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Nous sommes en 1969. Quelques semaines avant que l’homme ne fasse ses premiers pas sur la lune, le cassage de mâchoire, c’est au Melbourne International Motor Show qu’il va avoir lieu. La Holden Hurricane y est dévoilé et avec ce concept car tout droit sorti d’un film de science fiction, la marque australienne a bien l’intention de parler du futur…

Le futur a toujours fait rêver. Pour les romanciers, les réalisateurs, architectes et designers, c’est une source d’inspiration inépuisable qui finalement, ne trouve ses limites que dans celles de l’imagination de son géniteur. Et pour cela, les designers de chez Holden, ils ont plutôt bien vu les choses avec leur Hurricane.

Qu’on soit d’accord, à part dans l’esprit de celui qui l’a dessinée, elle ne représentait en rien le futur de l’automobile, du moins comme on l’a connu. Mais, la plupart du temps, à part quelques exceptions (comme le Phantom Corsair par exemple), les différentes visions futuristes des designers ont tendance à rapidement se ringardiser. Je crois même que les stylites ont fini par s’en rendre compte… et afin de ne plus faire de fausse note, ils ont inventé le revival. Tu prends de l’ancien – ça rassure – et tu le modernises. L’exercice est peut être moins créatif, parfois un peu plus délicat, mais surtout plus viable dans le temps.

En tout cas, s’il en est une qui a justement fait exception à la règle, c’est bien la Holden Hurricane. Délicieusement futuriste, mais jamais ringarde ou dépassée. Le trait est fluide, presque simple. Hyper compacte, l’Hurricane domine à 39 pouces de hauteurs…! Un de moins que la célèbre GT40… Le style est affuté, il va à l’essentiel. Un avant aérodynamique, avec ses pop-up à l’embases d’ailes légèrement proéminentes. On se glisse dans le cockpit grâce à un mécanisme qui voit faire coulisser vers l’avant un ensemble monobloc comprenant le pare-brise et les vitres latérales en un seul élément.

L’arrière est lisse comme un galet. Un unique capot d’un seul tenant tronqué qui bascule vers l’arrière pour dévoiler le moteur et la boite en porte à faux arrière. Il a la particularité de venir couvrir les 3/4 des roues arrière.

L’engin est motorisé par un V8 de 4.2 l pour 262 ch. Pourtant, elle n’a jamais dû dépasser les 100 à l’heure… et ceux qui ont eu la chance d’y glisser leurs fesses doivent se compter sur les doigts d’une main. En 69, elle a fait son effet… décrochant les mâchoires et fracassant les rétines des visiteurs sur Melbourne International Motor Show et de ceux qui ont croisé sa silhouette sur le papier glacé des magazines. Puis… plus rien. Une fois les lumières éteintes, chez Holden, on est passé à autre chose, remisant l’Hurricane au fond d’un hangar du Holden Training Center.

Il faudra attendre 1988 pour qu’un certain Corey Egan tombe sur le concept car oublié. Une fois sorti de sa tanière et dépoussiéré il se lance le projet de la restaurer seul sur ses heures perdues. Mais finalement, il va déclencher l’engouement des gestionnaires du site qui décident d’allouer un budget à la remise à neuf de l’Hurricane.

Sa restauration débute en 2006. L’Hurricane va être entièrement reconstruite telle qu’elle avait été présentée en 69. Le chantier prend fin en 2011, afin qu’elle puisse réapparaitre officiellement au Motorclassica classic car show de Melbourne. 42 ans plus tard, elle est à nouveau la star du salon… un bel hommage. Même si ça n’a pas sauvé Holden, qui a fermé ses portes le 1er janvier 2021.

© Holden & General Motors

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