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La Jaguar XK8 c’est une GT rapide et luxueuse. La Jaguar XKR, c’est la même, mais en plus énervée. En même temps, c’est normal, elle a un R dans son nom…! Le R de Racing, même si finalement, elle ne reste qu’une grosse GT et pas forcément un vraie sportive. Enfin, ça c’était sans compter sur la Badcat…

Quand la Jaguar XK8 débarque en 96, c’est désormais l’étendard de Ford qui flotte sur le fronton de l’usine de Coventry. Et pourtant, c’est une vraie Jaguar. Féline, racée, luxueuse, confortable… une vraie GT faite pour enfiler les kilomètres à vive allure plutôt que sur circuit. Deux ans plus tard, l’arrivée du compresseur Eaton va la transformer en Jaguar XKR sans pour autant changer la philosophie, si ce n’est qu’elle peut aller plus vite. En effet, le V8 de 4.0 l passe de 293 à 375 ch. Les 525 Nm associés à une boitoto la rendent vive… sans pour autant en faire une sportive, surtout avec presque 1,8 tonnes sur la balance. Il n’empêche qu’avec sa Jaguar XKR, la marque allait recoller au cul de ses concurrentes, Mercedes SL et CL, Maserati 3200 ou encore Porsche 996, mais aussi relancer les ventes.

C’est l’une d’elle qui va croiser la route d’un certain Graham, une XKR de 98. Sauf que Graham va se lancer en 2007 dans un projet qui va lui prendre 13 ans pour en voir la fin et faire de XKR celle qui s’appelle maintenant Badcat et affiche allègrement 632 ch pour 805 Nm de couple.

Pour en arriver là, Graham va réécupérer un V8 4.4 l qui sommeillait paisiblement sous le capot d’un Range Rover Supercharged. D’abord refait à neuf, il se retrouve aussitôt forgé grâce à un ensemble mobile JE. Puis le gazier va ensuite se retrouver chez le spécialiste C&M Engineering afin d’être dopé d’abord par un compresseur Eaton de XKR GT3 avant de le remplacer par un Whipple W175AX dont l’adaptation a couté de nombreuses nuits blanches et un collecteur d’admission entièrement repensé alimentée par une boite à air gavée en direct via une prise d’air XL greffée au capot qui débouche sur un papillon Jenvey de 90 mm. Les culasses sont également revues. Le réservoir est réalisé sur mesure par CKL Racing et embarque deux pompes haute pression Walbro 450. Les collecteur 4-2-1 en inox sont couverts de Zircotec et filent vers des lignes full inox sur mesure. Le refroidissement a été optimisé et upgradé par deux intercooler, et deux radia en alu, un pour l’eau, l’autre pour l’huile. Afin d’évacuer les calories du V8, 52 persiennes ont poussé sur le capot. Capot qui, à l’image de celui de la Civic de Kevin, a été posé sur des cales pour permettre une entrée d’air en continu, sûrement plus utile sur un V8 compressé de plus de 600 ch que sur un D16 préparé chez Wish Motorsport !

Les watts filent aux roues arrière via une boite 6 Tremec manuelle accompagnée d’un embrayage à double disques en céramique McLeod et d’un différentiel à glissement limité trouvé dans le catalogue Quaife. Et pour qu’ils restent sur la route, les coilovers Nitron sont réglables, plus rigides et plus courts. Le freinage est confié à des étriers et disques Brembo avec plaquettes EBC Yellow Stuff.

Forcément, quand tu te fais surnommer Badcat, tu débarque pas en costard trois pièces avec la raie sur le côté, même si la Badcat reste soft avec sa robe bleue nuit tranchée de quelques touches de jaune. Si le look est laissé d’origine, son aéro a été améliorée. pas de kit large ou de vulgaires fender flares, mais une lèvre inférieure à l’avant sur laquelle vient se greffer une lame maintenue par des tirants. Des feux Arden, un aileron réglable sur le cul et aux quatre coins, des jantes Ascari Penta en 20″ enrobées de gommes Michelin Pilot Sport R pour la route, et des Hydra en 18″ chaussées en Toyo R888 pour les cessions piste.

Pour dompter la bête, Graham se love dans des baquets Corbeau tendus de cuir, se sangle avec des harnais Luke (rien ne dit si c’est son père…!) avant d’empoigner un volant Momo en peau retournée et à méplat. Les placages bois ont laissé leur place à de l’alu et divers manos ont fleuri afin de pouvoir veiller au grain. Rien d’ostentatoire au delà de ce qui équipait l’anglaise le jour de sa naissance… du confort pour le tous les jours, et du sport pour la chasse au chrono.

Au final, c’te Jag’ XKR sent le sport et la sueur… enfin surtout l’essence. Un gros chat sauvage dont le jeu favori doit être de s’amuser à faire fondre ses gommes tout en essayant de faire passer son cul devant ! Une sale bestiole au caractère de connard, prêt à envoyer les griffes dès qu’il le peut… un vrai Badcat !

© Graham Wood via The Market