Aaah la Renault 5, vraie petite caisse polyvalente, elle connaît un grand succès pendant près de 10 ans. Elle remplace avec brio la fameuse 4L et contrairement à cette dernière, des versions sportives, voir même démoniaques, vont émerger des usines pour notre plus grand bonheur. Un bond dans le passé sur la plus débridée des Renault, ça vous tente ?

Renault 5 Turbo "Superproduction" - Un bien faible mot ! 1

Dans ces versions sportives, il y a l’Alpine, l’Alpine turbo, relativement connues, l’Alpine Coupe, l’Alpine Coupe Turbo en exemplaires ultra rares et bien évidemment, les Turbo et Turbo 2. De quoi avoir le choix en fonction de ses désirs et de ce qu’on veut ressentir dans les tripes. Honnêtement, quel constructeur peut se vanter d’avoir autant de versions sportives sur un seul et même modèle qui eut autant de succès ? Et dans le sport auto, dans les années 80, un orage se prépare sur les circuits en championnat Superproduction.


Renault 5 Turbo "Superproduction" - Un bien faible mot ! 2

Voici, voilà, la R5 Turbo Superproduction. Un avant de Super 5, un kit carrosserie encore plus démesuré super trapu et des roues ubuesques qui lui vont à souhait. Rasant le sol, elle part à la chasse des Peugeot 505 et Citroën AX Superproduction. Et quel exemplaire ! Conduite par Erik Comas, elle remporte le championnat de France de Superproduction en 87 avec l’aide de Ragnotti et Bousquet. Le trio accroche 6 victoires sur les 12 courses que comptera la saison. Quand Renault avait des couilles, ça rigolait pas. Regardez moi ce 3/4 arrière. Si ça vous donne pas envie d’enfiler un casque, et d’arsouiller comme si c’était la dernière fois de votre vie, je mange mon clavier.

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Cette petite R5 préparée par des personnes visiblement très énervées, n’avait qu’un seul but : celui de gagner. Renault est allé à la limite des régulations du Superproduction pour pouvoir en tirer le maximum. La caisse a été envoyée chez Matter pour la rigidifier et la renforcer, et chez Sonica pour tout ce qui est liaison au sol. Toutes les pièces sont usinées à la main, les pièces de rechanges sont donc inexistantes ! La rareté atteint des sommets. Le moteur est passé dans les mains de Sodemo et Sytel. Usant de leurs propres techniques, le moteur « des pieds à la tête » a complètement changé. Arbres à cames, système d’injection, couloir d’admission, gros Turbo Garett poussé à 2.8 bars, bref, entres autres. Ce qui nous fait un total de…

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…390ch à 7000tr/min. Pour l’anecdote, un papier de résultat sur banc d’essai annonçait 415ch avec le turbo poussé à 3.2 bars. Si je devais trouver un adjectif pour décrire ce que je ressens sur ces données totalement dingo sur une R5 des années ’80, ça serait : « cinglarteaulade » (devinez les trois mots que j’ai mélangé et dites le nous en commentaire !). Déraisonnable étant trop faible, j’ai préféré improviser.

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Déguisée en véritable machine à défourailler de la lionne, l’intérieur est évidemment fait pour la course et pour encaisser (ou pas…surement pas) les G que vous prendrez à chaque fois que votre coeur vous fera monter la bave aux lèvres et hurlera à votre partie du cerveau qui gère le stress de souder comme un « rédacteur de chez DLEDMV ». (oui oui, c’est un nouveau synonyme de « fou »).

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Qu’on aime ou pas… bla bla bla… Cette fois-ci, vous n’avez qu’une seule option : Vous aimez. Présent simple indicatif du verbe aimer : j’aime, tu aimes, il/elle aime, nous aimons, vous aimez, ils/elles aiment. Ai-je été assez clair ? A l’heure où j’écris cet article, Erik Comas a remporté la 1ère place au circuit Pau-Arnos à bord de cet engin débridé il y a 33 ans, jour pour jour, un 25 octobre 1987. En attendant, vous pourrez la voir évoluer sur circuit en vidéo en qualité « VHS » discutable, ça rappellera de bons souvenirs à certains !

© Silverstone Auction & Ian’s Deaf-Motorsport