheureusement la fiabilité demeure perfectible et Le Mans 91 se solde par un double abandon. Néanmoins, la Peugeot signe deux doublés sur les deux dernières courses de la saison.

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1992 sera l’année de la consécration pour la 905 : l’équipage Dalmas / Warwick / Blundell remporte les 24 Heures du Mans. Mieux encore, Peugeot Sport écrase la concurrence sur les 4 dernières courses de la saison : pôle et victoire à chaque fois ! Logiquement, le constructeur Sochalien s’adjuge le titre en fin de saison.

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Mission accomplie donc, mais malgré la disparition du Championnat FIA, Peugeot s’offrira un baroud d’honneur au Mans l’année suivante. Et la belle lionne tira sa révérence avec panache, puisqu’elle signera un triplé aux 24h 1993 !

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