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‘Fin non, à la base, le S qui vient apporter un peu de piment au nom du coupé Volvo P1800 S, il veut dire Sverige (Suède). Ouais, ça calme ! Sauf qu’avec celui que j’vous ai trouvé, ce S, vous pouvez lui faire dire tout ce que vous voulez à partir du moment où ça sent le Sport et que c’est Saignant. A moins qu’il ne vous Scandalise. En tout cas, il va vous Scotcher !

Chez Volvo, au milieu des 50’s, on veut du sport… ou du moins on veut montrer qu’on sait faire autre chose que des capsules de survie dessinées à la tronçonneuse. Ainsi, en 1956, Volvo dévoile la P1900, inspirée de la Chevrolet Corvette, avec un châssis habillé d’une caisse de roadster en fibre et remué par le 4 cylindres 1.4 l de 70 ch emprunté à la PV. Malgré un poids qui a su rester sous la tonne, la P1900 va s’avérer être un retentissant vautrage en règle. La voiture est mal finie, la caisse est aussi rigide qu’une paire de chaussettes alors que l’étanchéité est digne d’une passoire ! Pour ne rien arranger, le prix est délirant… Le résultat est sans appel 44 voitures produites en 56 et pas moins de 23 en 57. Allez, on ferme et on passe à autre chose.

Alors que beaucoup auraient jeté l’éponge, chez Volvo, ils ont au moins eu le courage de revoir la copie afin de donner naissance en 1961, à la P1800, un coupé plus conventionnel affichant des lignes sportives et élégantes, un châssis sérieux et un 4 cylindres 1.8 l de 100 ch. L’élégant coupé P1800 ne cessera d’évoluer tout au long d’une carrière qui va durer jusqu’en 1973 pour se finir avec un peu plus de 130 ch sous le capot, et une carrière cinématographique puisque c’est lui qui servira de déplaçoir à un certain Simon Templar (joué par Roger Moore) alias Le Saint… et là j’me dis que tous les jeunes qui me lisent ne doivent même pas savoir de quoi je leur parle ! Il n’empêche qu’après la grosse cartouche P1900, la P1800 allait redonner le sourire à l’état major suédois avec un peu plus de 45600 voitures produites.

Celle qui vous chatouille la rétine, elle est tombée des chaines de production en 65. Une Volvo P1800 S… rien avoir une quelconque notion de sport, non. Ce S signifie Suède pour une simple raison. Avant elle, les P1800 étaient assemblées chez Jensen Motors en Grande Bretagne. Mais déçu par la qualité du taff, l’état major de Volvo va préférer rapatrier la production à Göteborg en Suède… d’où le S. C’est pas compliqué.

Sauf que le missile que je vous ai trouvé n’a plus grand chose à voir avec ce qu’il était en 65. Il a perdu ses dessous et ses entrailles. Une structure tubulaire avec une cellule centrale remplace maintenant le châssis. Les trains roulants sont à double triangulation, maintenus par des combinés réglables et le freinage est confié à des disques et étriers Wilwood (ils sont partout !).

A l’avant, le 4 cylindres 1.8 l a pris sa retraite pour être remplacé par un autre 4 pattes suédois, un 2.3 l shooté au turbo, passé en carter sec, préparé et libéré pour envoyer 300 ch aux roues arrières via une boite 5 manuelle Saenz Racing avec différentiel à glissement limité. L’habitacle est aussi spartiate qu’une chambre de moine ! Un baquet OMP pour le pilote, des harnais Sabelt, un gros compte tours AutoMeter, les quelques commutateurs, le volant en snap on et basta.

Finalement, seule la carrosserie a été conservée. Et encore, elle passe en ailes XXL, est débarrassée de tout c’qui ne sert à rien (phares, clignos, chromes, vitres latérales…) pour afficher tout juste une tonne avant de se vêtir d’un orange vitaminé et de recevoir un aileron fièrement dressé sur son coffre.

Oubliez l’élégance made in Ikea, place à la testostérone puisque l’engin s’aligne régulièrement au départ des courses historiques du CACC (Confederation of Autosport Car Clubs), l’équivalent canadien de notre FFSA en catégorie SPM et GTM.

© contreiras via BaT