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Il y a d’abord eu le Big Bang… puis les dinosaures et ensuite la Ford Mustang. Après, les plus excités ont pu se défouler sur la Shelby GT350, puis la Shelby GT500 mais seul Carroll a eu l’honneur de s’amuser au volant de la plus démoniaque d’entre toutes… la GT500 Super Snake. Un monstre unique et aujourd’hui sur DLEDMV…

L’histoire de la Ford Mustang, vous la connaissez maintenant… hein ?! En 65 Carroll Shelby y appose son logo et la transforme en GT350, une arme de guerre aussi puissante qu’efficace. Sauf qu’elle n’a pas été conçue pour se la jouer sur Sunset Boulevard, mais pour partir à la chasse aux Corvette sur les circuits américains en SCCA. Mais le succès commercial fut tel qu’en 67, lorsque Ford allait décider de greffer le big block 428ci à son Pony car, chez Shelby, on allait pousser en vice en allant lui tirer 355 ch pour en faire la GT500. Bon jusqu’à là tout le monde suit…

En plus de son partenariat avec Ford, Shelby était également distributeur exclusif des pneus Goodyear sur la côte ouest des USA. En février 67, le manufacturier demande à Shelby d’organiser un évènement promotionnel pour le lancement de sa nouvelle gamme de pneus économiques Thunderbolt. Shelby décide alors d’y aller au volant d’une GT500 équipée des gommes américaines afin d’enchainer les tours de démonstrations sur l’ovale de San Angelo. Mais c’est là que ça va partir en cacahuète…

Tout ça, c’est la faute à Don McCain, le directeur des ventes de Shelby et ami du pilote texan. Alors que Carroll lui parle de son projet, il lui glisse discrètement dans l’oreille qu’une GT500 avec dans l’buffet, le monstrueux V8 427 de la GT40 victorieuse au Mans l’année précédente, ça pourrait être pas mal quand même. Il n’en faut pas plus pour faire briller les yeux de Shelby qui, dès le lendemain, confie la mission à Fred Goodell, son ingénieur en chef fourni par Ford. La Shelby GT500 Super Snake est née…

Il récupère une GT500 (châssis N°544), va y revoir le train arrière, renforcer l’arbre et le pont, y coller quatre Thunderbolt à flancs blancs et greffer le gros V8 full alu de 600 ch. Il y rajoute un radiateur d’huile, des ressorts et amortos plus rigides montés seulement côté passager puisque la voiture va rouler sur l’ovale de 5 miles situé à San Angelo au Texas. Goodell termine le tableau avec des cerclages de phares chromés réalisés sur mesure et un habillage le Mans avec une large bande bleue bordée de deux bandes plus étroites.

La voiture débarque au Texas pour la dernière semaine du mois de mars. Shelby l’a chaussée en Thunderbolt, les pneus les plus étroits qui équiperont une Shelby GT500 ! Pour l’occasion, ils sont surgonflés à l’azote afin d’éviter les variations de pression, les surchauffes et de pouvoir garder les flancs rigides. Carroll va effectuer quelques tours d’essais, atteignant les 274 km/h au volant de sa Super Snake. Mais obligé de rejoindre Washington, il confie son casque à Goodell qui va alors entamer un long test de 500 miles, à une vitesse moyenne de 241 km/h, en embarquant régulièrement des journalistes invités pour l’occasion.

L’évènement terminé, la Super Snake rejoint la concession Ford de Mel Burns en Californie afin d’y être exposée. Pendant ce temps là, Don McCain met en place une grosse campagne de comm’ afin de tâter le potentiel et l’intérêt que pourrait susciter une série limitée de 50 GT500 Super Snake. Mais voilà, il aurait fallu la vendre plus du double du prix d’une GT500… bien plus cher qu’une Cobra 427. Jugée trop chère, personne ne va adhérer au concept. Shelby abandonne l’idée de la série limitée et la Super Snake restera unique.

Elle va finalement être vendue aux pilotes James Hadden et James Gorman du team Braniff International Airways. Equipée d’un pont court, elle va connaitre une courte carrière en Dragster avant de changer de main à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, elle fait partie des licornes de la grande famille Mustang. Une de celle qu’on copie sur toutes les versions. Mais il n’existe qu’une seule et unique véritable Super Snake, celle qui défile sous vos yeux et qui en 2019, s’est vendue pour 2,2 millions de dollars… faisant d’elle l’une des Mustang les plus chères du monde.

© Mecum