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L’Audi RS2… Elle a bouleversé des codes bien établis qui disaient qu’un break, c’était fait pour se traîner dans un engin moche mais utile ! Ça, c’était avant que le break teuton vienne mettre le bordel avec sa gueule de méchante et son moteur de sportive ! Mais c’est quoi ce bordel ?!

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C’est aussi ce qui a fait qu’Audi est devenue Audi… La marque osait et ça marchait. En même temps fallait avoir des baloches pour prendre son break de grande diffusion, au physique pas vraiment sexy (Ha si, l’Audi 80, c’était sérieux, propre, mais de là à dire sexy…!), et en faire le modèle sportif de la marque.


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Bon, les stylistes lui ont rajouté des phares globuleux (On disait lenticulaire !), des couleurs flashies, mais surtout des rétros, des pare-chocs avant et arrière, des freins et des jantes de Porsche 993… rien que ça ! En pleine période des 90’s, on aurait pu croire qu’ils visaient le top 10 du 1er meeting tuning venu, mais non ! Puisque finalement, le plumage fut bien discret comparé au ramage. 

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En face, BMW venait de frapper fort avec la M3 E36 pendant que Mercos s’embourgeoisait en passant de la sportive 190 2.5 16v à la nouvelle C36 AMG. Chez Audi, il fallait bien sûr tenir les concurrents “Number one” en respect tout en faisant différent dans la forme mais équivalent dans le fond.

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C’est comme cela que le RS2 fit sa sortie sous les projecteurs lors de l’édition 1993 du salon de Francfort. Visuellement, c’est déjà une gifle… et ça en sera une 2nde à la vue de la fiche technique créditée en partie chez Porsche !

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En effet, Zuffenhausen se chargeait de l’habitacle, fournissait les jantes Cup en 17′, les rétros, les pare-chocs, les moyeux de roues renforcés, les suspensions signées Bilstein et le freinage emprunté à la 968 Club Sport. Le châssis usait également d’un différentiel Torsen et de la transmission Quattro si chère à Ferdinand Piëch. 

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Sous le capot, les ingénieurs de Zuffenhausen se sont également penchés sur le 5 cylindres 2.2 l 20v turbo qui faisait déjà le bonheur du coupé Quattro et de la S2. La liste des nouveautés est longue… Injecteurs, arbres à cames, admission avec échangeur plus gros, boite à air, gestion, et un gros KKK K24 qui souffle à 0,8 bars avec un overboost à 1,4 ! Au final, le rendement du bloc explose, il passe à plus de 143 ch/l pour un total de 315 ch ! 

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Au-delà des watts, c’est le caractère bestial qui vous en met une bonne. J’ai eu la chance d’en côtoyer une de près pendant quelques années. Le RS2 c’est le digne représentant des turbos old school. Un départ arrêté se solde par une poussée… décevante ! Attention, le break accuse quand même plus d’1T600 sur la balance ! Il n’empêche que passé la cap des 3000 trs/min, l’engin se transforme et perd ses bonnes manières pour vous filer un coup de pied au cul pendant que votre crâne s’enfonce dans l’appui tête et que la bave commence à s’échapper du coin de vos lèvres pour s’écouler le long de votre joue ! Le tout, ponctué par un sifflement énervé et le ronflement du 5 cylindres. C’est dantesque, à partir du moment où on a compris qu’il existait un décalage horaire entre votre pied droit et la déferlante qui déboule sur les 4 roues.

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Niveau perfs, le lourd break se paye quand même le 0 à 100 en un peu plus de 5 secondes et passe la barre kilométrique 20 secondes plus tard. Sachez également que le RS2 était bridé à 260… ou pas… Celui qu’il m’a été permis de tutoyer nous ayant gratifié d’un magistral 280  à fond de 6… sur route fermée bien entendu hein ! Si, elle était fermée aux lapins et aux limaces !

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Voilà de quoi jouer au bon père de famille dans son break 5 places, et d’aller chauffer la 1ère M3 ou 993 venue. Et pas qu’en ligne droite, puisque la RS2 offrait un potentiel simplement soudé au bitume ! Au début sous vireuse, elle se stabilise quand le rythme augmente avant que le cul enroule gentiment quand on chauffe un peu les limites. Après la physique reste ce qu’elle est, et une fois que vous dépassez ses lois, le poids du break prend le dessus, et le décrochement est brutal et quasi irrattrapable… Mais avant d’en arriver là, vous serez mort 4 fois ! 

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Seuls 108 exemplaires sont sortis neufs des concessions Audi françaises. Sans compter les imports italiens ou allemands. Si vous enlevez ceux qui ont fini pliés, le cheptel s’avère plus que limité. Sachant que la robustesse et la fiabilité de l’engin ont fait apparaître des modèles très kilométrés. Bref, rouler en RS2 ça se mérite, puisqu’il faut déjà trouver le bon modèle et, ensuite, compter sur un budget plus que coriace…

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Certains ont même osé la préparation sauvage, comme PK-Motorsport qui est allé tirer 600 ch et 780 Nm du 5 pattes ! Pour cela, le bloc est réalésé à 2.5 l, le KKK est remplacé par un Garrett GT35 boosté à 2 bars ! Aux 4 coins, des Speedline Alessio… Impressionnante !

© Frohlix Entertainment & signatures éventuelles

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