Cheetah… alors la plupart d’entre vous devrait, tout comme moi, sourire en pensant au chimpanzé de Tarzan. Pourtant, Cheetah est un mot d’origine Hindi qui signifie guépard. On est loin du macaque ! Mais avec le guépard, on se rapproche plus de sa présence ici… Surtout que pour Bill Thomas, son guépard possède un V8 et devait bouffer du cobra !

Cheetah... Pas celle de Tarzan, mais celle de Bill Thomas ! 1

De ce côté de l’Atlantique, la Chettah n’est pas l’une des sportives ricaines des plus connues. Pourtant, aux Etats Unis, c’est une véritable légende ! Son architecture spécifique lui donne une allure à nulle autre pareille. Une propu compacte à empattement court avec un gros moteur central et un pilote assit sur les roues arrières ! Un truc de malade, bien ricain, bien spectaculaire, avec un capot à rallonge, et un fessier tout en muscles. 


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L’aventure commence aux débuts des années 60. Bill Thomas, aidé de Don Edmunds, décide de construire sa propre voiture, avec pour objectif d’aller chatouiller l’AC Cobra de Carroll Shelby. Il trouve un allié de poids avec Chevrolet qui voit ici une bonne opportunité d’aller se frotter à son grand rival Ford, qui motorise les Cobra. L’occasion aussi de ne pas se mouiller officiellement. Si la formule marche et que ça gagne, il sera toujours possible de faire un coup marketing en y foutant un logo Chevrolet, mais si ça ne marche pas, ça restera simplement une Chettah et on évite le ridicule ! Sont malins, mais un peu fourbes chez Chevy…

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Bill Thomas étudie donc un châssis, et à l’époque, on s’emmerde pas, on fait du tubulaire. Il y conserve un emplacement central avant pour y loger un V8. Mais voilà, châssis avec empattement court, moteur reculé au max, tout ceci va donner à la Chettah un look bien à elle. Le pilote, assis sur les roues arrière, a presque le moteur entre les jambes, ou du moins la boite ! De plus, l’ensemble mécanique est tellement proche du train arrière qu’il n’est pas utile de lui flanquer un arbre de transmission (Au moteur hein, pas au pilote !)… la sortie de boite est directement reliée au différentiel ! C’est du direct live ! Les roues sont rejetées aux 4 coins donnant à la Cheetah une allure particulière, mais plutôt réussie et surtout, impressionnante.

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Forcément, c’est Chevrolet qui fournit le bloc… on est en 63… vous me voyez venir ! A l’époque, aux USA, pour sortir de la puissance, on ne lésinait pas sur la cylindrée. Et chez Chevy, on avait le 327ci qui faisait le bonheur de la Corvette. Mais voilà, Bill en voulait plus. Du coup le 5.4 l se voit réalésé en 6.2 l, soit 377ci. Avec 520 ch, il devrait y avoir largement de quoi remuer les 775 kg de l’ensemble.

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Répartition des masses parfaite, poids léger, moteur surpuissant et coupleux… la Cheetah est bien entendu un enfer pour ses pilotes ! Place inconfortable, chaleur qui vous caramélise les bonbons (Slip en amiante conseillé !)… c’est pire une fois en route. Le châssis est approximatif, rock’n roll à souhait. Avant d’écraser la semelle, c’est signe de croix obligé et anticipation avec des réflexes digne d’un pilote de chasse… C’est pas du pilotage, c’est du rodéo ! Heureusement, au States, on aime ça… Par contre, en ligne droite, les fesses bien serrées et le volant bien cramponné, elle est digne d’un dragster et pulvérise tout ! Sachant que les 1ers exemplaires pouvaient compter sur 4 freins à tambour ! Fallait quand même en avoir pour oser piloter ce genre d’engin en mode attaque maximale !

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Mais voilà, à part la fourniture des moteurs, Chevrolet ne finance rien. En manque de budget pour développer sa voiture, Bill Thomas verra également son usine partir en fumée victime d’un incendie. Quand ça veut pas…! 16 Chettah verront le jour dont 11 seraient toujours en état de marche aujourd’hui. L’aventure prend fin en 1966.

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Il n’empêche que la Chettah est bel et bien rentrée au Panthéon automobilistique mondial. Elle a réussi son pari en s’imposant pour quelques courses devant la Cobra, mais aussi, en devenant l’une des caisses les plus copiées sur le sol américain. Si ça ce n’est pas une réussite !

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