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Quand on parle hot rod, on pense de suite au pape de la catégorie, j’ai nommé le célèbre Ford 32, le Deuce. Du coup on zappe toutes les versions qui ont suivi et qui offrent des base bien débiles pour sortir un projet qui le sera tout autant… Eh bien entendu, rien de mieux que l’argument par l’image, avec ce superbe Ford Model 68 DeLuxe Cab’ qui a reçu quelques bricoles histoire de sortir du lot et de poser ses roues sur DLEDMV !

C’est la Ford 32 qui va démocratiser le V8 et le faire entrer dans la culture automobilistique américaine. C’est aussi elle qui va bouleverser les codes. Avant, les voitures n’étaient que des sortes de charrettes motorisées. Avec elle, la voiture standard a enfin le droit de ressembler à quelque chose. A tel point que son succès va être fulgurant avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus en seulement deux ans. Et en 35, Ford remet une couche avec le Model 48. A partir de là, chaque année va voir débarquer son lot de modernités, de modifications et d’évolutions. En fait, l’automobile devient peu à peu un produit populaire et accessible qui fait désormais partie du quotidien… mais toujours avec un V8. Du moins, c’est comme ça qu’on le voyait de l’autre côté de l’Atlantique.

Celle qui nous intéresse aujourd’hui est un Model 68 de 36, l’évolution du Model 48 de l’année précédente. La grosse nouveauté vient l’entrée en gamme d’un cabriolet « club » dont le pare brise est entièrement caréné et avec un capote qui résiste aux intempéries… oui avant, autant dire que lorsqu’elles ne s’envolaient pas, elles étaient aussi imperméables qu’un slip en coton ! La DeLuxe représentait le summum de la gamme, en même temps, avec un tel nom…! Calandre et baguettes chromées venaient flatter l’œil.

Le Model 68 DeLuxe Cabriolet affiche un look intemporel avec ses ailes proéminentes, ses marches pieds XXL et sa banquette arrière qui se camoufle dans le coffre. La base est là… ne restait plus qu’à lui coller deux – trois bricoles pour la rendre sexy. Et honnêtement, ce DeLuxe cab’ de 36, il est juste parfait. Entièrement restauré en 2001, il s’est retrouvé avec une robe rouge sang, aussi bien dehors que dedans. Ne cherchez pas de mofis, il y en a pas… si ce n’est une garde au sol légèrement rabaissée. Tout est cohérent et étincelant. C’te caisse, il faut la regarder pus dans son ensemble que dans les détails. Le mariage de la teinte, qui s’étale dans l’habitacle sur la banquette en vinyle, la moquette, le tableau de bord et les contre-portes. Le volant trois branches en bakélite de style banjo, les p’tits cadrans AutoMeter vintage à fond blanc cerclés de chrome, et le décroché blanc des panneaux de portes viennent rappeler la nuance de la capote et du flanc des pneus. Vous en dire plus serait vous en dire trop, car les photos parlent d’elles mêmes…!

Du rouge, du blanc, du chrome… et du feu sous le capot. Exit le V8 Flathead de 221 ci (3.6 l) et place à un small block Chevy de 400 ci, composé d’un bloc Dart, de culasses et de psitons Wiseco, de bielles Manley, d’un carbu Holley, d’une alimentation en carburant de chez Earl et d’une boitoto à quatre vitesses Turbo-Hydramatic. Un gazier qui équipait plus des trucks que des berlines et qui n’était pas réputé pour sa puissance, mais plutôt pour son couple. Utilisé de 70 à 79, il revendiquait tout de même 265 ch mais surtout, 542 Nm. Sous le capot de cette DeLuxe Cab, il dépasse maintenant les 300 bourrins et les 600 Nm !

A l’arrivée, c’te Ford a tout pour plaire. La cure hot rod (ou custom) est aussi discrète que ce que l’engin doit envoyer du bois ! Tu peux pas forcément parler de sleeper quand tu vois la gueule du truc. A la rigueur son âge… malgré tout, il se la joue propre sur lui tout en étant capable de laisser de bonnes grosses traces noires sur le bitume. En tout cas, il est démentiel… et pour un premier Model 68 DeLuxe Cab qui pose ses roues sur DLEDMV, c’est un coup de maitre !

© MOTORVAULT via BaT