Que les américains aient la fâcheuse habitude de coller un V8 à tout ce qui a des roues, ce n’est pas un scoop. Mais parmi eux, il y en a un encore plus chtarbé que les autres. Gordon Tronson… un fou furieux qui trouve qu’un seul V8, c’est pas assez ! Alors parfois, il en met deux, comme ici dans sa GT SSC (Gordon Tronson Super Super Car)…

GT SSC : La Super Super Car avec deux V8 pour 1300 ch ! 1

Et le pire, c’est que ce n’est pas la première fois que Gordon Tronson fait parler de lui et de sa greffe de deux V8. Il y a quelques années, il s’en prenait à une Ford T Roadster de 1927 pour en faire un Hot Rod animé par deux V8 de 4.6 l, shootés aux compresseurs… quatre pour être précis, un par banc de cylindres ! Au final ce rod baptisé pour l’occasion “Double Trouble” envoyait 1200 ch sur ses roues arrière.

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Alors qu’on pensait que cette expérience mécanique avait servi de thérapie pour Gordon, il va montrer à tout le monde que le mal était bien plus profond que ce qu’on le pensait. Mais aussi plus grave ! L’engin qui défile sous vos yeux est juste délirant et porte le nom de GT SSC pour Gordon Tronson Super Super Car… manifestement Gordon est plus inspiré par la technique que par le fait de trouver un nom ! Mais peu importe, il aurait pu l’appeler Salade de pois chiche, qu’elle aurait été toujours aussi impressionnante et délirante !


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Le projet ne date pas d’hier. Il a vu le jour en 2001 alors que Gordon qui s’emmerdait, décida de passer le temps en découpant une Corvette C5. Il récupère les trains roulants, les suspensions et le cockpit avant de se demander c’qu’il peut bien faire avec tout ça. Sa femme ayant refusé qu’il s’en serve pour refaire la déco du salon, il a donc fallu qu’il parte sur autre chose. C’est à ce moment là qu’il a eu l’idée de la SSC… et après avoir passé une grosse commande chez Mister Auto, il s’est enfermé dans son atelier et a laissé divaguer son imagination, son talent, mais surtout sa disqueuse et son poste à souder !


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A la cellule centrale de la Corvette, il va greffer deux treillis tubulaires. Un à l’avant où il va y adapter les trains roulants, la suspension et le freinage de la C5, et un autre à l’arrière pour y loger là aussi les trains roulants et suspensions, mais également le pont, la boite et les moteurs… Oui “les”, car ça ne va pas être un mais deux V8 LT4 dopés par des compresseurs pour développer 650 ch chacun… fois deux… soit 1300 ch et 1762 Nm de couple (!!!!) qui déboulent sur des gommards en 345/35-18…

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Même si Gordon a voulu créer une supercar, la base technique est plus dans l’esprit Hot Rod. Notamment à l’arrière, car il a bien fallu faire rentrer les deux blocs longitudinaux, en position centrale arrière. Je vous passerais les détails pour synchroniser les deux bébés et adapter les sorties de vilo’ avec deux poulies qui en entrainent une centrale, raccordée à la boitoto intégrée au pont. Compliqué, mais ça fonctionne et ça fait le taff.

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Physiquement, ça donne une ligne assez caricaturale… Les structures tubulaires avant et arrière sont habillées d’une coque en polyester. On reconnait la cellule centrale de la Corvette C5. Par contre l’avant est plutôt banal (un paquet de Pépitos à celui qui reconnait les phares) alors qu’à l’arrière, c’est la fête du slip ! Les hanches ont de quoi rendre jalouse une Nicki Minaj en grande forme ! Au delà des deux V8 côte à côte, chaque aile reçoit de quoi alimenter les radiateurs en air frais. Pensez bien que sous le capot en fibre, doit y voir de la calorie à revendre. D’où les entrées et évacuations d’air XXL. Notez aussi l’aileron… ça peut servir.

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Je suis toujours admiratif devant ces illuminés, inventeurs géniaux aux délires aussi extravagants que leur imagination. Quand tu vois le temps et le pognon qu’a couté le développement d’une Bugatti Veyron et son W16 quadriturbo de 1001 ch, tu sais que même avec 1300 ch, c’est loin du compte. C’est du 100% artisanal. Mais les gars comme Gordon Tronson, qui se la jouent genre Docteur Frankenstein dans leur garage, c’est une putain de bouffée d’oxygène. Oui ça sert à rien, oui ça doit être dangereux et aussi efficace qu’un caddie, oui ça doit grincer de partout et se tordre à la première contrainte. Mais le gars il y croit, il se sort les doigts et il l’a fait. Et rien que ça, ça mérite le respect… d’autant plus qu’à mon avis, il n’est pas prêt de s’arrêter !

© Gordon Tronson via AMSOIL / Vidéo via Hammer Grafix