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Ce qui est top dans c’qu’on fait, c’est qu’on en découvre tous les jours. Tenez, prenez l’exemple de cette Ferrari Meera S… vous en aviez déjà entendu parler ? Moi non plus ! En même temps, l’engin est unique et a passé le plus clair de sa vie dans une collection privée. C’est sûr que ça n’aide pas à se faire un nom. Mais heureusement, il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu…

Back to the 83’s… Histoire de claquer un peu les pétrodollars qu’accumule son roi de père, Saoud le prince héritier d’Arabie Saoudite décide, pour s’occuper, de s’acheter des bagnoles… Ferrari, Porsche, Lamborghini, ‘fin voyez le traditionnel quoi ! Des déplaçoirs lambda pour tout bon milliardaire qui se respecte. Sauf qu’à force, ça devient d’un commun… puis bon, lors des rencards entre potes, ils ont tous les mêmes caisses. Et c’est là que notre cher Saoud va avoir un sacrée bonne idée pour se démarquer…

Plutôt que de commander sur catalogue et de cocher bêtement les options possibles et imaginables, il va se faire faire ses propres voitures. Mais attention, j’vous parle pas d’un kit car alacon ou d’un truc avec un aileron et des jantes en 14 « (oui, on est en 83 !). Nan, le gars il appelle direct Enzo Ferrari et il lui demande de lui faire une voiture juste pour lui.

Enzo qui sélectionne ses clients et garde constamment un oeil sur les voitures qui portent son nom ne rechigne jamais sur une commande spéciale. Il voit en elle un bon moyen de financer ses monoplaces et voitures de course. il accepte les doléances de Saoud et confie la mission à Giovanni Michelotti à qui on doit, entre autres, l’Alpine A110, la Prince Skyline, la Fiat 8V et bien sûr, une ribambelle de Maserati et Ferrari.

Le designer va récupérer une Ferrari 400i. Son châssis ne change pas, tout comme le V12 gavé à l’injection mais complètement bridé dans tous les coins pour afficher 315 ch. Ajoutez lui 1T700 et une boitoto d’origine GM qui avait du mal à encaisser les régimes du V12 et vous obtiendrez en fait, une machine à cruiser, pépouze, le coude à la portière.

Par contre, pour le look c’est open bar. Giovanni va se charger de la rhabiller, dans un style bien 80’s… incisif, tendu et avec des détails un chouill’ bizarres. La Meera S affiche un dessin… torturé avec un décroché au niveau du milieu de la ligne de caisse, une grille d’aération en guise de calandre, les obligatoires pop-up, des évac’ angulaires juste derrière les roues avant et arrière, mais deux gros antibrouillards rectangulaires proéminents. A noter son profil très… « RX7ien » ! Un designer italien qui s’inspire d’une japonaise… un belle reconnaissance en soi !

Dans l’habitacle, les ferraristes ne seront pas dépaysés. L’ensemble est repris à la 400i, si ce n’est la sellerie bordeaux et blanche qui amène un peu plus de bling bling. C’est classe, même si le noir et le havane, ça lui va bien aussi. Notez quand même que Michelotti y a intégré un système de caméra de recul et une clim bizone.

Une fois finie, Saoud la baptise Meera et y rajoute un S parce que ça fait Sport ! Il va quand même claquer 1 million de Dollar dans son nouveau jouet… qui va finir dans un garage pour ne quasiment pas en sortir… jusqu’en 2010 où elle va retourner à Maranello afin d’être entièrement restaurée par l’équipe de Ferrari Classiche. Le mois prochain, elle va passer sous le marteau de RM Sotheby’s. Estimée à 100.000 €, elle pourrait devenir la Ferrari unique la moins chère de l’histoire. Wait and see…

© RM Sotheby’s