Triumph… Un blase qui enchante beaucoup de petrolheads, que ce soit pour ses adorables petits roadsters ou ses bécanes à 3 cylindres au punch digne d’un hool de West Ham. Mais Stag ? Kézaco ? Et bien tout simplement la prod la plus sous-estimée de l’Histoire de la marque. Un canard boiteux bourré de qualités comme je les affectionne et dont je vais vous causer…

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Chez Triumph au début des 70’s c’est ambiance lendemain de fête : pas la grande forme ! Le renouvellement de la gamme vieillissante est compliqué, les solutions retenues coûtent un bras à produire et peinent à rivaliser avec leurs concurrentes. La Dolomite par exemple, la joue Sport Premium mais prend des branlées par les Ford Cortina ou BMW 2002ti, sur piste comme en termes de ventes !

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Pire, les roadsters que les Yéyés s’arrachaient dans les sixties ne se vendent plus… La clientèle a vieilli, ses attentes ne sont plus les mêmes. Que faire alors ? Draguer la nouvelle génération ? C’est mort… Sur le marché US, Eldorado de la marque, il faut du muscle, et c’est pas le V8 Rover qui va tomber les Camaro et Mustang… Ou alors une habitabilité compatible avec les partouzes sous LSD, et là VW a tué le game avec son Combi !

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Triumph va donc tenter de reconquérir ses acheteurs de TR3 en leur proposant la Stag. Un gros cabriolet 4 places, élégant, statutaire et plus pratique qu’un roadster… Entre temps les Yéyés sont  devenus cadres sup’ et se sont même parfois reproduits. Y a un petit coté « Salut à toi jeune entrepreneur ! », sur un malentendu ça peut marcher…

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Le projet est donc lancé, le carrossier Italien Michelotti se charge de pondre un design à la fois élégant et sportif. Comme on est pas tout à fait stupide chez Triumph, on pense même à y intégrer un arceau pour satisfaire aux normes de sécurité Américaines drastiques . Alors, la Stag, clé du renouveau ?

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Et bien non… Esthétiquement réussie, la Stag a un défaut majeur, son moulin. Curieusement, au lieu d’aller récupérer le bloc Rover sur les étagères de British Leyland, Triumph s’est piqué de développer son propre V8… Et c’est une cata ! Sur le papier ça commençait plutôt bien : un 3 litres de 147 poneys, culasses alu et arbres à cames en tête, pas mal pour l’époque et largement suffisant pour déplacer les 1,3 tonnes de la bête.

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Malheureusement, ce bloc résolument moderne souffre d’un gros défaut de conception : son circuit de refroidissement. La pompe à eau sous-dimensionnée et mal placée peine à faire le job et claque plus souvent qu’à son tour, particulièrement par forte chaleur : dommage pour un cab ! Il n’en fallait pas plus à notre Anglaise pour se forger une réputation de grosse daube : échec commercial complet avec 2871 exemplaires fourgués aux Yankees !

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Heureusement, en bon insulaire, l’automobiliste Britannique est patriote. 17000 Stag vont donc trouver preneur sur le marché domestique en 7 ans de carrière. Bon, faut dire aussi que la météo de Newcastle n’est pas celle de Palm Beach, le V8 devait rendre l’âme moins souvent !

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En dépit de sa fiabilité désastreuse, elle est quand même kiffante… Grâce aux perfs de son V8 d’abord, loin d’être ridicules pour l’époque, mais surtout de part sa ligne ! Il s’est vraiment déchiré Giovanni, les lignes du cab Triumph sont élégantes et fluides, tout en ayant un coté trapu et agressif badass à souhait ! Joli tour de force…

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Son style classe et énervé en aurait fait le ride idéal pour Vinnie Jones dans « Snatch »… Dommage que Guy Ritchie n’y ai pas pensé ! À un détail près : son sigle ! Stag signifie « Cerf » ok, mais bon sur une caisse de cette classe, ça fout tout par terre de claquer un logo John Deere dessus !

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©Bringatrailer.com