Sélectionner une page

Dans la famille des préparateurs Porsche, il y a Singer et il y a les autres. En seulement 13 ans, la structure californienne créée par Rob Dickinson a réussi a se faire un nom et une réputation pour devenir « the place to be » pour celui qui veut s’offrir une 911 unique, à l’image de cette Targa de 90 qui s’appelle maintenant Max Power Commission…

Quand on confie une Porsche 911 à l’équipe de Singer, on ne la confie pas à un préparateur lambda. Pour Rob Dickinson et son équipe « everything is important » (tout est important), comprenez par là qu’on réalise une voiture sur mesure en fonction des demandes de son propriétaire. Rien n’arrête Singer dont la qualité des réalisations est tout simplement hallucinante. Enfin, ne rêvez pas, on a rien sans rien car même si les propriétaires signent une lettre de confidentialité, pour s’offrir une Singer, il faut souvent aligner un prix à 7 chiffres. Et à ce tarif, la plupart des proprios conservent leur voiture soigneusement et lorsque par le plus grand des hasards, l’un d’eux veut s’en séparer, il le fait souvent sans avoir besoin que ça se sache.

Parfois, on en voit une montrer le bout de sa calandre aux enchères… comme cette Porsche 911 Targa de 1990 (une 964 en fait), backdatée par Singer qui en a profité pour la rebaptiser Max Power Commission… un drôle de nom. Comme chaque voiture qui rentre dans les ateliers de Singer, elle a été entièrement dépouillée afin de pouvoir être entièrement reconstruite. Une fois mise à nue, la coque est renforcée et rhabillée de panneaux en carbone comprenant les ailes élargies, les capots et les pare-chocs. La face avant reprend le style des modèles de 70’s si ce n’est que les prises d’air ont disparu au profit de clignos plus longs. C’est subtil… Les phares bi-xénon sont cerclés d’alu poli. Le bouchon de réservoir en alu transperce maintenant le capot. Enfin, une lèvre inférieure complète l’avant alors qu’à l’arrière, l’aileron qui se déploie automatiquement à partir de 80 km/h est équipé d’un discret retour du type ducktail. Une profonde robe Rubystone vient recouvrir le tout, tranchée par les écritures Porsche « fantôme » au niveau des bas de caisse et du capot moteur. Notez les rétros abus en alu… rien n’est laissé au hasard !

Pour que le tableau soit complet, ne restait plus qu’à remplir les ailes avec des Fuchs forgées en 9 et 11 x 17″ chaussées en Michelin Pilot Sport de 225/45 et 265/40. Derrière, on retrouve un freinage Brembo emprunté à une 993 Turbo dont les étriers ont repris la teinte de la caisse avec le lettrage Porsche peint en blanc. Les trains roulants flambants neufs sont maintenus par une suspension confiée à Öhlins, au moins comme ça, y’a pas de doutes sur le comportement.

A l’arrière, le Flat 6 a été entièrement refait par l’équipe de Ed Pink Racing Engines à Los Angeles. Toujours en atmo et toujours en aircooled, il est revu de fond en comble. Vilebrequin, bielles, pistons, culasses, arbres à cames, soupapes, papillon, pipe d’admission, tout est neuf et upgradé. La gestion est signée MoTec. La ligne est libérée et tout comme l’admission, elle reçoit un traitement spécifique en céramique. Strocké en 4.0 l le gazier envoie maintenant 390 ch aux roues arrière via une boite 5 manu G50 avec différentiel à glissement limité.

Dans l’habitacle, les photos parlent d’elles mêmes… c’est du Singer, tendu de cuir et à la finition chirurgicale. On comprend pourquoi Singer se définit comme réinventeur de 911 où le moindre petit détail est optimisé et amélioré. C’est à tomber… en même temps, la « réinvention » a couté 617.070 $ ! Oui, le gars a laissé sa 964 Targa et a signé un chèquos de presque 620.000 balles pour que la reconstruction puisse commencer. Et aujourd’hui, il s’en débarrasse et l’a mise en vente sur le site d’enchères Bring a trailer… où elle dépasse déjà les 850.000 $. Ah ça pique… et ça montre surtout qu’une Singer ne peut plus être vraiment considérée comme une Porsche.

© maxpowermotors via BaT