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Bon ok, l’Alfa Romeo GT 1600 Junior c’est un coupé aussi sexy qu’amusant d’origine. Mais voilà, l’engin a un potentiel démoniaque et il ne lui en faut pas beaucoup pour devenir complètement envoutant et débile. Un châssis revu, un look virilisé et éventuellement, un copieux swap. Ah oui, si vous êtes puristes, celui là, il va vous énerver… ou pas !

Au début des 70’s, l’Alfa Romeo GT 1600 Junior débarque pour jouer au bouche trou. D’un côté Alfa cherche à séduire les amateurs avec la « petite » version 1.3 l censée être l’entrée de gamme accessible sans pour autant bafouer l’ADN sportif de la marque. Les plus sportifs peuvent se tourner vers le coupé 2000 GT Veloce. Bon, la gamme commence doucement à afficher son âge et la concurrence est rude, mais ça ne décourage pas l’état major d’Alfa qui lance le coupé GT 1600 Junior histoire de combler le trou qui existait dans la gamme entre le 1.3 l et le 2.0 l. Pour sortir une version rapidement et à pas cher, on dépoussière le 4 cylindres 1567 cm3 double arbres qui faisait le bonheur dans le Giulia Sprint GTV arrêté 4 ans auparavant. Nous sommes en 72, les coupés Giulia GT et GTV jouent le chrono le temps de terminer le développement de la future GTV qui débarquera deux ans plus tard.

Avec 110 ch pour 960 kg, l’Alfa GT 1600 Junior sait se montrer fun et performante. Une véritable Alfa au cuore sportivo, le jouet idéal pour aller taquiner la trajo que ce soit sur petite route ou sur circuit. Et alors que beaucoup s’en contentent telle quelle, un fan suédois s’est dit que la base était bonne pour y en coller encore plus, d’autant plus que l’italienne nécessitait une restauration en bonne et due forme. Trois ans de taff avant d’obtenir le résultat qui défile devant vos yeux…

Le châssis a été entièrement refait à neuf. Les suspensions sont signées Alfaholics, les étriers de freins mordent maintenant des disques rainurés et percés. Aux quatre coins, on retrouve des jantes qui ressemblent quand même vachement à des Japan Racing JR-19 en 7,5 et 8,5 x 15″, chaussées en Toyo Proxes TR1 de 195/55 et 225/50.

La caisse aussi a eu droit à sa cure de jouvence. Elle aussi a été restaurée comme au premier jour, elle a gardé son look d’origine alors que les ailes ont été légèrement tirées. Deux longues portées à l’avant, les pare-chocs dégagés, les chromes étincelants et une robe gris Vésuve avec une large bande centrale rouge, de quoi mettre en valeur les lignes signées Bertone.

Dans l’habitacle, c’est ambiance class et racing. Petit volant trois branches, manos, baquets et sellerie avec passe poil et coutures rouges, le tout avec cuir noir, chrome ou placages alu. L’électronique, les gadgets alacon, l’inutile, oubliez tout. Même la sono est oubliée… ou du moins, elle a déménagé et se trouve maintenant entre les ailes avant.

Il est clair qu’avec un tel plumage, il fallait un ramage à la hauteur. Du coup, exit le 1.6 l pour y glisser à la place un 4 pattes 2.0 l double arbres, forgé et gavé par un duo de Weber double corps avec admission à cornets. L’allumage est électronique et le gazier chante à travers une ligne full inox. 180 ch filent aux roues arrière à travers une boite manu 5 vitesses accompagnée d’un différentiel à glissement limité empruntés à une Alfa 2000 GTV.

Une propu de 180 ch, avec moins d’une tonne… voilà qui laisse présager autant de caractère que de fun. Surtout lorsque la route oublie les lignes droites pour devenir sinueuse. Et pour ne rien gâcher, ce look intemporel, celui d’une Alfa signée Bertone et remis au gout du jour. 50% outlaw, 50% restomod, mais 100% irrésistible !

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