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Chez Ford quand on a voulu rendre la Fiesta sportive, on s’est dit qu’il suffisait de mettre un peu plus de watts. Le châssis ? Bah, il pouvait encaisser… Du coup, elle a été transformée en engin de mort, idéal pour se tuer dès le premier virage venu ! La Fiesta s’est alors coltinée une image de serial killer. Et pourtant…

Souvent, quand tu dis Fiesta Mkk1, on te parle de son châssis totalement dépassé. Un pont arrière rigide sans barre antiroulis, associé à un train avant aussi dur que possible avec une direction très directe… voilà un cocktail détonnant. Dès que la route se mettait à tortiller et que le bitume oubliait le mode billard, l’avant commençait à chercher la route et peinait à passer les chevaux au bitume pendant que le cul s’amusait à danser la salsa.

Pourtant à sa sortie en 1972, la Fiesta va afficher 65 ch à tout casser… jusqu’en 1979 où la « sportive » 1.3 S va lui en offrir 10 de plus. Voilà, pas de quoi mettre le train avant en défaut. Le souci, c’est qu’au fur et à mesure que les concurrentes montaient en puissance, Ford a voulu suivre la cadence avec un base qui n’était pas prévue pour.

Et pourtant, une fois revue, la Fiesta savait se montrer… sympathique. Fallait juste être capable de passer au delà de son image de tromblon de la route qui ne plaidait pas en sa faveur. Mais pour tous ceux qui osaient y aller, au delà de la base, ils pouvaient piocher dans un catalogue de pièces à en rendre jalouse une Honda Civic !

C’est justement ce qui s’est passé sur cette Fiesta de 79, musclée et énervée. Enfin, ça c’est depuis 2019. Avant, elle n’était qu’une banale Fiesta blanche qui allait finir sa carrière au fond d’un terrain vague. Puis, il a fallu qu’elle tape dans l’oeil d’un amateur qui va alors lui offrir une 2nde vie.

Une fois mise à nue, la reconstruction va débuter. Au niveau du look, les ailes vont être élargies, une lèvre pousse à l’avant et la caisse reçoit des pare-chocs d’Opel peints en noir. La calandre vient d’un Chevrolet S10 et deux ailerons emménagent sur le hayon. Enfin, elle s’habille en orange.

La Fiesta est maintenant posée sur des Compomotive T300 chaussées en Federal Super Steel 565 185/60. Niveau freinage, la puce fait confiance à des disques percés, mordus par des étriers à l’avant alors que l’arrière est laissé en tambours. Une barre Panhard a été installée, toutes les bagues sont en polyuréthane et l’ensemble est maintenu par des amortos Spax avec ressorts Outlaw Motorsports qui permettent à l’anglaise de rouler 50 mm plus bas qu’à l’origine.

Entre les ailes avant, un 4 cylindres 1.6 l a trouvé sa place. Un Kent « Crossflow » strocké en 1.7 l, gavé par deux Weber 40, shooté par un arbre à cames plus pointu et équipé d’un allumage électronique et d’une ligne sur mesure. De quoi envoyer 125 ch aux roues avant via une boite 4 manuelle.

Pour les tenir, le « pilote » prend place dans des baquets Recaro. La sellerie a été refaite… vinyle noir, tissu tartan noir, gris et orange, et passe poil de la même couleur. Le duo noir / orange est repris sur le tableau de bord (avec quelques placage alu style) et le volant PRP. C’est sobre, clean et ça claque !

La Fiesta fait partie de ces oubliées… et malgré son image c’est une base originale, solide et qui vaut le coup. D’autant plus que chez Ford, on avait l’habitude de développer en tapant dans la base commune. Les blocs, les trains roulants, les boites… tout est quasiment interchangeable ou swapable en mode plug’n play. Pensez y pour votre futur projet…

© ctmandu via BaT