Pourquoi un papier sur ce break Chevrolet ? C’est pourtant l’archétype de la péniche familiale américaine : énorme, pataude et mue par un V8 au rendement aussi ridicule que sa conso est gargantuesque. Elle a clairement plus sa place dans un téléfilm de Noël pourrave que dans un nouvel opus de Fast & Furious… Ou pas !

Chevrolet Caprice

Et ouais, elle en impose la Chevy : 5,50 mètres de long sur 2 de large, pas franchement une ballerine, de là à dire que Karen est plus douée pour les manœuvres que son homologue Française… Ce break Caprice a donc commencé sa vie entre l’école et la maison, avec un crochet par le mall pour ravitailler sa maitresse en anxyos et Chardonnay. Comble du chiant, elle a même été revendue au pasteur local ! Heureusement, son troisième proprio est un type comme on les aime bien ici : un débile !

Chevrolet

Notre homme flaire vite la badasserie potentielle de la péniche et se met au boulot. La bourgeoise s’encanaille en récupérant calandre et pare-chocs de sa cousine délurée. Baguettes chromées et kitchissimes enjoliveurs à rayons sautent aussi, cédant leur place sur les jantes en tôle noires à un accessoire top frime : le même cache central que sur les Impala de la Highway Patrol. Au final ce traitement monochrome donne un look agressif et intimidant au gros break ricain : bien joué !

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Là vous allez me dire “Ok, elle a de la gueule, mais ça avance ce truc ?” J’y viens, rassurez vous, le proprio n’est pas le genre de mec à coller un badge M sur une 318d, il a fait ça propre. La face avant de l’Impala SS n’est pas venue seule : profitant du volume de chargement satisfaisant de la Caprice, notre homme a ramené de la casse son gros V8 LT1 avec. Et ouais, c’est une vraie Police Interceptor que vous avez sous les yeux !

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Le small block 5,7 litres est quasi stock, il respire juste via une admission directe et une ligne complète, une petite reprog pour caler le cœur avec ses nouveaux poumons et basta. Faut dire qu’il est déjà assez balèze, une Impala SS ça pète le 0 à 100 en 6.8 hein monsieur, le monogramme SS c’est pour Super Sport : pas le temps de niaiser ! Nan, pour en faire un vrai dragster, la vérité est ailleurs, et plus précisément au niveau de la transmission…

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Comme l’indique fièrement le pommeau rouge candy qui trône en haut du short shift Hurst, Three Pedals LLC a greffé une boite 6 manuelle au V8. Et la conversion a été faite dans les règles de l’art, puisque la patate transite aux roues arrière via un volant moteur allégé, un arbre de transmission alu et un autobloquant Eaton. De quoi faire cirer correctement les gommards, du parking de supermarché au dragstrip il n’y a parfois qu’un pas, costaud !

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L’intérieur, hormis un petit compte-tours Classic Instruments sur le montant de pare-brise, reste stock, et c’est pas plus mal. Avec sa config total bordeaux, c’est une ode au confort et au mauvais goût ricain. La moquette premium Saint-Maclou, les fauteuils en velours Conforama, les boiseries en formica… Une vraie paire de charentaises cet habitacle: ringard à mort, mais qu’est ce qu’on est biens dedans !

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Le corbillard de sport se permet même d’être modulable : Oui je sais chef, on est pas chez Autoplus, on s’en tamponne ! Mais non en fait, parce que cette bagnole de 96 offre une banquette supplémentaire planquée dans le coffre, comme pas mal de merdospaces actuels. Cherry on the cake, elle est installée dos à la route, ce qui est vachement pratique quand on a des gosses moches. Non franchement, vous cherchiez la caisse idéale ? Ne cherchez plus, vous l’avez trouvée !

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