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Des Porsche 911 tapées dans tous les coins, on vous en a présentées une bon paquet. Eh bien c’est pas fini… on en a encore en stock. Comme cette grenouille née 964 Carrera 2 et qui après avoir passé une vie tranquille sous le soleil californien, s’est retrouvée complètement shootée pour passer en mode Time Attack ! Attention, ça va saigner…

A la base la 964 Carrera 2, vue depuis notre époque, c’est devenue une sorte de grosse GTi, de celle qu’on s’offre à l’achat d’une voiture d’occasion lorsqu’on veut se faire plaisir ! Attendez, aujourd’hui une 911 « de base » elle les perfs et l’efficacité d’une 993 Biturbo ! N’en déplaise aux aficionados du aircooled turbalisé, mais une 992 Carrera PDK, ça bouffe le 0 à 100 en 3,9 secondes avant de filer shooter le 400 m en 12,1 et le kilomètre en 22,3 pour finir par filer à un bon 293 en Vmax. Il y un peu moins de 30 ans, sa Majesté 993 Biturbo, l’une des 911 les plus désirables de la famille, revendiquait exactement les mêmes chronos, à quelques dixièmes près… et encore, à l’avantage de la moderne ! Si c’est pas malheureux, y’a plus de respect !

Bon heureusement, pour remettre les pendules à l’heures, il reste la case « préparateur ». un p’tit Stage 2 et tout rentre dans l’ordre. Et là aussi, on vous en a présenté à la pelle. Des backdatées, des coursifiées, des RSR Biturbo outlaw, des MCG, des Ruf et même une replica échappée du championnat IROC de 73 ! Bref, ce que j’veux dire par là, c’est que de la 911 sur DLEDMV, on vous en a parlé à quasiment toutes les sauces… et vu que c’est l’une des bases favorites des préparateurs, l’histoire est loin de s’arrêter.

Mais… une Porsche 911 en mode Time Attack, à part celle préparée par Akira qui avait déjà posé ses roues sur DLEDMV, c’est déjà plus rare. Surtout que celle qui arrive, a pris cher ! C’est en 2016 que cette 946 Carrera 2 s’est retrouvée entièrement mise à nue. Déshabillée jusqu’au dernier boulon.

Pour reprendre sa reconstruction dans l’ordre, commençons par la carrosserie qui s’est vue renforcée et équipée d’un pare-choc avant de RS et des ailes arrière en acier d’une RSR. Le toit ouvrant a été rebouché et un aileron de type ducktail s’est retrouvé sur le capot arrière, surplombé d’une aile XXL en carbone empruntée à une GT3. Dans le case détails, notez les rétro Cup et les cache phares avant qu’une robe blanche vienne recouvrir l’ensemble. En guise de peintures de guerre, on retrouve les couleurs du Martini Racing sur le capot avant ainsi que sur les flancs.

Esthétiquement, y’a pas à dire, ça claque. D’autant plus que les ailes sont parfaitement remplies par un jeu de Fiske FM/5 en 17″ chaussées en slicks Hoosier A7 de 245/40 et 295/35. En parlant du châssis tout a été passé en mode racing. Suspensions Motion Control avec reservoir d’huile déporté, réglables en 3D et montés avec des platines réglables. Les triangles viennent de chez ERP, tous les silent blocks sont en polyuréthane et les barres stab’ réglables ont été empruntées à une 964 Carrera RS. La direction vient d’une 997 GT3 Cup. Pour finir, le freinage est composé d’étriers Brembo qui mordent des disques AP Racing via des plaquettes Cobalt… on peut pas faire plus varié !

Dans l’habitacle, vous pensez bien qu’il ne reste plus que l’essentiel. Une fois l’arceau passé, le pilote s’installe dans des baquets OMP HTE-R, maintenu par des harnais Schroth. Sur sa droite, le levier de vitesses Rothsport, devant, un Volant Momo, les compteurs, un Smartcam AIM avec acquisition de données et en dessous, le pédalier réglable est signé Tilton. Juste au cas où, un coupe circuit et un extincteur automatique.

Sous le capot, le Flat 6 est toujours en aircooled… sauf qu’il a été revu de fond en comble par l’équipe de Rothsport Road and Race. Il est stroké à 4.0 l avec un nouvel ensemble mobile forgé. Les culasses sont préparées et reçoivent de nouveaux arbres à cames compet’. La gestion a été revue par Motec alors que l’admission est signée Rothsport, tout comme le collecteur inox qui débouche sur une ligne GT3 de chez Dundon Motorsports. L’allumage, l’injection, le faisceau, l’équilibrage, rien n’a été laissé au hasard avant d’être associé à un ensemble boite / pont G50 RSA avec rapports courts embrayage Tilton, volant moteur allégé AASCO et différentiel à glissement limité.

Allez, au final, l’engin revendique 439 ch perchés à 7300 trs (coupure à 8200) et 458 Nm pour 1100 kg. Entièrement tournée vers l’efficacité et la chasse au chrono, notre grenouille allemande s’aligne en SCCA et NASA Time Trials où elle rafle régulièrement les victoires de catégorie.

© Eddie Nakato