1953 Gordini type 24 S – Un peu de culture automobile…! 1


En effet, on connait Gordini par le biais des Renault ornées des célèbres bandes blanches. Mais bien avant que le sorcier ne se penche sous le capot des placides autos au losange, il endiablait déjà d’autres modèles pour d’autres marques et ce, plus dans un but d’engagement en compétition. Récit …

Originaire de la région de Bologne, Gordini apprend la mécanique au saint d’une concession Fiat avant de partir à Milan chez Isotta-Fraschini. En 1926 il épouse une française et la suit jusqu’à Paris ou il devient concessionnaire Fiat. Il participe à quelques courses régionales, au volant d’une 508 S Balilla, qu’il peaufine et fait évoluer pour finir par remporter le Bol D’Or, ainsi que les courses de Reims, Miramas et Spa Francorchamps. A l’époque, la fabrication des Fiat, en France, est gérée par Simca, et c’est en 1937 que le fabricant demande à Amédée Gordini de se charger de la préparation des petites Simca 5… 4 cylindres, 570 cm3, 23 ch… Pour 22 records du monde et une victoire de classe aux 24h du Mans…! De quoi se faire appeler « Le Sorcier » !

Gordini type 24S simca5

Gordini a de l’ambition, beaucoup d’ambition ! Il souhaite monter en catégorie et lorgne sur la F1 et les 24h du Mans entre autres. Il met en oeuvre des modèles capables de jouer les troubles-fêtes, mais les mécaniques, souvent poussées au delà de leurs capacités, ne permettent pas de glaner les résultats escomptés ! Hormis en F2, ou les petites cylindrées compressées conviennent parfaitement. Au début des années 50, Simca commence à s’impatienter, refuse de suivre Gordini dans l’aventure F1 et le Mans et fini par le lâcher à la fin de 1951. Faute de résultats, Gordini se retrouve quasiment ruiné, mais dans une ultime tentative, prend son indépendance et dessine une voiture qui répond au règlement du nouveau championnat de F2, avec un 6 cylindres de 2l. Il fabriquera alors 2 voitures et les engagera en 1952.

Gordini type 24S t15c

Gordini type 24S F1 noiretblanc


Pour la petite histoire, le 1er grand prix de la saison se déroule en Suisse. Après un galop d’essai à Marseille, la voiture est rapatriée à Paris pour y être révisée, puis, rejoindra la seconde monoplace déjà à Berne. Mais voilà, il faut affréter la voiture par la route. Le problème est que le temps est trop court pour s’y rendre en camion avant le début des qualifications. Gordini décide alors de coller un fausse plaque d’immatriculation sur la monoplace et Jean Behra en prendra le volant, se faufilant ainsi au milieu de la circulation ! Il arrivera à temps, se qualifiera, et se classera 3ème de l’épreuve ! Gordini se refait progressivement un santé. En 52, Behra remporte le grand prix de la Marne sur le circuit de Reims au nez et à la barbe des Ferrari 500 d’Acari et Farina ! 53, une de ses voitures fini 6ème des 24h du Mans ce qui permet au Sorcier de se retrouver décoré de la Légion d’Honneur. Mais ses rêves de victoires reviennent aussitôt, et dès l’année suivante, il retente sa chance en F1 ! Il développe une monoplace, avec une suspension indépendante aux 4 roues. Il y associe un 8 cylindres et une boite 5 vitesses. Il s’entête sans véritable résultat et jète l’éponge définitivement et une seconde fois ruiné après le grand prix de Naples en 1957.

Gordini type 24S gordlemans

Gordini type 24S F1

Sa rencontre avec Pierre Dreyfus sera capitale. Le patron de Renault lui propose alors de s’occuper de son département compétition et de préparer la toute nouvelle Dauphine. Il accepte et en 58, les Dauphine Gordini remportent le rallye de Monte Carlo,le tour de Corse, et accumulent les victoires jusqu’en 1962. C’est à cette période que Gordini se penche sur celle qui deviendra une école de pilotage pour toute une génération de pilotes, la Renault 8. La célèbre version bleue, ornée des deux bandes blanches, fait son apparition au salon de Paris 1964. On connait la suite, une série impressionnante de victoires en rallye, la coupe R8 Gordini à partir de 66, qui verra sortir du lot des pilotes tels Bernard Darniche, Jean Pierre Jabouille, René metge, Jean Pierre Jarier, Jean Luc Thérier, ou Jean Ragnotti !

Gordini type 24S ragnotti

Gordini type 24S coupe R8

En 69 Renault rachète la marque Gordini. La 12 prendra le relai de la 8… Avec bien moins de succès ! Le coupé 17 se verra aussi badgée Gordini, mais ce ne sera qu’une appellation commerciale apposée sur une une R17 TS. Peut importe, Amédée Gordini a finalement réussi son pari. Son nom est rentré dans la postérité !

Gordini type 24S R12

En Angleterre la R5 Alpine sera commercialisée sous le nom de R5 Gordini !

RENAULT-5-gordini-1911

Amédée Gordini disparait en 1979, un an après avoir assisté à la victoire des Alpine -Renault aux 24H du Mans, motorisées par le V6 Turbo signé Renault Gordini ! Comme quoi… tout fini par arriver…!


2010, Renault cède aux sirènes du marketing et ressort la marque des tiroirs ! Sans aucun rapport avec son histoire, elle devient une version exclusive des sportives RS. Grosso modo, c’est la fameuse couleur bleue et les 2 bandes blanches, une logo et une stylo marqué Gordini pour 5000 € en plus sur le prix… Que de la gueule quoi ! Ils ont même poussé le vice à le mettre sur des diesel ! Sachant que récemment, Carlos Tavares avait annoncé un retour de Gordini en tant que division rallye de la marque au losange, avec des voitures réellement sportives sans aucun compromis. Son départ à la direction de Peugeot laisse présager que le projet retournera surement dans les cartons ! Don’t act ! 

Gordini type 24S amedee

Voilà, tout ça pour en venir à la vidéo qui va suivre. La fameuse 24S de 53 qui remporte de tour de France auto de la même année aux mains de Jean Behra. Recarrossée au fil des saisons, elle participera aux 24h du Mans, aux Mille Miglia, à la Carrera Panamericana, aux 12h de Reims… Sa dernière course sera celle des 1000 km de Paris en juin 56. Elle sera alors revendue Françoise Sagan pour le montant… Des dettes de l’entreprise ! La romancière sauvera Gordini de la bank route. Elle est motorisée par un 8 cylindres en ligne de 3 l (en fait 2 blocs 4 cylindres de 1500 cm3 accouplés) de plus de 260 ch. Elle possède la fameuse suspension aux 4 roues indépendante, la boite 5 et les 4 freins à disques. Il existe un second exemplaire exposé au musée de Mulhouse.

Si éventuellement vous vous sentez l’âme d’un collectionneur , et que votre compte en banque vous le permet, elle sera mise en vente dans quelques jours à Paris par RM Auctions. Son estimation ? Entre 3 et 4 millions d’€ ! Paiement par Paypal accepté !

© vidéo : RM Auctions / © photos : Renault – Gordini et signatures éventuelles 


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