AMC : American Motor Corporation. Quand on pense Muscle Car, on pense de suite aux mythiques productions des Big Three de Detroit. Mais au fin fond du Wisconsin sévit un quatrième éleveur de pur-sang, qui compense son manque de moyens financiers par une imagination fertile…

AMX 1968

AMC a une identité paradoxale. D’un coté ça paye les factures en fourguant des caisses de VRP insipides, mais de l’autre, l’innovation est dans l’ADN du groupe. Normal quand on est le fruit de l’union d’Hudson, dont la redoutable Hornet écrasait le championnat NASCAR dans les 50’s, et de Nash qui a très tôt cru aux citadines compactes. Ils ont osé à une époque où la tendance était plutôt d’avoir une bagnole au gabarit comparable à celui de l’USS Nimitz.

AMX 68


A la fin des 60’s, une fois n’est pas coutume, on a un train de retard à Kenosha. AMC n’a pas su anticiper le succès des Pony Cars, et il va falloir frapper fort pour briller sur le marché des voitures de djeunz qui explose de manière exponentielle. On lance alors les Javelin et Matador, de belles autos, mais qui souffrent d’un déficit d’image : il leur faut un porte étendard, un truc burné et clinquant qui prouve au quarterback du lycée local qu’AMC c’est pas juste la Rambler à papy, mais aussi le bolide qui va lui permettre de soulever de la cheerleader.

AMX 68

Le projet est baptisé AMX, pour American Motors eXperimental… Ouais, ouais, on y va pas par quatre chemins, ici c’est la NASA t’as vu ? Bon, comme souvent en marketing, le titre est trompeur. On est loin de l’innovation technologique à la Von Braun, donc on va utiliser une recette éprouvée : foutre le moteur d’une grosse bagnole dans une petite. Enfin petite, le bébé accuse quand même 1,4 tonnes sur la balance, mais pour l’époque c’est light donc right. Elle bénéficie surtout d’un empattement très court, 30 cm de moins qu’une Mustang, ce qui est un bel avantage quand on veut s’aventurer sur les dragstrips, et c’est très précisément le projet !

AMX 68

En effet, pour une image perfo, quoi de mieux que la compétition ? Gagner le dimanche c’est vendre le lundi. AMC l’a bien compris, en envoyant notamment des Javelin foutre quelques coups de portières aux Mustang et Camaro en TRANSAM. L’AMX quant à elle joue la proximité, à l’heure ou n’importe quel bled du Midwest possède sa piste d’accélération, c’est le championnat NHRA qu’elle vise, et elle est armée pour !

AMX 68

Car en plus de son poids contenu et de sa géométrie de Pitbull, le compartiment moteur a été correctement garni : on y retrouve un viril big block de 6,4 litres, crachant pas moins de 325 bourrins et un couple de camion, associé à une boite manuelle 4 rapports. D’origine hein, si vous savez ce qu’un gros V8 Ricain peut devenir entre les mains d’un mécano un peu débile, vous savez aussi que les gros slicks Hoosier et les wheelie bars peuvent très vite se révéler indispensables !

AMX 68

L’intérieur lui, est esprit Racing d’époque : du plastoc et du skaï noir, du faux bois, un beau volant 3 branches alu et un levier de vitesses au plancher. Mais il comporte aussi le talon d’Achille du modèle. Bordel… Elle est où la banquette arrière ? On en fait quoi de Cindy la cheerleader après avoir mis des paillettes dans sa vie à grands coups de burns devant la cantine ???

AMX 68

Le petit dragster de Kenosha ne connut pas un gros succès commercial, mais bon, la qualité ne fait pas forcément vendre, suffit de voir l’audimat d’Hanouna pour s’en convaincre. Mais n’a-t’ il pas surtout payé son coté avant-gardiste ? Parce qu’une voiture compacte à hayon bodybuildée, c’est un peu l’essence même du concept de GTI nan ???

AMX 68

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