Cette Porsche 914, a pour but de semer la confusion. « Mi-figue, mi-raisin », ce n’est ni une Porsche, ni une Volkswagen. Vous avez cliqué au moment où vos yeux se sont arrêtés sur le mot « Porsche » ? Et vous vous dites maintenant : » Nah, c’est un piège ». C’est sûr, c’est pas une 911, mais le changement fait du bien. Boudée en Europe, cette 914, c’est un peu comme revoir une meuf du collège vraiment pas top et qui maintenant, ferait « lever » un mort.

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La 911 fraîchement sortie, la clientèle commençait à se barrer vu le prix élitiste de cette dernière. En réponse, Porsche sortit la 912, version bas de gamme de la 911. Mais pour ne pas « salir » l’image de la 911, ils font appel à Volkswagen pour pondre cet enfant illégitime surfant sur les idées et styles de la 356 et de la Karmann Ghia. Arrivée dans un moment de panique chez le constructeur de Stuttgart, la 914 réussit à « souder » l’association Porsche/Volkswagen.


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Le dessin discutable ne fait pas l’unanimité des aficionados de la marque. Les phares « Pop-up », la carrosserie de type « tri-corps » et les angles vifs qui l’habillent, sont assez étonnants. Et dans certains pays, on ne verrait même pas le badge Porsche. Aux Etats-Unis et en France, elle fut vendue par Porsche sous le nom 914, mais chez les autres, c’est Volkswagen qui s’en charge vendue en tant que « type 47 ». Explosion de matière grise !

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Et pourtant… Sa bouille vraiment sympathique, prête à rendre n’importe quel service, fera de vous un conducteur heureux. Large coffre à l’avant, toit qui se détache et se range dans le coffre arrière en quelques secondes, centre de gravité extrêmement bien équilibré, elle a tout d’une petite sportive attachante emportant avec elle la nostalgie lancinante des bals de lycées. Celle qui voulait danser, mais dont personne ne voulait, fut quand même la première voiture à moteur central la plus vendue au monde avec 120 000 exemplaires écoulés. Malgré un passif assez lourd, j’vais pas tourner autour du pot pendant encore 8 ans, attaquons-nous à cet exemplaire là, nom de Dieu !

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D’origine, elle emporte avec elle, un flat-4 comme dans les Coccinelle, ou un flat-6 pour les clients qui ont le portefeuille grassouillet. Dans les deux cas, la puissance n’était pas au rendez-vous (110ch max). Le propriétaire de cette 914 décide alors de l’envoyer en salle de sport et revint avec des ailes élargies et un flat-6 de Porsche 993, 272ch dans le bas des reins comme un sac à dos. Alors, pas calmé là ? Evidemment, des jantes Fuchs à gros déport et des pneus pour assumer la cavalerie, tout est là pour manger de la 911. La petite bouille sympathique en a gros sur la patate et prête à en découdre.

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Le résultat est phénoménal. Ce flat-6 chante aussi fort qu’on puisse rêver. Habillé d’un bleu « Adriatic » peu commun, il fait d’elle le « sleeper » parfait. Quand vous la verrez débouler dans votre rétroviseur en sortie de courbe alors que vous-même étiez déjà à vos limites, pas le temps de finir la phrase qu’elle est déjà devant dans un nuage de fumée projetant des gravillons sur votre pare-brise de fragile.

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Aussi haute qu’une Lamborghini Aventador de 700ch, elle partage avec elle le même rapport/poids puissance (environ 2.6 kg par cheval !). Tout ça dans une caisse qui sent bon les années disco, assis au ras du sol, il y a de quoi faire péter son plexus solaire lorsqu’on soude la pédale au plancher. Ici, pas d’ABS, pas d’ESP, pas de Launch Control et pas de palettes au volant. Une vraie caisse de malade mental avec pour seule assistance, un médaillon St Christophe collé sur le tableau de bord et un signe de croix avant d’attaquer.

Même propriétaire pendant plus de 25 ans, elle fut repeinte dans la fin des années ’90 et la préparation moteur et châssis fut réalisée en 2000. Elle bénéficie même d’un certificat de conformité délivré par Porsche : l’insolence à l’état gazeux. A ce qu’on raconte, l’heureux propriétaire serait devenue subitement incontinent. Trêve de balivernes et place au concret. Je n’ai plus de mot pour la décrire alors ouvrez grand vos oreilles :

© cwp911 via BaT