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Une supercar chez VW… certains y ont rêvé et en rêvent encore. Car si la marque sait dévergonder ses modèles, de là à proposer une supercar, faut pas déconner non plus. Et pourtant, dans les 90’s, la mégalomanie d’un seul homme va donner naissance à la VW W12, un concept car aussi délirant qui rapide et abouti… et en plus, on est passé à deux doigts qu’il finisse en concession !

Et ils n’y sont pas allés… quel dommage. Inutile de chercher, cette W12, vous ne la trouverez pas dans la liste des volkswagen occasion et à l’époque où les constructeurs n’ont plus le choix que de passer leur gamme du véhicule thermique au véhicule electrique, on se dit que ce genre d’initiative chez un généraliste ne risque plus d’arriver. Ah faut arrêter de rêver… l’électrique on va se le prendre en daily. La machine est en route… faut savoir qu’aujourd’hui aucun moteur thermique n’est en mesure de passer la Norme Euro 7 qui va entrer en vigueur en 2025… une manière détournée de la part des institutions européennes de « laisser le choix aux constructeurs » tout en les orientant vers le passage à l’électrique. La solution est simple, pour rester en thermique, nos mécaniques devront faire plus qu’évoluer… elles devront se renouveler par de nouvelles technologies ou avec un carburant de synthèse à rejets neutres. En attendant faites vos jeux, il vous reste 3 ans !

Du coup, on se dit que le meilleur avenir de la passion, c’est la collection… le passé au secours du futur.  On comprend alors l’importance des caisses comme la VW W12, même s’il ne s’agit que d’un concept… mais quel concept !

En 97, Ferdinand Piëch, le big boss de VW, demande à Giorgetto Giugiaro (Ital Design) de lui imaginer une sportive afin d’y greffer le W12 maison accompagné de la transmission 4Motion. L’objectif est de promouvoir ce nouveau bloc composé de 4 bancs de 3 cylindres (Deux VR6). Ce W12 n’est pas une nouveauté en soi puisqu’il équipait déjà le concept Audi Avus Quattro dévoilé en…91 mais je vous en parlerai dans un futur article. Mais depuis, VAG n’avait pas osé franchir le pas pour en équiper ses voitures. La VW W12 va donc devoir rafraichir la mémoire des aficionados mais aussi officialiser son entré en production à partir de 2001 afin d’équiper les modèles sportifs et haut de gamme de chez VAG.

A la fin de l’année 97, au Tokyo Motor Show, alors que Toyota ouvre la voix des hybrides avec sa Prius, et que Mercedes présente un concept ultra luxueux badgé Maybach, tout le monde a les yeux tournés vers VW où est exposée le concept W12 Syncro tout de jaune vêtu, une supercar basse (1m10), large (2m), longue (4m55), affutée, mais au dessin et aux courbes finalement très logiques et simples. Une face avant est faite pour percer l’air, une bulle sert de cockpit et l’arrière mise autant pour l’appui que pour la trainée. Contrairement à beaucoup de supercar, la ligne n’est pas torturée, hyper aérée, voire caricaturale comme échappée d’un circuit. Ital Design a su se passer d’aileron ou du moins d’excroissance disgracieuse puisqu’un ducktail se déploie automatiquement une fois que le missile dépasse les 120 km/h. Au final l’imposante W12 est simplement séduisante. Techniquement, elle embarque bien entendu, en position centrale arrière, le W12 de 5,6 l associé à une boite séquentielle 6 rapports et la transmission intégrale Synchro 4wd.

La châssis n’a rien à envier à un proto de compétition… structure tubulaire à fond plat qui débouche sur un tunnel qui fait office de diffuseur. Ajoutez y la double triangulation, les combinés à plat réglables, le freinage Brembo avec disques de 318 mm, les jantes magnesium en 19″ chaussées en 255/35 et 275/40, une répartition des masses idéale de 50/50 et l’empattement de 2m63 et vous obtiendrez une efficacité et une stabilité sans faille. La voiture embarque l’ESP, un traction control TCS et un blocage de différentiel électronique EDL qui agit aussi bien sur les freins que sur la gestion du moteur. En tout cas, pour une « simple » concept, la W12 n’a pas été faire à moitié.

Dans l’habitacle, les fidèles de la marque ne sont pas dépaysés. On reconnait la touche VW, avec une ambiance esthétique plus Polo que supercar ! Pourtant la marque y a mis le paquet avec du carbone, du cuir, de l’alcantara, de l’alu poli, un volant à méplat, le GPS et un équipement digne d’une berline luxueuse.

L’année suivante, VW passe la deuxième couche au salon de Genève. La W12 y pose ses roues et pour l’occasion, elle a perdu la tête pour devenir un magnifique roadster. Techniquement, elle reçoit quelques changement. Les voies ont été un chouill’ élargies, mais surtout, la transmission intégrale est abandonnée au profit d’une propulsion plus traditionnelle. C’est aussi le moment choisi par Ferdinand Piëch pour annoncer une production limitée à 200 coupés et 100 roadsters… puis plus rien !

Mais alors que la W12 disparait des écrans radars, elle fait un come back remarqué en 2001 au salon de Tokyo. Chez VW, on semble s’être lâché sérieusement. La W12 se pare d’orange, reçoit quelques modifications esthétiques et devient Nardo. Son W12 passe à 6,0 l pour sortir 600 ch et 621 Nm de couple. VW annonce pour la première fois d’autres chiffres officiels, dont le poids de 1200 kg et des chronos qui calment tout le monde avec le 0 à 100 en 3,5 secondes et une Vmax de 357 km/h. Contrairement au roadster, le missile a retrouvé sa transmission intégrale.

Mais là vous vous dites pourquoi Nardo ? Eh bien parce que la marque a décidé de tenter le drop en menant sa surpercar sur le célèbre circuit d’essai italien. Le 23 février 2002, une W12 Nardo noire mat et modifiée pour l’occasion (suspension, aéro revue, intérieur vidé…) va se lancer sur l’anneau de 12,4 km pendant 24h. Un périple de 7 740,576 km soit une vitesse moyenne de 322,891 km/h, raflant ainis le record du monde. 

En interne, VW va même aller jusqu’à lui greffer un W16. Le proto ne sera jamais dévoilé, mais il annonce déjà les prémices d’une certaine Bugatti Veyron. Quant à notre sculpturale W12, malgré l’annonce de Ferdinand Piëch à Genève, qu’elle soit Syncro, Roadster ou Nardi, elle ne franchira jamais l’étape des salons et des projecteurs. Dommage, elle aurait eu sa place dans la famille des supercars… et le seul moyen aujourd’hui d’y poser ses fesses, c’est de façon virtuelle puisqu’on la croise régulièrement dans les jeux vidéos !

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