Lister Storm GT – Avis de tempête sur l’Angleterre !



La Lister Storm, c’est comme ces acteurs de série dont on connait le nom de héros mais pas leur véritable nom… Enfin vous voyez quoi ! La caisse, on l’a déjà croisée, au moins dans un  jeu vidéo, une magazine, des photos, mais sans pour autant savoir c’qui se cache dedans. On sait que ça a de la gueule, que ça pousse, mais pour le reste, c’est un peu le grand flou artistique. Eh bien aujourd’hui, on va faire les présentations…

Bryan Lister, c’était d’abord un de ces constructeurs de voitures de course comme il y en avait dans les années 50 en Angleterre. En 1954, à la tête d’une ferronnerie familiale, il se lance dans l’assemblage d’un châssis tubulaire, avec des freins inboard, et l’habille d’une carrosserie inspirée des frêles Cooper. Motorisée par un Bristol 2.0l, la Lister commence doucement à faire parler d’elle, remporte quelques victoires de classe et réussit à battre les Jaguar, Lotus, Maserati et Cooper, même si elle n’arrive pas à aller chercher les Aston Martin intouchables.  

Au fil des années, Lister améliore, modifie, change de moteur, et vend quelques voitures. Après avoir adopté le 6 cylindres Maserati, elle passe en 57 sur le 6 en ligne Jaguar et s’habille d’une carrosserie étudiée en soufflerie et réalisée en alu. La marque remporte enfin ses 1ère victoires devant Aston et Ferrari.

L’année suivante, l’accident fatal d’un de ses pilotes (Scott Brown) pousse Lister à revoir sa copie et à passer chez Chevrolet pour le moteur, celui de la Corvette. En 59, Franck Costin rejoint lister. Considéré comme le meilleur aérodynamicien du marché, il dessine une nouvelle voiture et Lister en assemble 9. 2 recevront le bloc Jaguar et les 7 autres rejoindront des teams américains, qui lui préfèreront le V8 Chevrolet. Mais voilà, la copie est ratée et la Lister n’arrive pas à accrocher les Cooper… Lister décide alors de cesser son activité de constructeur !

Mais voilà, l’histoire aurait pu s’arrêter là… Si ce n’est qu’en 1986, tel un phénix, Lister redéploie ses ailes… en acier ! Enfin, Lister fait confiance à un certain Laurence Pearce, qui décide de proposer sa vision du coupé XJS

Mais celle qui nous intéresse débarque en 93, la Storm… et elle va souffler la tempête. Elle embarque en position centrale avant, le même bloc que la Lister XJS, le monstrueux V12 de 7.0l et ses 546 ch mais surtout, 790 Nm. Avec 335 km/h, la Storm pose de suite les jalons en devenant la voiture 4 places (Oui, c’est une 2+2) la plus rapide du monde jusqu’à l’arrivée de la Brabus Rocket en 2006. 

Le style est… particulier, du moins sur la version route. On peine à imaginer le monstre qui sommeille dans ses entrailles avec cet face avant en flèche qui se termine sur des pop-up et ce cul si massif. De plus, elle semble hyper compacte… a croire que ses courbes camouflent le gabarit puisqu’elle fait quand même la même longueur qu’une Skyline R32 GTR pour 2m de large et plus d’1T600 sur la bascule !

Lister produira 4 voitures, pas une de plus. Du moins pour la route… Car finalement, sa carrière, la Storm l’aura surtout en piste, en endurance. Avec la GTS d’abord, qui fait son entrée aux 24h du Mans 95. Enfin 40 tours et puis s’en vont sur problèmes de boite. En 96, Lister veut retenter sa chance, mais avant de se lancer dans la Sarthe, elle décide d’aller tâter le terrain aux 24h de Daytona. Elle abandonne. Mais cela ne va pas décourager l’équipe qui réussira à décrocher une 19ème place au Mans. En parallèle, la Lister engage une Storm en BPR. Elle débute dans la 5ème course de la saison, les 4 heures du Nürburgring où elle abandonnera… tout comme dans toutes les autres courses de la saison !

L’année suivante, Lister décide de revoir sa copie et la GTS devient GTL. La Storm gagne donc des appendices aérodynamiques. A part une 19ème place aux 24h de Daytona, les 2 voitures engagées aux 24h du Mans, ainsi qu’à Sebring et à Laguna Seca ne verront pas la ligne d’arrivée. Enfin en 98, ce sera un nouvel abandon à Daytona, avant de clôturer la saison en ratant les qualifs au Mans ! La marque interrompt son programme et se retire de la compétition pour revoir une nouvelle fois la Storm.

Elle revient en 99 (C’est elle qui s’affiche devant vos yeux) et s’appelle GTM. Et pour une fois, la loose a l’air d’avoir enfin abandonné Lister qui court désormais en GT2. La voiture accroche une 4ème place à Hockeneim, une 3ème place à Zolder et une 2nde place à Donington. Elle termine la saison avec la 5ème place au général. En 2000 la Viper a quitté le championnat et Lister est la marque officiellement représentée. Entre le FIA GT et le British GT, la Storm remporte 9 courses et s’adjuge le titre dans les 2 séries… Son heure de gloire est enfin arrivée ! 

Avec des ambitions exacerbées, et 2 voitures engagées pour les saisons suivantes de réussiront pas à renouveler l’exploit. Il n’empêche que la Lister Storm, malgré des débuts compliqués, a fini par graver son nom dans l’histoire de l’auto. Après une tentative en LMP, la marque a disparu en 2006… depuis quelques années, il se murmure qu’elle pourrait faire son retour, mais vous savez c’que c’est dans la bagnole… entre les rêves et la réalité !

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