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Un Ferrari ça se doit d’avoir un V12. Point ! Sauf qu’Enzo en a un peu marre de voir ses voitures se faire chahuter par les Porsche et autres sportives exotiques… qui n’ont rien à voir avec ses purs sang italiens. Alors pour remettre les choses au clair, il va décider de lancer un gamme de sportives V6 et V8 auxquelles il va donner le nom de son regretté fils, Dino.

Après avoir commencé des études d’ingénieurs en Suisse, Alfredo Dino Ferrari finit par rejoindre Maranello où son père va le confier aux ingénieurs Franco Rocchi et Vittorio Jano afin qu’ils terminent sa formation. Le jeune homme va alors s’occuper du développement du V6 1.5 l full alu à double arbres et trois carbus Weber, capable de sortir 180 ch à 9000 trs, celui là même qui équipera la Formule 1 Ferrari 156, et la mènera au titre des constructeurs en 1961. Mais voilà, le jeune Dino de profitera jamais de cet exploit. Il disparait tragiquement en 1956 à seulement 24 ans, emporté par la maladie.

Pour lui rendre hommage, Enzo va alors décider de donner le nom de son fils à toutes les monoplaces et voitures de courses qui recevront un V6 et ce, dès 1957 avec la 156 F2 (15… pour 1.5 l et 6 pour V6). La famille Dino va alors s’agrandir au fur et à mesure que le V6 va gagner en cylindrée. 196 S, 296 S, 246 S, 206 S… pour le moment, les Dino ne sont développées que pour la compétition. Enfin, ça c’est que que tout le monde va croire jusqu’au salon de Paris en 65 où un concept car Dino est dévoilé sur le stand du constructeur. Compacte et racé, il va donner naissance à la Dino 206 GT, une berlinette à moteur central arrière, forte d’un V6 2.0 l dérivé de celui de la 206 S et habillée par Pininfarina.

La version définitive fait son apparition au salon de Turin en 67, aux côtés des Fiat Dino qui empruntent le même moteur. Toutes sont vêtues de jaune, la couleur affichée par la marque sur les circuits. La Dino 206 GT revendique 180 ch pour seulement 900 kg. Elle est capable de filer à 235 km/h avant d’avoir passé la barre des 100 km/h en 7,5 secondes, celle des 400 m en 16,5 et le kilomètre 28,2… en 67, ça calmait pas mal de sportives.

Après 150 voitures produites, Dino décide de faire évoluer sa sportive. Le V6 passe à 2.4 l pour 195 ch (on le retrouvera aussi sous le capot de la Stratos). L’esthétique ne change pas. Techniquement, l’empattement est légèrement rallongé de 60 mm, les porte à faux aussi et le poids se contente de ne prendre « que » 50 kg.

A l’arrivée, la Dino 246 GT est un vrai virus ! Son moteur est envoutant, nerveux et adepte de la zone rouge., capable de grimper à plus de 8000 trs. Au niveau du châssis, les ingénieurs n’y sont pas allés de main morte… roues à suspension indépendante avec ressorts et amortos Koni, barre antiroulis, jantes Cromodora en 14″ à écrou central chaussées en 205/70 et quatre freins à disques ventilés. Ajoutez y l’architecture centrale arrière pour une répartition des masses idéales et vous aurez une sportive jugée comme la meilleure Ferrari de sa génération… marrant pour une Dino !

Les perfs ont grapillé quelques dixièmes… mais c’est surtout le couple qui a pris du grade et permet à la 246 GT de reprendre comme une balle. La petite italienne mise aussi bien sur son physique que sur son caractère. N’oubliez qu’avant elle, Dino était spécialisé dans les voitures de course… un ADN qu’elle n’a pas bafoué.

En 70 l’italienne subit une première évolution, suivie d’une seconde l’année suivante (Pour trois générations, L, M et E). Des détails si ce n’est que la plus grosse modif ne se voit pas puisqu’elle perd sa caisse alu pour de l’acier. A partir de 72 devant le succès, Dino va enlever le toit de son best seller pour en faire la 246 GTS, qui est en fait un faux Spyder, mais un vrai targa.

Véritable sportive, développée comme une voiture de course, la Dino 246 GT finira par gagner la reconnaissance de Maranello. Un peu comme si Enzo avait d’abord voulu voir de quoi elle était capable avant d’y coller son nom… finalement, certains diront que bien que craintif, elle finira par le convaincre pour qu’il finisse par en faire une vraie Ferrari.

© DSFM2005 via BaT