A l’heure où Renault a enterré la Clio RS, et où on nous explique que l’avenir des compactes sportives, c’est l’électrique, j’avoue que j’ai presque lâché une petite larme quand j’ai aperçu cette R5 Turbo 2. Moi qui suis pourtant un grand fan d’autos modernes, quand je regarde cette petite bombe, je suis presque obligé d’admettre que pour certains trucs, « C’était mieux avant »…

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Alors, quelle mouche a piqué Renault pour qu’ils nous pondent une telle pompe à feu ? Ben l’histoire commence en 77 quand Jean Terramorsi et Henry Lherm décident de mettre au point une R5 ultime pour booster les ventes du modèle de route et accessoirement aller botter des culs en rallye. Après un grattage de crane méthodique et un peu de machouillage de stylo, la recette choisie est pour le moins radicale : un moteur monté en position centrale arrière, et toute la patate sur le train arrière ! Ouch !


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La R5 Turbo pose donc ses roues sur route en 1980. Si l’extérieur arrache déjà la rétine avec ses hanches larges et sa gueule de pitbull enragé, l’intérieur est à couper le souffle. Mais pas complètement dans le bon sens. Si le dessin en soit est osé et résolument futuriste (en même temps, il y a Bertone au bout du crayon), les couleurs proposées sont pour le moins… patriotiques. Ce sera rouge ou bleu, en miroir avec la couleur extérieur. Alors là, c’est sûr que ça va être dur de passer inaperçu.

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Et c’est pourquoi en 83, la R5 Turbo 2 débarque. La principale différence, c’est qu’elle abandonne ce fameux intérieur de concept-car pour emprunter celui de la 5 Alpine Turbo. Pour le reste, les deux sont quasiment identiques. La partie mécanique reste inchangée ; derrière les sièges, on trouve le vaillant 4 pattes à basculeurs Cléon, en version 1.4L et gavé par un gros turbo qui lui permet d’aller chercher 160 chevaux tout de même. Pour emmener moins d’une tonne, il y aura largement de quoi se faire plaisir et même un peu plus, parce qu’avec son moteur en sac à dos dans un empattement aussi court, la 5 Turbo est réputée particulièrement pointue à conduire. Jetez donc un œil par là pour voir ce qu’en dit le patron !

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Avec 1690 exemplaires contre 3167, la Turbo (qu’on appelle du coup parfois Turbo 1) est bien plus rare et recherchée que la Turbo 2. Mais il existe aussi une perle chez la Turbo 2 : la type 8221. Produite à 200 exemplaires, celle-ci retrouve le pavillon en alu présent sur la Turbo puis abandonné sur la Turbo 2. Mais surtout, elle embarque un bloc dont la cylindrée est augmentée de 43 centimètres cube, juste ce qu’il faut de manière à pouvoir homologuer la Maxi 5 Turbo en groupe B dans la catégorie 2 L, et donc de pouvoir chausser des gommes plus larges. A ce moment là, le but pour Renault, c’est d’aller chercher les concurrentes à transmission intégrale sur l’asphalte, où leur avantage de motricité pèse moins lourd sur la balance.

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Et devinez ce que vous avez sous les yeux ? Et ben oui, on n’a pas fait les choses à moitié ! Cette Turbo 2 « 8221 », a même le bon goût de chausser des jantes Gotti en trois parties, chaussées en Yokohama. On ne sait pas si elle tient mieux la route, mais bordel quel look !

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Quand je regarde cette Turbo 2, je vous avoue que la sensation est particulière. J’ai des étoiles dans les yeux, mais en même temps, j’ai comme un goût de merde dans la bouche. Mais merde ! Pourquoi on en fait plus des caisses comme ça ! C’est pas vraiment une vraie question, je sais bien pourquoi on en fait plus, mais ça me fout des hémorroïdes de regarder les compactes sportives disparaître. Quand on voit les perles auxquelles on a eu droit quand certains bonhommes pètent un câble et foutent un gros moteur dans une petite caisse, il y a de quoi la verser la petite larme…

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