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Oui je sais, moi aussi quand j’entends Mecanicus, je m’imagine au milieu d’une arène, sous un soleil de plomb, un casque vissé sur la tête, à la recherche d’une vengeance que j’aurai dans cette vie, ou dans l’autre ! Enfin ça c’était avant que je ne fasse la connaissance de Quentin, le beau gosse de la voiture de collection. Un séducteur qui respire la passion et expire l’envie de montrer que son amour pour les anciennes peut très bien se vivre de façon professionnelle, actuelle et moderne.

Quentin c’est le gladiateur de l’ancienne ! L’empereur de la classique. Enfin c’est du moins l’objectif qu’il s’est donné aux commandes de Mecanicus, afin de moderniser l’approche de la vente des voitures de collection. Avec un seul défaut (et c’est le premier à le reconnaitre)… il aime les vieilles !

 

– Présente-toi en quelques lignes.

Quentin, passionné depuis 3 générations mais entrepreneur dans les anciennes depuis 3 ans, heureux papa de 2 enfants, toujours accompagné de mon fidèle destrier, un break Volvo 850R rouge

– Pourquoi et comment en être arrivé à l’auto ?

J’ai toujours baigné dans ce milieu, en commençant par mon grand-père, puis mon père et maintenant mon frère et moi. Donc je suis né dedans. Ma volonté de monter un boite dans les anciennes ? Changer les choses, pour que mes petits enfants puissent vivre leur passion aussi intensément que nous dans 60 ans.

– Présente-nous ton activité.

On rachète des autos que certains collectionneurs veulent vendre, on fait en sorte que ce soit des autos fiables, puis on les remet en vente. Cela paraît simple, mais c’est inédit : nous sommes les seuls à être réellement propriétaires de notre stock, et donc à avoir nos intérêts 100% alignés avec nos clients. Nous sommes aussi responsables de la qualité de nos autos que n’importe quel propriétaire, contrairement à un intermédiaire. Donc nous expertisons toutes nos autos avant achat avec nos propres mécanos. Nous faisons, nous ou nos partenaires, la mécanique nécessaire pour avoir des autos saines et nous roulons ensuite avec sur des centaines de kilomètres pour livrer des voitures fiables. Personne ne travaille comme ca aujourd’hui. Nous, c’est notre pari pour rendre cet univers plus sain, et surtout plus pérenne. Au delà de ça, nous créons beaucoup de contenu, surtout de la vidéo, car on est passionnés avant tout, et quand on a accès à des autos incroyables, on a envie de partager ces moments.

– Parle-nous de tes partenaires et de ceux qui t’accompagnent.

On a la chance de bosser avec une centaine de garages partenaires dans toute la France, spécialisés en anciennes, qui nous aident à faire le lien avec nos clients, mais on travaille particulièrement avec Atelier 46 à Courbevoie, des supers gars, bien emmenés par Max, ils font aussi partie de la nouvelle génération qui a envie de faire bouger les lignes.

– Tes projets pour l’avenir ?

On a des projets technos qui devraient bientôt sortir, qui seront hyper positifs pour la transparence dans le monde des anciennes, j’y crois énormément. On essaye aussi de faire sortir de terre un lieu de vie dédié aux anciennes, où tu puisses venir voir un grand prix avec des potes, prendre un pti dej avec tes enfants, ou faire un cours de mécanique. Probablement dans Paris pour commencer, mais si ca fonctionne, on déroule ailleurs en Europe !

– Au niveau passion, quel est ton premier souvenir avec une voiture ?

Je dirais les retours de plage étant enfant dans le vieux Range qu’on avait… magique, comme auto.

– Qu’est ce qui te passionne le plus dans l’automobile ?

De loin : Le lien social qu’elle peut créer. Il est peu de passion où tu puisses mettre en face un propriétaire de 250GTO et de 2CV, que tout, en théorie, sépare, et qui, pourtant, pourront parler des heures durant de leurs voitures. Quelles que soient les distances financières, géographiques, culturelles, sociales, ils auront toujours des choses à se dire. Et je trouve qu’un lien aussi fort qui connecte des gens aussi éloignés en théorie, c’est magique. C’est une chance, un moyen de rencontre extraordinaire, et c’est pour cela qu’il est si important de s’acharner à vouloir transmettre cette fibre de l’ouverture et du lien social.

– Permis du premier coup ?

Yes Sir, auto et moto.

– Sur la route, tu es plutôt zen ou speed ?

Zen, clairement. En vrai, avoir un œil rivé en permanence sur le coyote pour arriver 20 min plus tot, je trouve que ca rend le trajet pénible et ca change pas pour autant la physionomie du voyage.

– Et justement qu’est ce qui t’énerve le plus sur la route ?

Les gens agressifs, qui sont des dangers publics. Mais toujours moins dangereux que les vélos ou les trottinettes qui – sans faire de généralité – circulent désormais en ville comme s’ils étaient dispensés de Code de la Route… Ca, ca me rend dingue. Mais c’est un autre débat 😂

– Si on devait résumer ta passion, et ta vision de l’auto en 1 mot.

Transmettre

– Malgré cela, qu’est ce qui pourrait te faire détester les voitures ?

Je pense que rien ne pourrait me faire détester les voitures, mais certaines choses m’exaspèrent réellement, comme le nombrilisme de certains spécialistes, ou le refus de transmettre d’autres soi-disant omniscients pour je ne sais quelle raison, qui font que des générations entières d’automobiles – à commencer par les avant-guerre – risquent de sombrer dans l’oubli.

– Quel est pour toi le meilleur pays pour vivre sa passion auto ?

Peu importe le pays, tant qu’il y a la passion !

– Les petrolheads en France tu les vois comment ?

L’autobashing ambiant peut sembler compliqué, mais il y a une très grosse communauté, qui se rajeunit bien – notamment grâce aux réseaux sociaux – et qu’il faut absolument faire vivre. Je pense aussi qu’on a besoin de voir du neuf, et sortir de l’Intelligentsia qui pilote depuis des dizaines d’années vers quelque chose de neuf, de plus transparent, de plus honnête. On y travaille !

– Comment imagines-tu l’avenir de l’automobile ?

L’avenir de l’automobile, en son sens ‘utilitaire’ de la chose, est plutôt morose, voire super chiant. Plus de pratique, plus de standard, plus de normes, etc – plus de pratique, en somme. Moins de cœur, de tripes, d’envie, de plaisir, de sensations, de défis. Car ces choses ne sont pas compatibles avec nos normes ou nos prérogatives, notamment écologiques. Mais cela veut aussi dire que l’auto purement ‘plaisir’ – ce qui est le cas de nos anciennes – ca prendre une place de plus en plus importante, et va se pérenniser dans le temps. Tout comme le cheval après l’arrivée de la voiture, le bateau après l’arrivée de l’avion, la pêche après son industrialisation, etc – toutes ces choses, qui étaient nécessaires à l’homme et qui ont été remplacées par l’innovation, sont restées très importantes dans leur cadre ‘plaisir’. Je suis hyper confiant, et je me bats pour cela !

– Si tu pouvais changer ou modifier quelque chose…

Obliger les gens à lire un peu plus loin que les discours démagogiques qu’on nous sert sur l’automobile et l‘écologie. Et ouvrir les yeux sur certains sujets, notamment que voiture et écologie ne sont pas incompatibles.

– Tu as un budget « no limit », quelles sont tes 3 premières caisses ?

Hum, compliqué… énorme fan de la F40. Une Bugatti 35, la voiture qui m’a fait comprendre que je n’avais rien compris aux autos. Et un Volvo 850R

– Et justement en parlant voiture, en quoi tu roules ?

En Volvo 850R

– Laquelle a été ta 1ère ?

La Golf 4 rachetée à ma mère

– Et ensuite ?

J’ai acheté mon coupé Bertone 2000 de 1973

– De toutes celles que tu as eu, laquelle t’as le plus marqué ?

Le Bertone, pardi !

– Le plus déçu ?

Pour le moment, je suis comblé.

– Tu es plutôt moderne ou ancienne ?

Ancienne, 100%

– Pourquoi ?

Parce que les modernes manquent d’histoire. Avoir quelque chose de vivant entre les mains, ca change quand même la donne…

– Quel petrolhead t’inspire le plus (Pilote, artiste…) ?

Philippe Gardette. C’est un mécano, un peu inconnu, mais c’est après un stage chez lui que j’ai eu envie de monter Mecanicus.

– Ton anecdote la plus dingue au volant d’une caisse ?

Avoir entraperçu ce que ça pouvait être que de faire de la course sur des voitures d’avant-guerre aux journée d’automne il y a 3 ans. Sur une Bug 35, justement. Une des plus grosses claques de ma vie. Le jour où j’ai vraiment compris ce que c’était que d’être fou 😂

– Quelle musique écouter en roulant ?

Hyper éclectique. De Led Zeppelin à IAM en passant par Cabrel, ca dépend de la compagnie.

– A tes yeux, la meilleure route ?

La campagne Basque.

– Atmo ou Turbo ?

Turbo (850R oblige)

– Drift ou grip ?

Grip

– Bière ou whisky ?

Bière

– Boite manu ou séquentielle ?

Méca, pardi

– Propulsion, Traction ou 4RM ?

Propulsion (sorry 850)

– Full power ou light is right ?

Light is right

– Static ou airride ?

Static

– Circuit ou rallye ?

Je fais pas de rallye, mais ca me fait plus rêver

– Bullit ou Fast and Furious ?

Bullit, sans hesiter

– Télé, internet ou papier ?

Internet

– Passé, présent ou futur ?

Futur

– Un message à passer ?

Balec des vieux cons. C’est pas eux qui feront vivre notre passion dans 60 ans, ce sont nos enfants. C’est sur eux qu’il faut tout miser.

– Ton avis sur De l’essence dans mes veines ?

Edito et style décalés, clivants, personnifiés, il en faut plus comme ca, qu’on aime ou qu’on aime pas, c’est pas langue de bois. Keep the hard work, on aime !

 

© Mecanicus via Kevin Van CampenhoutAntoine Jimenez – Pierre Guibert –