J’aime les petites voitures populaires. Non pas que les autres ne me plaisent pas, mais j’ai une certaine affection pour les petites bagnoles, c’est comme ça. Et parmi ces petites voitures populaires il y en à une qui fait office de licorne, c’est l’Innocenti Mini De Tomaso.

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Si vous venez de craquer sur la photo de titre sans lire l’article, et que vous êtes déjà sur un site de petites annonces en train de chercher une Innocenti Mini De Tomaso, vous allez inexorablement tomber sur… des Mini ! Déjà parce que la version De Tomaso se fait rare, et aussi parce que la marque Innocenti a fabriqué des Mini pendant presque 10 ans.

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Après avoir fabriqué des carrosseries de scooters pour Lambretta, Innocenti se lance dans la production automobile à la fin des années 60 à la faveur d’un partenariat avec British Motor Corporation. Les Anglais cherchaient un nouveau marché ou vendre leurs autos sans avoir à se cogner des droits de douane exorbitants.

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La première voiture produite sous cet accord fut l’Innocenti A40 qui n’est autre qu’une Austin A40 légèrement retouchée. Virent ensuite les IM4, I4 et I5, dérivées des Austin 1100 et 1300. Malgré le fait que la marque Italienne cherche à développer ses propres modèles, c’est avec la Mini qu’elle connaitra un franc succès.

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Mais attention, pas n’importe quelles Mini. Des Mini Italiennes ! Tableau de bord en salsiccia, housses de siège en parmesan et huile d’olive 10w40, la totale ! Innocenti les assemblait dans son usine de Lambrate à Milan, et les commercialisait sur le marché Italien uniquement. L’ensemble châssis/moteur venait d’Angleterre tandis que tout le reste était fabriqué en Italie. Les finitions étaient autrement supérieures que les versions Anglaises ! Qui l’eut cru hein ?

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Et la De Tomaso alors ? J’y viens ! A la fin des années 60, Luigi Innocenti commence à sentir le vent tourner pour sa petite Mini avec l’arrivée de l’Autobianchi A112 et la Fiat 127. Il confie un projet de petite voiture à Bertone et Michelotti mais n’a pas les moyens financiers pour aller jusqu’au bout. C’est alors que British Motors Corporation, devenu British Leyland, reprend les rennes de l’entreprise et décide de poser la carrosserie dessinée par Bertone sur les châssis de Mini.

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Au milieu des années 70, British Leyland au bord de la banqueroute, se désengage entièrement d’Innocenti. C’est l’organisme d’Etat Italien GEPI (qui avait déjà sauvé Maserati de la faillite après désengagement de Citroën), qui reprend l’entreprise Milanaise et la colle entre les pattes d’Alejandro De Tomaso (ah ça y est on y arrive !). Il doit composer avec des licences Anglaises toujours en cours et le défi de garder Innocenti la tête hors de l’eau.

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De Tomaso se charge donc de relancer la production en y mettant sa touche personnelle. Dans un premier temps avec les motorisations Anglaises, soit deux petits 4 cylindres de 998 cm³ et 1275 cm³ développant respectivement 44 et 67 chevaux, et ceci jusqu’à expiration du contrat avec British Leyland.

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A partir de 1982, libéré de tout engagement, la deuxième série sera entièrement revue tant au niveau finition, châssis, moteurs… Seule la carrosserie n’évoluera  que très peu. De Tomaso ira chercher un moteur chez Daihatsu pour équiper le bazar, en l’occurrence un petit 3 cylindres de 998 cm³. Certaines seront même équipées d’un turbo, comme celle qui illustre cet article.

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Plusieurs modèles voient le jour jusqu’au début des années 90. Date ou De Tomaso revendit la moitié de ses parts à Fiat. Certains disent que Fiat aurait fait en sorte de faire cesser la production pour ne pas se faire de concurrence interne. Ajoutez à cela que la mairie de Milan voulut récupérer le terrain de l’usine pour y faire construire des logements, et vous sonnerez le clap de fin de le Mini Innocenti De Tomaso.

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Aujourd’hui si vous voulez en trouver une, il faudra vous armer de patience. Malgré ses 350 000 exemplaires, elle reste compliquée à trouver. Mais une fois restaurée avec des petites jantes Cromodora, un intérieur perso et une peinture qui claquemouille comme cette rouge et noire, vous pourrez dire que vous roulez en De Tomaso !

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