Quand BMW demande à Bertone de se pencher sur un éventuel coupé qui viendrait compléter la gamme, ça peut donner un truc assez… bizarre ! Nous sommes à la fin des années 60, les esprits se libèrent, les moeurs aussi, et la tendance psychédélique prétend descendre dans la rue avec un 6 en ligne et 170 ch. C’est le BMW Spicup !

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BMW et Bertone, ne sont pas à leur 1er coup. Déjà en 61, quand le constructeur bavarois cherchait à remplacer sa vieillissante 503, c’est vers le designer italien qu’il va se tourner. De cette union va naitre la 3200 CS, motorisée par un V8 de 160 ch.


En 65, la 3200 voit sa production cessée et 3 ans plus tard, le bureau de style interne à BMW, offre un coupé à la nouvelle et dynamique berline E3. La E9 / 2800 CS vient de voir le jour. C’est cool, mais Bertone dans tout ça ?! Il est où le rapport entre la Mozza et la choucroute ? Nous y venons les amis, un peu de patience.

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Malgré un succès plus que mesuré (600 exemplaires de la 3200…!), la marque est contente de sa collaboration avec Bertone, faisant même de Nuccio Bertone, un de ses consultants. Mais pendant que les designers de BMW s’attelaient aux E3 et E9, Bertone de son côté (Voyez qu’on y vient !), était sur un projet de style, censé proposer un futur coupé innovant et original… un concept nommé Spicup.

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Spicup, c’est la contraction de spider et coupé… Un coupé avec le toit qui s’escamote en conservant un arceau… un targa quoi ! Mais non, chez Bertone, on dit Spicup. Soit ! Le châssis est celui de la berline 2500, raccourci pur l’occasion. Le 6 en ligne est le 2800 emprunté au coupé. Enfin le dessin est signé Marcello Gandini. Histoire de marquer les esprits, le toit reprend le concept maison mis au point par l’ingénieur Enzo Cingolani. Le principe repose sur 2 parties qui viennent coulisser dans l’arceau central.

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Il faudra être aveugle pour ne pas remarquer le style Bertone, qui n’était pas à court d’idées pour préfigurer ce que serait le futur automobile. On notera aussi ce petit air d’Alfa Romeo Montreal sur la face avant. De profil, c’est lisse, rectiligne et on retrouve quelques codes BMW. L’habitacle continue de nous faire voyager dans le futur… du moins, celui qu’on pouvait s’imaginer en 1968 ! Cuir, alu, chrome, et couleurs flashies qui peuvent éventuellement faire saigner des yeux…

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En tout cas, ce sera le cas des visiteurs du salon de Genève en 1969. La BMW Spicup y fait sa 1ère apparition, et c’est la douche froide. L’accueil du public et des professionnels n’est pas d’un grand enthousiasme… au contraire ! On remballe les tables et les chaises, on refout l’apéro dans la glacière et on rentre à la maison ! BMW ne donnera aucune suite au projet et l’unique modèle sera vendu…

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BMW et Bertone se quittent bons amis, mais ne travaillerons plus ensemble. Quant au concept Spicup, parfaitement abouti, il fera le bonheur de son propriétaire qui va l’immatriculer et lui faire avaler plus de 100.000 bornes avant de le repeindre en orange et de passer l’habitacle en noir. Il disparait des radars avant de refaire surface en Hollande plusieurs années plus tard. Dans un sale état, il part chez un nouveau propriétaire Belge, qui décide de lui redonner son aspect original. Après une longue et fastidieuse restauration, il est l’une des stars du concours d’élégance de la Villa D’Este en 2009. Plus neuf que neuf, il a retrouvé la forme et les formes !

Il est ensuite confié au musée BMW avant de changer de main en 2011 lors d’une vente Bonhams pour la coquette somme de 460.000 € ! Comme quoi, la rareté et le temps finissent toujours par embellir certaines choses non ?!

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