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De notre côté de l’Atlantique, quand on dit Laguna, on sourit. Y’a la berline de tonton Roger, mais aussi celle qui a dominé le BTCC ou encore le break de Molloch. Chez les ricains, quand tu dis Laguna, c’est pas la même chose. On pense au coupé au volant duquel Cale Yarborough deux de ses trois titres en Winston Cup… et au projet Talladega.

Aux states, la Laguna, elle s’affiche avec le logo Chevrolet. Avant 73, c’est la version luxe de la Chevelle. A partir de 74, elle se transforme en coupé avec calandre inclinée, toit en vinyle et tout c’qu’il faut pour en mettre plein les yeux. Si ce n’est que dans les 70’s, elle n’a pas grand chose de plus à proposer. Les V8 sont toujours là, de 5,7 l à 7,4 l pour 147 à 218 ch…! Pas de quoi s’aligner au départ d’un 400 m. Autant dire qu’avec ce rendement agricole, le gros coupé se contente d’une conduite coulée, vautré dans le cuir et le bois. Cruising obligatoire…

Et bien celui qui déboule, il s’en tamponne de tout ça. Il s’appelle Project Talladega et est censé reprendre le look des caisses de NASCAR des 70’s. Et pas que puisqu’il s’est aussi retrouvé avec une bonne grosse dose de pompelup sous le capot, en l’occurence, un V8 427 ci Dart Special High Performance assemblé et préparé chez les sorciers de chez Dart Machinery. En gros, le 8 pattes a été revu de fond en comble. Pistons forgés Mahle, tout comme le vilebrequin signé Eagle. Les arbres à cames viennent de chez Comp Cams et les soupapes de chez Dart. L’allumage est un Davis Unified Ignition HEI avec synchronisation instantanée. L’admission gave un carbu Holley Ultra HP 850 cfm en air frais. Une ligne sur mesure extrait les calories. Au final, ce sont plus de 627 bourrins qui déboulent sur les roues arrière via une boite Phoenix PT700R4SX associée à un différentiel Eaton Detroit TrueTrac.

Avec un tel cheptel, fallait que ça tiennent un peu le pavé. A l’avant, on retrouve une double triangulation alors que l’arrière fait maintenant confiance à du multibras. Tout a été pioché dans le catalogue de Global West puis maintenu par des suspensions Viking réalisées sur mesure et entièrement réglables. Au niveau freinage, Baer Track-4 a fourni un nouveau maitre cylindre et des étriers 4 pistons qui mordent des disques percés de 13″. La direction HiPo Classic Performance Products série 500 est désormais beaucoup plus directe. Le tout est posé sur des Year One en 9 x 17″, chaussées de Continental en 275/55 aussi bien devant que derrière !

Physiquement, il était impensable de miser sur un look soft et d’origine. D’autant plus qu’une Chevrolet Laguna, de base, ça propose autant de sex appeal qu’une pantoufle ! Du coup, le coupé Laguna s’habille en robe noire couverte d’un vernis mat. La calandre inclinée, spécificité du millésime 75, passe en gris satiné. Les phares sont couverts de caches Dzus escamotables. L’avant accueille une lèvre inférieure pendant que le cul se pare d’un aileron réglable en inclinaison. Des pare-chocs légèrement retouchés, quelques stickers et le tour est joué.

Ca continue dedans. Le tableau de bord a été entièrement restauré par Just Dashes. Un duo de baquets Scat ProCar Rally 1000 a été installé avec un jeu de harnais 5 points Crow. A l’arrière, la banquette n’est plus qu’un lointain souvenir puisqu’un demi arceau l’interdit de recevoir un quelconque passager. Le tableau de bord reçoit son lot de manos, le montant voit débarquer un compte tours AutoMeter et un dash numérique fait son apparition sur la colonne de direction, en compagnie de palettes pour commander la boite, pilotées par un contrôleur GSM-5000 Powertrain Control Solutions installé sur la console centrale, à côté des obligatoires portes-gobelets.

A l’arrivée, cette Chevrolet Chevelle Laguna S3 envoie du pâté. La gueule donnerait envie à Richard Petty d’enfiler son Stetson alors que son V8 lui permet d’arracher le bitume. Comme quoi, avec le Project Talladega… t’as la dégaine (Master Level confirmed) !

© ForzaV12 via BaT